SPONTANEITE
religion 9 de la philosophie ou do sens commun , n'exclut en aucune façon celle qui admet la matière ; elle n'est donc point la contre-partie du matérialisme , qui nie Tesprit^ elle se place au-dessus du matérialisme en admettant à la fois la matière et l'esprit. Par là y le spiritualisme se sépare aussi de V%d4al%ime. En effet, Fidéalisme, tel que le comprennent par exemple Berkeley et Malebranche, nie la matière , comme le matérialisme nie l'esprit , en réduisant les corps à n'être que de simples phénomènes de l'intelligence. Quelquefois l'idéalisme va plus loin encore , comme chez Kant ^ qui regarde toutes les substances, tant les matérielles que les spirituelles, comme de simples concepts de notre entendement. Le spiritualisme n'est pas moins distinct du mystieisme; car les mystiques, sous quelque forme qu'ils produisent leurs opinions, sous la forme religieuse ou la forme philosophique, ne se contentent pas, comme les idéalistes, de supprimer la matière, pour ne laisser subsister que l'esprit ou au moins la pensée; mais l'esprit même et presque la pensée de l'homme, ils cherchent, sans les nier en principe , à les effacer en Dieu. Le mysticisme et l'idéalisme conduisent au panthéisme; le matérialisme, à l'athéisme; le spiritualisme seul, fondé sur la conscience, conserve également Dieu , la personne humaine et la nature extérieure, sans les confondre et sans les isoler l'un de l'autre.
SPONTANÉITÉ. Voyez Réflexion.
STAËL (Germaine Mecker db), née à Paris en 1766, morte à Parisien juillet 1817.
Madame de Staël a commencé par l'inspiration, en philosophie, une révolution qui devait se poursuivre et s'achever par les procédés de la réflexion et de la science. Mais l'inspiration , chez elle , ne se sépare pas de la raison ; elle part de la liberté de penser, et elle y fait constamment appel : c'est ce qui distingue son apostolat de la réaction spiritualiste opérée , également an commencement de ce siècle , sous les auspices du principe d'autorité et en haine de toute philosophie. Il n'est pas un seul de ses livres dans lequel cette femme illustre ne prenne en main d'une façon toute directe la cause de la philosophie, en la distinguant des excès avec lesquels la réaction religieuse et politique prétendait l'identifier. Elle allie au spiritualisme le plus pur, au sentiment religieux le plus profond et le plus tendre, l'amour de la raison et delà liberté, inséparables pour elle des idées de devoir et de dignité humaine, source à laquelle elle ramène tout, l'art, la religion, la philosophie, la société.
Madame de Staël respira, en quelque sorte, dès sa première jeunesse, l'atmosphère de la philosophie régnante, dont quelques-uns des principaux représentants se donnaient rendez-vous dans le salon de son père. Pourtant, les influences qui devaient la combattre ne lui manquèrent pas : celle de son père d'abord, M. Necker {Voyez ce nom), celle de sa mère , et enfin la lecture assidue et exaltée de J.-J. Rousseau , qui fut c«mme son premier maître de philosophie. Mais si madame de Staël échappe par le sentiment à la métaphysique de la sensation transformée , elle y parait encore engagée par les préjugés de
son éducation intellectuelle; elle ne semble pasiméme saisir bien clairement le caractère spiritualiste de la Profession de foi dû vicaire savoyard. Cet affranchissement de la philosophie dominante est chez elle graduel , et chacun de ses ouvrages témoigne d'un pas nouveau fait dans cette carrière ^ jusqu'à l'émancipation complète et à l'opposition décidée.
