SYNÉSIUS
qai sont tombés ici-bas une force qai les rappelle aax cieux ^ lorsque^ échappés des flots de la vie y ils entrent joyeux dans la voie sainte qui conduit au palais de leur père. »
Noos citerons encore ce passage remarquable de Thy mne ii, v. 2653 : « Une seule source, une seule racine brille sous une triple forme : car où est la profondeur du Père , là brille aussi le Fils glorieux, enfant de soncœnr, la sagesse créatrice des mondes, la lumière deTEsprit- Saint qui en fait Tunité ; » et celui-ci de Thymne ni , v. 168-171 : « Canal d'où dérivent les dieux, créateur des esprits et nourricier des ftmes, source des sources, etc; »
I^ Hymnes de Synésius offrent, en général, un singulier mélange de platonisme alexandrin et de mysticisme gnostique incorporé aux idées chrétiennes^ le tout fondu dans une abondante inspiration poétique.
On pourrait supposer que ces déviations plus ou moins graves de l'orthodoxie doivent être attribuées aux libertés du langage poétique; mais nous verrons bientôt Synésius lui-même, dans ses Lettres, et particulièrement dans un épanchement plein de franchise où il expli- * que les raisons qui Tempéchent d'accepter Tépiscopat, exposer avec la plus grande netteté trois points graves sur lesquels sa raison ne peut se soumettre à accepter les croyances de TEglise.
Après son voyage de Constantinople, Synésius avait séjourné quelque temps à Alexandrie, où il s'était marié, vers Tannée bOS. Il dit même (lett. lOS) avoir reçu sa femme des mains du patriarche Théophile; et c'est pendant son absence que Ptolémaïs, capitale de la Gyrénaïqne, ayant perdu son évéque, le choisit pour le remplacer, quoiqu'il n'eût pas encore reçu le baptême. Il avait vécu jusque-là également indépendant des deux Eglises, voué à peu près exclusivement au culte de la philosophie; mais ses vertus et son caractère aimable le faisaient chérir également des chrétiens et des païens. Il fit une longue résistance. Il exposa les motifs de son refus d'abord à Théophile, patriarche d'Alexandrie , duquel relevait le siège de Ptolémaïs , puis à son frère Evoptius. La lettre qu'il adressa à ce dernier (lett. 105) est une des plus intéressantes par le tableau fidèle qu'elle nous présenté des luttes de sa conscience. En voici quelques passages :
« Dieu, et la loi, et la main de Théophile m'ont donné une épouse* Je déclare donc d'avance à tous et j'atteste que je ne veux ni me séparer jamais d'elle , ni vivre clandestinement avec elle , comme un adultère : car, si l'un est contraire à la piété, l'autre est contraire à la loi. Mais je désire et je fais vœu^d'avoir de nombreux et excellents enfants* (Il en avait déjà trois.)
« .... Mais ceci n'estirien, comparé] à tout le reste. Il est difficile, sinon tout à fait impossible, que les opinions qui, à l'aide de la science, sont passées dans mon esprit à l'état de démonstration, en soient arrachées. Or, tu sais que la philosophie est en opposition avec certains dogmes bien connus : ainsi je ne me persuaderai jamais que la naissance de l'àme soit postérieure à celle du corps; jamais je n'admettrai que le monde doive périr un jour avec ses éléments. Quant à cette résurrection dont on parle .tant ,^ je la regarde comme quelque chose de sacré et de^poystérieux, et je suis loin d'approuver les pré*