SPIRITUALISME. T6Ï
comme un flot rapidie sur le mobile océan de la vie universelle; cq dernière analyse , que Dieu seul est éternel et toujours vivant^ tandis c[uq toute existence individuelle, Pâme humaine comme le plus vU on le plus chétif des animaux , est irrévocablement condamnée , après avoir '^ surnagé quelques instants fugitifs au-dessus de Tablme , à y être engloutie pour jamais.
Cette conséquence est tellement inhérente à Tidée mère du panthéisme , qu^elle en est sortie naturellement à toutes les époques de la pensée humaine. Heraclite , Zenon, Chrysippe^Plotin, Gîordano Bruno , tous ces nobles génies ont fait , comme Spinoza , d'héroïques efforts pour concilier le dogme de Timmortalilé de Tâme avec le* principe fondamental du panthéisme ; mais^ en dépit de leurs aspiration^ généreuses , de leurs loyales intentions et de quelques inconséquence3 arrachées un instant à leur esprit par leur conscience et leur bon senSf ils ont tous tristement subi le joug impérieux de la logique et contredit I par leur dernier mot sur la vie fiiture , la foi et les saintes espérances du genre humain.
Concluons contre Spinoza , comme aussi contre ses récents imitateurs , que le panthéisme , partant d'un principe abstrait , stérile et arbitraire , savoir, la substance ou Tabsolu , et développant ce principe à Taide d'une méthode également arbitraire , également abstrute, également stérile , savoir, la déduction purement rationnelle , aboutit sciemment ou à son insu à altérer essentiellement la nature de Dieu et à dégrader celle de Tâme, c'est-à-dire au renversement de toute religion et de toute moralité. Principes arbitraires, conséquences impies, voilà tout le système de Spinoza ; par la faiblesse des principes, il succombe sous la dialectique des philosophes ^ par l'impiété de3 jconséquences, il soulève à juste titre contre lui 1q réprobation du sens commun. Ev. ?•
SPIRITUALISME (de spiritus^ esprit). C'est la croyance qu'il existe des substances , des êtres spirituels, c'est-à-dire qui ne tombent en aucune façon sous nos sens, qui ne se révèlent à nous par aucune des qualités de la matière, et qui , pour cette raison , sont aussi appelés des substances , des êtres immatériels. Nous avons expliqué ailleurs {Voyez le mot Esprit) ce qu'il faut entendre par un esprit, par un être spirituel , et coiAment cette idée , ainsi que le mot qui l'exprime , sont entrés peu à peu dans les habitudes de la philosophie. Nous avons complété cette définition dans les articles que pous avons consacrés à rame et à Dieu. Nous avons démontré au mot Mat|;rulismb l'impossibilité de rendre compte de tout ce qui existe , et particulièrement des phénomènes de la conscience , par les seuls attributs de la matière. Que nous reste-t-il dope à faire ici ? à déterminer exactement le sens du mot spiritualisme, sans traiter la cjuestion piême de l'existence ou de la non-existence des choses spirituelles. Or> par spiritualisme on entend , non un système particulier de philosophie , mais une croyance générale, ^ui peut s'appuyer également sur laraison^ sur le sentiment ou sur la foi, à l'existence de certams êtres;, de certaines forces , d'un certain monde entièrement disUnct du monde matériel, du monde sensible. Cette croyance, soit qu'elle émane de la