Le livre de Y Influence des passions sur le bonheur des individus et des nations , livre touchant et élevé , fort remarquable dans la partie politique y si on le juge au point de vue sévère de la philosophie /offre un mélange un peu inconsistant de vérités morales et d'idées douteuses. La morale du plaisir y est vigoureusement combattue. L'auteur signale avec force les conséquences désastreuses des passions pour l'âme ^ pour la vie des individus et des sociétés ; mais on sent dans ces pages écrites au lendemain de la Terreur, quelque chose de découragé , une sorte d'effort vers le stoïcisme , qui aboutit à considérer le suicide , dans certains cas, comme une sublime ressource. L'auteur s'y montre moraliste supérieur plutôt dans les détails y dans une foule de remarques pleines de finesse sur les passions individuelles et sur les passions politiques, que par la conception d'un système. Par là, le livre des Passions indique la transition d'une doctrine à une autre sans présenter luimême une doctrine bien appréciable.
Malgré le titre et le sujets la philosophie peut revendiquer la meilleure part de la Littérature considérée dans ms rapports avec les insii-' tutions sociales. L'idée philosophique de la perfectibilité en fait le fond. <c En étudiant l'histoire ^ dit Fauteur^ il nie semble qu'on acquiert la conviction que tous les événements principaux tendent au même but : la civilisation universelle^. » Cette idée, quand on l'applique aux beauxarts^ soulève plus d'une objection; mais c'est plutôt à l'inspiration des grands ouvrages qu'à leur forme que madame de Staël en fait l'application. L'analyse des passions lui parait surtout en progrès. Au centre de cette élude se trouve toujours l'âme. C'est l'homme considéré dans sa nature durable et modifiée par les religions , les mœurs , les lois, les théories philosophiques, qui explique à l'auteur la valeur, les différences et l'enchaînement des chefs-d'œuvre de la littérature ancienne et moderne. L'influence du christianisme sur le monde et sur le cœur humain est reconnue et exaltée comme dans le livre célèbre de M. de Chateaubriand, mais en dehors de tout surnaturalisme. Enfin, les doctrines morales y sont déjà pures de tout alliage : « La morale doit être placée au-dessus du calcul, écrit madame de Staël;... établissons-la comme point fixe. La morale doit diriger nos calculs , et nos calculs doivent diriger la politique. » Elle proteste à la fois contre la doctrine de l'intérêt bien entendu , prise pour règle unique de la conduite individuelle, et contre celle du salut public , c'est-à-dire de la fin justifiant les moyens, appliquée au gouvernement. La pensée métaphysique est loin d'offrir la même netteté et d'être aussi satisfaisante. Il y est dit, par exemple, que « Locke et Condillac sont entrés dans la route de la démonstration géométrique; méthode qui présente seule des progrès réguliers et sans bornes ; » et encore : « Depuis Locke on ne parle plus des idées innées , Ton est convenu que toutes les idées nous viennent des sens. » Cette solution est donnée par l'autçur comme
émdenie, et comme une de celles « qui n'offrent pins à Tesprit de parti l'espérance d'aucun débat. »
C'est seulement dans le beau livre de V Allemagne que la dootrltte morale de madame de Staël s'allie avec une métaphysique plus profonde. Nous la suivrons seulement dans la troiâiëme partie , intitulée Ui Philosophie et la Morale. L'auteur de V Allemagne distingue trois parties essentielles dans cette étude : la métaphysique proprement dite^ qui a en vue l'infini ; la question de la formation des idées, eteûfib celle de nos facultés sans remonter à leur source. Madame de Staël ^ sans croire que la haute métaphysique doive être interdite à l'esprit humain , pense qu'elle est d'un tres-^difGcile accès , et plus propre encore à montrer l'impuissance de la pensée que sa force : Pinfini lui parait être plutôt un onjet de foi que de connaissance méthodique et d'étude approfondie. La dernière question lui offre peu d'intérêt et surtout peu de certitude sans la seconde, à laquelle elle accorde la
f^référence. La philosophie française, en s^attachant au problème de 'origine de nos idées, lui parait donc étre'dans une voie plus sûre et meilleure que la philosophie allemande, qui débute par l'inhoi. Mais 6e problème a reçu une mauvaise solution des idéologues, parce qu'ils lui ont appliqué une mauvaise méthode. Us n'ont consulté que le raisonnement, tandis que, dans les choses de conscience, c*est le sentiment qu'il faut suivre. De là pouf l'auteur de l'Allemagne le libre arbitre et la distinction des deux natures fondée sur le sentiment de leur opposition.
