TSCH
duction allemande, par J.-G. Pritius, sous le titre de : Dcr von sick selbst gelehrle \\'ellv:cisc. a paru à Francfort en 1726, in-8. J.-G. Eichhorn en a publié une nouvelle sous le titre de : Dcr Nalurmcnsch odcr GcschidUe des liai Ebn Yakdhdn, in-8, Berlin, 1782. S. M.
TOLAND, voyez le çIppIement.
TOUSSAINT (François-Vincent), connu surtout par son livre des Mœurs, qui fut condamné, par arrêt du parlement de Paris, à être lacéré et brûlé, avait été d'abord avocat, puis, s'étant fait littérateur, rédigeait pour Y Encyclopédie les articles de jurisprudence. Le livre des Mœurs ne fut pas plutôt sorti de la presse, qu'il souleva contre lui la magistrature parisienne. Quoique le volume fût anonyme (ou pseudonyme, car l'épître dédicatoire est signée Panage, traduction grecque de son nom), il crut prudent de se retirer à Bruxelles, où quelque temps il rédigea, sous l'influence autrichienne, la Gazette française, et d'où Frédéric II l'appela, en 1764, à Berlin, pour lui confier, dans l'université de cette ville, la chaire de logique et de rhétorique. Toussaint n'y brilla guère, et ses indiscrétions l'empêchèrent de monterdans lafaveurdu prince, qui d'abord était prévenu fort avantageusement en sa faveur. Il mourut en 1772, à l'âge de cinquante-sept ans. — Des compilations et des traductions qui sortirent de la plume de Toussaint, nulle n'intéresse le philosophe. Seuls, le livre des Mœurs (in-12, Paris. 1748) , et les Éclaircissements sur le livre des Mœurs (in-8, 1762), peuvent arrêter un instant l'attention, non à cause de leur propre valeur, mais parce que la persécution donne toujours quelque attrait aux médiocrités prohibées. Grimm n"a pas eu tort de dire [Corrcsp., 1753) : « L'ouvrage des Mœurs semble devoir sa grande célébrité au bonheur d'avoir été lacéré et brûlé. C'est un recueil de lieux communs qu'on trouve partout. » Il faut ajouter pourtant que le style en est trèsfacile et parfois piquant. Il se compose d'une série de portraits qui portent, comme ceux de La Bruyère, des noms de fantaisie ; mais à ces peintures se mêle tout un traité de morale. Après avoir défini la vertu « la fidélité constante à remplir les obligations que la raison nous, dicte » ; et la raison, « une portion de la sagesse divine dont le Créateur a orné nos âmes », l'auteur, se contredisant lui-même, vrétend que toutes nos obligations sont des formes de l'a mour. Il compte trois espèces d'amour : celui de Dieu, celui de nous-mêmes, celui de nos semblables. Le premier engendre la piété, l'autre lp sagesse, le troisième les vertus sociales. La jus ticej pour lui. est au nombre des devoirs que nous avons à remplir envers nous-mêmes. Ce livre n'est pas digne des honneurs de la critique, et ce qui l'a fait condamner, ce n'est pas là morale qu'il cont ont, unis les outrages qu'il prodigue à la religion. Peut-être aussi le Parlement n'a-t-il pas été insensible à la manière dont Toussaint peint les gens de justice. Val. P.