‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 2)Chapitre 85 sur 439 · GRIT · texte numérisé non relu

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raison ; il lonibc, en quelque sorte, sous l'œil de la conscience et maintient, sans les sacrifier l'un à l'autre et sans les séparer par la barrière incompréhensible du néant, la distinction du fini et de l'infini, de Dieu et de l'univers.

La question de la création est nécessairement traitée dans tous les ouvrages de métaphysique et de philosophie générale; cependant il existe sur ce sujet deux traités spéciaux : l'un de Mosheim, Dissertatio de creatione ex nihilo, dans le tome II, p. 287 de sa traduction latine du Système intellectuel de Cudworth (in-4, Leyde, 1773); l'autre de Heydenreich : Num ratio humana sua vi et sponle contingere possit notio- ?icm creationis ex nihilo, in-4, Leipzig, 1790. Le premier est purement historique, le second est à la fois théologique et philosophique.

CRÉMONINI (César) naquit en 1550, à Centô, dans le duché de Modène, et enseigna la philosophie pendant cinquante-sept ans, d'abord à Ferrare, puis à Padoue. Il mourut dans cette dernière ville en 1631. Plein de dédain pour la scolastique, non moins sévère pour les opinions contemporaines, il s'attacha exclusivement à comprendre les grandes doctrines de l'antiquité, particulièrement celle d'Aristote, pour lequel il se contentait ou de ses propres interprétations ou des commentaires d'Alexandre d'Aphrodise. Ses leçons avaient une gravité et un charme qui faisaient l'admiration de tous ceux qui les entendaient. Mais, une fois sorti de sa chaire, son esprit ni sa conversation n'offraient plus rien de sérieux. Il obtint par son enseignement infiniment^ plus de succès que par ses ouvrages imprimés. Sa réputation de professeur était si grande, que la plupart des rois et des princes du temps voulurent avoir son portrait. Sa croyance à l'immortalité de l'âme, à la Providence, et à quelques points de la doctrine chrétienne, a été mise en doute; on le trouvait du moins trop zélé défenseur des idées d'Aristote. Il enseignait que le premier moteur concentre en lui-même toute sa pensée et ne connaît que lui seul; que la Providence ne s'étend pas au delà des choses du ciel, et qu'elle ne s'occupe point de notre monde terrestre ; que chaque étoile se meut sous l'action d'une intelligence qui préside à ses destinées, et que toutes les intelligences de cette espèce sont des esprits immortels. On lui fait enseigner aussi que le ciel est l'agent universel, et que l'âme n'est qu'une certaine chaleur. Leibniz Je met au rang des averrhoïstes. Brucker discute fort longuement la vérité ou la fausseté de l'accusation d'impiété qui pèse encore sur la mémoire de Crémonini. Il finit par conclure, malgré les dehors chrétiens qu'affectait ce philosophe, malgré sa soumission verbale à l'autorité religieuse, qu'il n'en était vraisemblablement pas moins attaché du fond de l'âme aux doctrines philosophiques d'Aristote, telles qu'il les entendait avec beaucoup d'autres philosophes de cette époque. On lui attribue d'avoir pris pour devise ces paroles : Intus ut libet? foris ut moris est. Les ouvrages de Crémonini sont très-rares ; il a laissé : de Pœdia Aristolclis; — Diaty/iosis universœ naluralis aristotclicœ philosophiez ; — Illustres conlemjdaliones de anima : — Tractalus 1res de sensibus extemis, de mtemitt. et de facultate appetitiva; — de Calido innalo et de Semine; — de Ccelo; — Dial opus

postkumum; — de Formai quatuor iimplicium}

liemenla vocantur ; — deEffieaota in a m sublunarem; — Diciorum Aristolclis de ■<< igine et principalu membrorum. On lui attribue, encore des Fables /><istoralcs. J. T.

crescens né à Mégalopolis, en Arcadie, dans le n° siècle de l'ère chrétienne, appartenait

à l'école cynique; mais, si on en croil le l je des écrivains ecclésiastiques, les désoi

lamentaient l'austérité de ses maximes.

11 se montra un des adversaires les plus acharnés du christianisme, et ce fut sur ation

que saint Justin et quelques autres subirent le martyre. On ne connaît rien d'ailleurs de ses doctrines. Voy. saint Justin, Apol. i. — Tatius, Orat. adv. Grœc. — Saint Jérôme, Calai, script. eccles. X.

CRITERIUM (du grec xpfvw, je juge). Cette expression désigne, en général, tout moyen propre à juger. On la trouve employée chez la plupart des philosophes de l'antiquité, entre autres chez Aristote, Ëpicure et les stoïciens ; mais elle était principalement usitée dans l'école pyrrhonienne, comme le font voir les ouvrages de Sextus Empiricus.

On peut distinguer dans un jugement l'être qui le prononce, la faculté qui sert à le prononcer, la perception qui en fournit la matière. Les anciens, d'après cela, donnaient au mot de critérium trois sens différents; ils désignaient : 1° le sujet, arbitre de la vérité; 2° l'intelligence, qui en est l'organe; 3° l'idée qui la réprésenté (Sextus Emp., Hypot. Pyrrh., lib. II). Aujourd'hui sa signification ordinaire est moins étendue ; il exprime seulement le caractère qui distingue le vrai du faux.

L'observation découvre avec certitude l'existence d'un pareil caractère, dont la notion, plus ou moins nette, dirige l'homme dans tous ses jugements. Il nous arrive, en effet, chaque jour, de dire : ceci est vrai, cela est faux, et, quand nous nous sommes trompés, de nous apercevoir de notre méprise. Or, pour cela, il faut de toute nécessité que la vérité porte un signe qui permette de la reconnaître et de la distinguer de l'erreur, sans quoi elle cesserait d'exister pour la raison, qui, toujours exposée à la confondre avec le faux, ne pourrait jamais y croire et l'affirmer comme elle le fait.

Le critérium de la vérité existe donc; mais quel est-il ?

Poser une semblable question, c'est demander pourquoi certaines choses obtiennent de nous un assentiment que nous refusons à d'autres ; par exemple, pourquoi tout homme juge qu'il existe et ne juge pas qu'il se soit donné l'être.

Or, Deseartes l'a depuis longtemps observé, quand nous nous disons intérieurement à nousmêmes, avec la plus profonde assurance : Je suis, ce qui nous convainc et nous détermine, c'est la perception claire et distincte du fait que nous affirmons. Nous voyons clairement que nous sommes, et voilà pourquoi nous n'en doutons pas ni ne pouvons en douter. Si notre existence ne nous paraissait pas évidente, peut-être hésiterions-nous à y croire ; mais elle brille aux yeux de l'esprit d'une entière clarté, et cela suffit pour qu'il l'admette.

Il en est de même de l'existence du monde extérieur, reconnue par tout le genre humain en dépit des objections du scepticisme ; qu'on scrute aussi attentivement qu'on voudra les motifs de cette croyance, on n'en trouvera pas d'autre que l'idée claire qu'ont tous les hommes de la réalité des corps.

C'est encore le même motif qui nous détermine lits sur le témoignage d'autrui ; nous ne jugerions jamais que ces événements ont eu lieu, si nous n'jperceviuns clairement que nos semblables n'ont pu nous tromper ni se trompi en nous les attestant.

; me le i riterium de la vérité, uneperception claire et distincte, en un mot, l'évidence. Toutes les choses qui sont évid< ...

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