‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 2)Chapitre 397 sur 439 · TINI · texte numérisé non relu

TINI

t. Ier, etc. ; — Chaignet, Pylhagore et te pythagorisme, t. Irr, in-8, Paris, 1874. Il a existé un autre Timée surnommé le Sophiste, et auteur d'un dictionnaire de locutions platoniques (èx twv toO ID.dcTovc: )i?ctov) ; mais on ne sait pas à quel temps il appartient. Son recueil a été publié par Ruhnken, in-8, Leyde, 1*54 et 1789, par Fischer, in-8, Leipzig, 1756, et par Koch, iu-8, Londres. 1828.

TIMON, le disciple et l'ami de Pyrrhon, non moins célèbre comme poëte que comme philosopbe, naquit à Phlionte, dans le Péloponèse, vers le milieu du mc siècle avant l'ère chrétienne. Il exerça d'abord la profession de danseur de théâtre, puis, se sentant entraîné par un goût irrésistible vers la philosophie, il fréquenta à Mégare l'école de Stilpon, et se rendit ensuite à Elis, près de Pyrrhon, dont le caractère autant que la doctrine avait excité son admiration. Ainsi qu'un grand nombre de sceptiques, il joignit à l'étude de la philosophie celle de la médecine; mais n'y trouvant pas une ressource suffisante, il alla enseigner la philosophie et l'art oratoire à Chalcédoine, dans l'Asie Mineure. Après y avoir fait fortune, il visita l'Egypte, où régnait Ptolémée Philadelphe, s'arrêta quelque temps en Macédoine, à la cour d'Antigone Gonatas, et finit par se fixer à Athènes, où il mourut dans un âge très-avancé. On lui attribuait jusqu'à trente comédies et soixante tragédies, des drames satiriques, un poëme en vers élégiaques, intitulé les Images ("Iv5»/aoi); un traité en prose sur les sens (Uspi oû-jOriastov); un autre contre les physiciens, c'està-dire les philosophes spéculatifs (llpo; toù; piiaixo-Jç); un autre adressé à Python, et portant ce nom, où il racontait ses entretiens avec Pyrrhon, qu'il avait rencontré sur la route de Delphes; une composition ayant pour titre le Repas funèbre d'A-Vcésilas, ou simplement le Repas (Flapi Zti- 7tvov), où il paraissait revenir, sans doute en faveur de son scepticisme, sur les railleries dont il avait poursuivi pendant sa vie le fondateur de la nouvelle Académie. Mais, de tous les ouvrages de Timon, il n'y en a pas qui ait acquis autant de célébrité et qui nous ait laissé autant de traces que les Sillcs (I£/.),oi); d'où il a reçu le surnom de Sillographc. C'était une satire en vers hexamètres dirigée contre tous les philosophes, excepté Pyrrhon et Xénophane. Les plus mal traités étaient Socrale, Platon et Épicure. L'ouvrage commençait par ces mots : « Venez ici, venez, imposteurs raisonneurs, » et se divisait en trois livres. Dans le premier, Xénophane paraît avoir eu seul la parole ; dans le second et le troisième, l'auteur supposait un dialogue entre Xénophane et lui.

La doctrine de Timon ne diffère pas de celle de Pyrrhon. dont il n'était, selon Sextus Empiricus, que le simple interprète (o ïtpoç^tï];). Voici cependant ce que les écrivains de l'antiquité lui attribuent personnellement. Le seul but de la philosophie est de nous conduire au bonheur, de nous rendre heureux autant que notre nature le permet. Quiconque veut vivre heureux, doit se proposer ces trois questions : 1° Quelle est la nature des chose»? 2 Comment devons-nous nous comporter à leur égard? Z° Quelle sera la conséquence qui résultera pour nous de cette manière d'être? Là première de ces questions est insoluble; car nous ne pouvons pas savoir ce que les choses sont en elles-mêmes. La science suppose La démonstration, et toute démonstration part d'une hypome qu'on ne démontre p is. Les sont pour nous que ce qu'elles nous para: i donc uniquement sur les

