‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 3)Chapitre 10 sur 101 · SIMPLICIUS · texte numérisé non relu

SIMPLICIUS

Morale à Nicomaque. Platon, au contraire, est allégué à chaque page, ainsi que Parménide et les pythagoriciens. Ici, comme ailleurs, Simplicius développe la pensée de Plotin et de Proclus. Seulement , ce n'est plus Aristote qu'il s'agit , en quelque sorte , de conquérir au néoplatonisme ; c'est Epictète , dont la doctrine forte , mais étroite , va servir d'introduction à un système plus large et plus élevé , où la liberté nous est présentée comme Tessence même de l'àme , suivant l'esprit du stoïcisme ^ mais où Tamour pur de Tidéal et la contempla* tion du premier principe , « qui n'a point de nom , » sont mis fort audessus des vertus élémentaires dans lesquelles se renfermait Ëpictète ( Voyez la préface de Simplicius sur le Manuel). L'Ame ainsi purifiée est appelée à une vie meilleure, et elle a pour garant de son immor-* talité la Providence divine , que Simplicius invoque en termes touchants à la fin de ce traité : « Voilà , dit-il , tous les éclaircissements qu'il m'a été possible de fournir à ceux qui lisent Ëpictète. Je me réjouis de ce que ces temps de tyrannie m'ont donné l'occasion d'entreprendre un tel travail. Il ne me reste qu'à finir ce traité par une prière qui en rappelle Tobjet : <« Seigneur, père et guide de la raison « qui est en nous, fais, je t'en supplie, que nous gardions le souve- « nir.de la noblesse naturelle que noua te devons ; et, puisque nous «^ avons en nous-mêmes le principe de nos mouvements , aide-nous à « nous purifier, à nous rendre maîtres du corps et des passions, et à « nous en servir comme d'instruments, suivant notre devoir. Aide- «t nous aussi à redresser notre raison ,. en sorte qu'elle soit unie aux « êtres réels par la lumière de la vérité. Enfin , le dernier vœu que je a t'adresse pour notre salut (otâTiiptov), c'est que tu daignes dissiper « entièrement les ténèbres qui couvrent les yeux de notre âme , afin a que, suivant l'expression d'Homère, nous puissions connaître et « l'homme et Dieu. » Le caractère religieux de ee passage a été fort remarqué par plusieurs critiques modernes , qui ont prétendu y trouver des traces de christianisme; mais plusieurs fois , dans ce traité , Fauteur raille « ces nouveaux sages qui font sortir le monde du néant , » et dans cette fin même que l'on vient de lire , on a pu voir Qu'il maudissait la tyrannie des chrétiens. An reste, il n'est pas étonnant que Simplicius , écrivant au n* siècle , ait employé quelquefois des formes de langage qui étaient devenues populaires. On a insisté plus judicieusement, à notre gré, sur la valeur morale de ce commentaire tout rempli d'excellents préceptes. Quant à sa portée philosophique , elle est assez évidente par le seul contenu du livre. Simplicius y traite eœ professo les questions suivantes dans cinq dis* sertations assez étendues : 1*" du libre arbitre ; 2*" de l'utilité des épreuves ; 3*" de la nature et de l'origine du mal ; i** des obligations spéciales qui dérivent de nos diverses relations ; &** de l'existence et des caractères de la Providence divine. Ces dissertations contiennent, avec des erreurs fâcheuses , un grand nombre de vérités exprimée» en un langage ferme et précis. En voici deux ou trois exemples relatifs à la volonté humaine : « La liberté est l'essence propre de l'homme ; — Ce qui est libre est, par sa nature, touj urs maître de soi-même ; — L'âme ne saurait être forcée : l'objet à.) notre choix peut être hors de nous, mais le choix par lequel nous ^)0s y portons

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