Madame de Staël comprend bien le rapport de la philosophie fran-
Îaise du xviu' siècle avec la philosophie anglaise, et c'est d*abord à lobbes et à Locke qu'elle s'adresse. La matière dont elle jugé l'auteur du Léviaihan montre avec quelle sagacité elle aperçoit la relation de la morale et de la politique avec la métaphysique. La fatalité dés sensations pour la pensée, la négation de la liberté morale et la suppression de la liberté civile et politique, forment, à ses yeux, les trois anneaux d'une même chaîne. Locke, dit-elle, s'est particulièrement attaché à prouver qu'il n'y avait rien d'inné dans Tàme : il avait raison , puisqu'il mêlait toujours au sens du mot idée un développement acquis par l'expérience. Mais il n'en est pas de même des sentiments, ni des dispositions, ni des facultés qui constituent les lois de Tentendement humain. Locke, croyant du fond de son âme à Texistence de Dieu, établit sa conviction, sans s^en apercevoir, sur des raisonnements qui sortent tous de la sphère de l'expérience ; il affirme qu'il y a un principe éternel , upe cause primitive de toutes les autres causes ; il entre ainsi dans la sphère de l'infini , et l'infini est par delà toute expérience. A cette philosophie, madame de Staël oppose déjà la philosophie écossaise, et pour la première fois les noms d'Hutcheson , de Smith, de Reid et de Dagald Stewart se trouvent hautement loués en France, de même que ceux de Kant, de Fichte, de Jacobi et de Schelling.
Au sujet du xviii" siècle en France, l'auteur de l'Allemagne note avec exactitude les différences de la métaphysique de cette époque avec celle de l'époque de Descartes et de Malebranche; il signale, dans le XYm* siècle lui-même; deux moments différents, celui de Montesquieu
et celui de Raynal, celui de Voltaire écrivant ses Letlres anglaises , et de Voltaire se laissant emporter aux excès. Condillac et HelvétiuSi ajoute-t-elle^ portent aussi l'un et Fautre, quoiqu'ils fussent contemporains ; l'empreinte de ces deux époques si différentes. Elle impute aux tendances 9 mais non aux opinions personnelles du premier, ta doctrine du second, ajoutant que Locke , Condillac , Helvétius et l'auteur du Système de la nature, ont marché par degrés dans la même route; mais que ni Condillac ni Locke n'ont connu les dangers des principes de leur philosophie.
Dans ses observations générales sur la philosophie allemande^ madame de Staël signale la tendance spirltualiste des nations germaniques , qu'elle avait déjà remarquée dans son ouvrage sur la Littérature^ L'esprit allemand lui parait le triomphe de ce qu'elle appelle la nhilosophie contemplative à tous ses points de vue, et elle appelle Leibnit^ tout à la fois le fiacon et le Descartes de l'Allemagne, sig;nalant dans ce grand homme une preuve nouvelle de l'alliance qui existe entre la philosophie et les sciences^ et notamment entre les mathématiques et la métaphysique.
Kant est Tobjet d*un chapitre substantiel dans le livre de V Allemagne. Bien qu'on soit depuis allé bien au delà dans là connaissance de la philosophie kantienne , on n'en a jamais mieux marqué le caractère général. Aidée de la lecture d'un certain nombre de morceaux^ des conversations de quelques Allemands instruits et philosophes, et d'une merveilleuse divination , madame de Staël expose le kantisme avec Gdélité^ quoique avec une lucidité toute française. Elle observe àxec raison, à l'usage de ses frivoles contemporains, ou des prétendus esprits positifs qui ont en horreur toute philosophie, « qu'il n'y a point d'homme plus opposé à ce qu'on appelle la philosophie des rêveurs , et qu'il aurait plutôt du penchant pour une façon de penser sèche et didactique , quoique sa doctrine ait pour objet de relever l'espèce humaine dégradée par la philosophie matérialiste. » Elle interprété d'uHe manière toute favorable les antinomies de Kant. Ces contradictions du raisonnement lui semblent établir d'autant mieux la nécessité de recourir en dernier ressort à la décision du sens intime. Au yeux de madame de Staël, Dieu, la conscience et le libre arbitre se prouvent comme le mouvement et la vie. Elle va même un peu plus loin lorsque , comparant l'analyse à Tanalomie qui ne peut s'exercer sur un corps vivant sans le détruire, elle prétend que notre âme doit être partagée en deux, pour qu'une moitié de nous-mêmes observe l'autre. Mais hàtons-nous d'ajouter qu'à propos de Fichte^ elle rétablit pleinement dans ses droits l'observation psychologique.