apparences qu'il faut prononcer, et non sur/la natui .. Ainsi, dis ul Timon,

j'.iccordeiai bien que telle chose me parait d

mais je ne dirai pas qu'elle l'est en effet. » Il attaque pnticulièrcment, avec les arguments de l'école de Mégare et des philosophes d'Élée, la certitude que nous croyons avoir de l'existence du mouvement. La solution de cette première question renferme celle de la seconde ; car si nous sommes condamnés à une ignorance irrémédiable quant à la nature des choses, il faut nous imposer la règle de ne rien affirmer et de ne rien nier d'une manière absolue; il faut nous abstenir de toute assertion (àçoeria, éno/r,) et n'exprimer autre chose que l'état de notreâme. c'est-à-dire ce qui nous parait être. Enfin de la solution de la seconde question découle celle de la troisième. En nous abstenant de prendre parti pour ou contre les différentes opinions qui agitent les hommes, en regardant comme de vaines apparences tout ce qui frappe nos sens et notre esprit, nous arrivons à regarder avec une profonde indifférence les biens comme les maux de cette vie, à ne pas nous enivrer des uns ni nous affliger des autres, et à conserver toujours cettesérénité d'âme (àTapafca), qui est le vrai honheur Sans être infidèle à ses propres principes, Timon pouvait admettre, selon le témoignage de Sextus (Adv. Malhem., îib. XI, c. xx], qu'il y a quelque chose de divin et de bon qui existe éternellement et qui donne à notre vie sa régularité; car, pour lui, ce n'était qu'une opinion fondée, comme toutes les autres, sur l'apparence. Quint à la part qui revient à Timon dans l'invention des tropes ou des dix arguments sur lesquels se fondait le scepticisme ancien, il serait difficile de la déterminer en l'absence de tout document positif.

On peut consulter sur Timon : Diogène Laërce, liv. IX, ad fin; — Sextus Empiricus, Adversus Malhcrnalicos. Iib. XI, c. xx); — Eusèbe, Prœparut. ccangel., Iib. XIV, c. xvm; — Henri Estiennc, Poesis philosophica, in-8, Paris, 1573; — ,J--F Langheinrich, Disserlationes de Timonis vita, doctrina, scriplis. in-4, Leipzig, 1720-21; — Brunk; de Timone Sillographo, t. XI, p. 67 de ses Analecla; — F. Paul, de Sillis Grœcorum, in-8, Berlin, 1821.

TINDAL (Matthieu), si célèbre par les citations de Voltaire et les récriminations qu'elles ont provoquées, était le fils d'un ministre anglican et naquit en 1656 à Beensferry (Devonshirc). Sa jeunesse ne fut pas sans orages, et après avoir pris à l'université d'Oxford ses degrés en droit, il en vint à préférer pour quelque temps la carrière militaire. Un moment aussi on le trouve professant le catholicisme; mais bientôt sa foi nouvelle faiblit devant des objections qu'il regarde comme insolubles. Cependant il ne se montra pas immédiatement incrédule ; il passa par degrés de l'hostilité contre la puissance ecclésiastique à l'hostilité contre la révélation. Son Essai sur l'obéissance aux pouvoirs suprêmes et sur le devoir des sujets dans toutes les révolutions (essai qui date de 1694), et diverses autres publications sur les événements du jour, décèlent surtout le publiciste, et sa théorie ne s'y glisse que par occasion. Une pension de 200 liv. si fut la récompense de ses premiers travaux, et il en jouit jusqu'à sa mort, en 1733. Tindal, dans tous ces débats, s'était prononcé comme défenseur de la toute-puissance de l'Etat, en même temps que comme orangiste. Anime par les objections, non-seulement il agrandit sa thèse, mais il l'établit sur un autre terrain, lorsqu'on 1706 il donna les Droits de l'h'glisr. chrétienne défendus contre les prêtres romains et contre tous les autres qui prétendent '< i"i pouvoir indépendant. C'était au temps de la renie Anne. L'ouvrage lit un bruit immense. L'Église anglicane, la haute Eglise surtout, s'émut

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