‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 3)Chapitre 12 sur 101 · SNELL · texte numérisé non relu

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nos besoins y ni même dans nos besoins indépendamment de la faculté de les satisfaire ; mais elle réside dans cette faculté , ou puissance productive de la force qui nous constitue , c'est-à-dire Pesprit ou Tàme. Et c'est pour cela que le travail n'est pas seulement l'instrument et la source du bien-être matériel de Thomme, mais aussi le plus sûr garant de son amélioration morale au sein de la société dont il fait partie. Voilà le principe que Smith a eu le mérite de mettre en lumière , et dont il a poursuivi les applications avec une rare sagacité dans les diverses branches de l'activité humaine, agriculture, industrie, commerce. Il ne les sépare pas, conformément aux préjugés reçus, pour sacrifier ou pour exalter l'une aux dépens dé l'autre } il les proclame également nécessaires, également légitimes, comme concourant à la formation de la richesse publique. Acquisition des matières premières , fabrication, échange, produits en nature , produits manufacturés, produits réalisés et accumulés sous forme de capital , Smith fait la part de chacun de ces éléments, et les montre se développant et se perfectionnant chaque jour sous une double loi, celle de la division et de la liberté du travail. Il n'est pas besoin de dire quelle est l'importance de ces différents points de vue. Cependant Smith est peut-être allé trop loin dans sa, Théorie du self-govemment, si conforme d'ailleurs au caractère et aux traditions de la race anglo-saxonne. Il amoindrit outre mesure le rôle et Tinfluence de l'Etat : en paraissant l'exonérer d'une charge, il le prive en réalité d'un droit , et du plus sacré de tous , le drpit de surveillance, de protection, de direction des intérêts intellectuels, moraux et religieux. Il se préocctipe exclusivement de l'utile, et des seuls devoirs de stricte justice, oubliant qu'il en est d'autres d'un ordre supérieur, et qu'aucune société ne saurait déserter impunément sans abdiquer ce qu'il y a de meilleur dans notre nature , la vertu de l'abnégation, du sacrifice , la toute-puissance de l'amour et de la charité. Mais, si Smith a poussé à l'extrême, comme nous le croyons, certaines conséquences de son principe , le principe en lui-même n'en demeure pas moins profondément vrai. Il appartenait à un philosophe de le dégager des faits complexes sous lesquels il se dérobe à l'attention de l'observateur; il appartient toujours à la philosophie d'en compléter ou d'en rectifier les applications par une étude plus approfondie de la nature humaine, de ses facultés et de ses lois.

Les Œuvres complètes de Smith, précédées de sa biographie, ont été publiées , par Dugald Stevsrart, en 5 vol. in-8°, Edimbourg, 1812. Cette biographie a été traduite en français par Prévost de Genève, et placée par lui à la tête de sa traduction des Essais philosophiques de Smith, 2 vol. in-8°, Paris, 1797. — La Théorie des sentiments moraux a été plusieurs fois traduite en français : une première fois, en 176<i>, sous le titre de Métaphysique de Vâme, 2 vol. in-12, Paris : une seconde fois par Blavet, et une troisième fois par madame Grouchy, \euve de Condorcet, 2 vol. in-8°, Paris , 1798. — Les Recherches sur la nature et les causes de la richesse ont été aussi plusieurs fois traduites en français : la première fois par l'abbé Blavet, 3 vol. in-12, Paris, 1781. A. B.

$N£LL (Christian-Guillaume), né en 17$5 à Dachsenhausen, dans

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