L'auteur de V Allemagne loue sans réserve la Critique de ta raison pratique, qui contient la morale de Kant, et la Critique du jugement, qui renferme ses idées sur le beau et le sublime. Le matérialisme dans la théorie des arts est, sous le nom du philosophe allemand , vivement combattu ; et c'est à ce beau livre de madame de Staël que Ton doit certainement en France l'avènement d'une critique supérieure et vraiment philosophique. Ajoutons, pour caractériser cet esprit vraiment français, qu'en admettant la plupart des doctrines de Kant, surtout ses doctrines morales et esthétiques, en reconnaissant ce qu'il y a d'originalité et d9
profondear dans sa métaphysique, madame de Staël est loin d'approuver sa terminologie barbare. « Kant, dit-elle avec esprit , dans les objets les plus clairs par eux-mêmes prend souvent pour guide une métaphysique fort obscure y et ce n'est que dans les ténèbres de la pensée qu'il porte un flambeau lumineux : il rappelle les Israélites y qui avaient pour guide une colonne de feu pendant la nuit , et une colonne nébuleuse pendant le jour. »
Sur les philosophes allemands qui ont suivi ou précédé Kant y madame de Staël s'exprime avec non moins d'intérêt ^ quoique, peut-être^ avec moins de détail. Ce qu'elle dit de Lessing et d'Hemsterhuys est exact; et si, dans Jacobi, elle approuve une certaine réaction de la foi y du sentiment y de l'imagination, contre ce qu'il y a d'excessif dans l'appareil logique et dans l'esprit mathématique de Rant, elle sait y signaler les écarts d'une philosophie sans règle fixe et précise et la déclamation sentimentale. En louant, dans Fichte, l'énergie du sentiment moral, et dans Scheliing l'enthousiasme et la contemplation de la nature, l'esprit de synthèse le plus étendu et le plus fécond, elle pressent vivement le danger de la doctrine de l'identité absolue. Elle préfère le dualisme maintenu par Rant entre l'âme et le monde extérieur. L'unité de principe ne lui semble pas expliquer plus clairement l'univers, et lui parait contredite par la lutte du physique et du moral. L'influence générale de la philosophie allemande sur les lettres , les arts, la morale, et même les sciences, est appréciée dans cette partie du livre avec une grande élévation d'idées et une rare fermeté de jugement.
La quatrième et dernière partie du livre de V Allemagne, consacrée à la religion , en est le digne couronnement. Rien de plus philosophique que la manière dont la religion y est conçue et présentée. Les chapitres sur la mysticité, sur l'enthousiasme, sur la puissance vivifiante, régénératrice de la douleur , n'ont rien , dans leur élan admirable y qu'une philosophie saine n'avoue et dont elle ne puisse faire son profit.
Malgré des préférences non dissimulées, on peut dire qu'une haute impartialité forme le caractère essentiel de V Allemagne, Cette comparaison des œuvres littéraires entre elles et des systèmes n'annoncet-elle pas Tesprit et la méthode de l'éclectisme? Madame de Staël, ici encore, a inauguré avec son éloquence ordinaire et avec une remarquable étendue d'esprit ce que la science, après elle, s'est mise en voie d'accomplir par les moyens qui lui sont propres.
