‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 3)Chapitre 14 sur 101 · SOPHISTES · texte numérisé non relu

SOPHISTES

§ IV. — Cabanis I Rapports du physique et du moral, 10<» mémoire , Du sommeil en particulier. — Moreau (de la Sarlhe) , article Rêve du Dictionnaire des sciences médicales, t. xlyiii. — Maine de Biran , Nouvelles considérations sur le sommeil, les songes et le somnambulisme, t. II des OEuvres philosophiques, Paris, IS&'l. — Jouffroy, Du sommeil, dans les Mélanges philosophiques, in-8'*, Paris, 1833. — P. Prévost, Bibliothèque universelle de Genève , 1834, 1. 1*'. — Burdach , Traité de physiologie , traduction de Jourdan, 1839, t. v* — Lélut, l'Amulette de Pascal, pour servir à l'histoire des hallucinations, in-8% Paris, 18M. — Saissy, Recherches expérimentales sur la physique des animauœ hibernants, in-8®, ib. , 1808* — Dictionnaire universel d'histoire naturelle, t. XI, 18&8, arlicle Sommeil. — Bertrand^ Traité du somnambulisme, iu-8% Paris , 1823. — Burdin et Dubois (d'Amiens), Histoire académique du magnétisme animal, in-8*', 18&'l. — ]^. Macnish, The Philosophy ofsleep, Glascow, i8k&. — Charma, du Sommeil, in-8°, Paris, 1851. F. L.

SOPHISTES, SOPHISTIQUE. Le nom de sophiste n'eut pas primitivement le sens défavorable qu'on a pris Fbabilude d'y attacher. Il voulait dire maître de sagesse ou d'éloquence. Mais quand on vit se répandre en Grèce me race d'hommes déliés, se piquant de tout savoir et offrant de tout enseigner; rhéteurs habiles, mais qui mettaient leur éloquence au service de toutes les causes; dialecticiens brillants et subtils, mais qui soutenaient le pour et le contre avec la même intrépidité; capables de tout nier, même l'évidence, et de tout affirmer, même l'absurde; hommes avides d'ailleurs, affamés de richesses, de pouvoir et de renommée, et faisant servir indifféremment le vrai et le faux, le juste et l'injuste, aux intérêts de leur fortune; en présence d'un tel abus de l'esprit et de la parole , la conscience publique s'alarma, le nom de sophiste commença d'être suspect, et finit par devenir injurieux. Nous n'avons point ici à considérer la sophistique sous tous les aspects intéressants qu'elle peut présenter. Elle a sa place dans l'histoire des cités de la Grèce , dans celle de Téloquence et des mœurs. Pour nous, attachés au seul point de vue scientifique, nous nous demanderons surtout si la sophistique est ou non un fait considérable dans le développement de la philosophie grecque ; nous en chercherons ensuite la juste portée et le sens précis.

Et d'abord, il nous semble impossible de contester Tinfluence qu'ont exercée les sophistes sur les esprits de leur temps. INous n'en voulons d'autres preuves que la guerre opiniâtre que leur déclara Socrate et la grande place qu'ils occupent dans les dialogues de Platon. Pour Socrate et pour son grand disciple, les sophistes représentaient, sinon le scepticisme proprement dit , du moins cet esprit de négation qui mène au doute par une pente inévitable. Et c'est bien là , en effet, le vrai sens de la sophistique. Elle signale ou elle consomme la dissolution de toutes les grandes écoles de philosophie nées du premier essor de la spéculation naissante ; elle pousse à l'extrême cette opposition des sens et de la raison, de l'empirisme ionien et de l'idéalisme italique, d'où un scepticisme mortel serait infailliblement sorti, si Socrate n'avait pas ranimé la sève du dogmatisme, donné à la philoso-

Page 1