L'inspiration spiritualisle de la plupart de ses écrits est marquée encore dans ses Considérations sur la révolution française. Dans ce livre , écrit en vue d'un système sagement libéral , qui tient compte de la dignité de l'homme, de tous les droits et de tous les devoirs, la politique est soumise constamment aux principes de la morale, dont la violation , selon l'auteur, explique tous les grands revers. Madame de Staël passa les dernières années de sa vie à combattre M. de Bonald et son école.
Tous ces titres lui assurent une place dans l'histoire de l'esprit humain et même de la philosophie proprement dite. La liberté de penser, pour laquelle elle a lutté et souffert l'exil , voit en elle un de ses apôtres les plus convaincus^ l'intelligence, à plusieurs points de vue, un de
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ses promoteurs^ et la philosophie de notre temps son précurseur incontestable. H. Bt.
STiEUDLIN (Charles-Frédéric), né à Stuttgart, en 1761, mort à Gœttingue, professeur de théologie à l'université de cette ville, en 1826, s'est signalé par plusieurs écrits utiles à l'histoire de la philosophie et quelques dissertations philosophiques sur des sujets de morale oà , après avoir soutenu d'abord l'autorité absolue de la raison, il finit par se déclarer pour le supranaturalisme. Voici les titres de ses ouvrages, tous rédigés en latin ou en allemand : Histoire et esprit du scepticismCy principalement par rapport à la morale et à la religion^ 2 vol. in-8**, Leipzig, 1794; — Mémoires pour la philosophie et l'histoire de la religion, et de la morale en général, 5 vol. in-8®, Lubeck, 1797-99 j — Prolusio qua auctor philosophiœ criticœ a suspicione atheismi vin^ dicatur, in-8*, Gœttingue, 1799; — Apologiœ pro J, C, Vanino,notii et accessionibus auctoris, ab ipso auctore Arpio exaratœ, sed nondum in lucem publicam emissœ, in-8'', ib. , 1802 ) — la Morale philosophique et la morale biblique, in-8", ib., 1805; — Histoire de la morale phin losophique et biblique, in-8^, Hanovre, 1806/ — De philosophiœ platonicœ cum doctrina religionis judaicœ et christianœ cognatione, in-4<% Gœttingue, 1819; — Histoire de la philosophie morale, in-8°, Hanovre , 1822. Il a aussi publié , dans différents recueils, des dissertations sur les spectacles, le suicide, le rationalisme et le suprarationalisme. X.
STAPFER (Philippe- Albert). Un des hommes qui, les premiers > ont fait connaître en France la philosophie allemande régénérée par Kant, naquit à Berne en 1766; et aux fonctions de ministre protestant il joignit celles de membre du conseil chargé de la direction des écoles et des affaires ecclésiastiques, quand eut lieu l'occupation de la Suisse par les troupes françaises (1798). Délégué près du Directoire avec Luthard et Jenner, il vit leur mission commune aboutir au pacte secret qui stipulait, entre autres articles, la retraite des Français et la neutralité de la Suisse ; et à son retour, non-seulement il fut nommé ministre de l'Instruction publique et des Cultes, mais il se maintint à ce poste en dépit du général français, qui fit tous ses efforts pour amener et sa chute en Suisse et sa mise en accusation de par ordre des autorités françaises. Stapfer signala son passage aux affaires par la faveur dont il environna l'institut Pestalozzi, dont il fut comme le second fondateur. Renvoyé en France après Marengo (1800), il succéda comme plénipotentiaire à Jenner. Sa position était des plusem^barrassantes. L'énergie avec laquelle , sans même attendre les instructions de son gouvernement , il répondit par une note à la note par laquelle Bonaparte demandait l'annexion du^iyalais à la France, retarda pour huit ans l'absorption de ce pays dans le grand empire. Mais il n'eut pas et il ne pouvait avoir le même bonheur quant à l'organisation générale de son pays sous la pression de l'influence française : unitaire, il eut le chagrin d'avoir à signer, comme membre de la consulte, puis du comité central des dix, l'acte du 20 février 1808, qui consacrait et la forme fédérative et la médiation française ; de plusi