‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 3)Chapitre 31 sur 101 · SYRIENS (PHILOSOPHIE CHEZ LES · texte numérisé non relu

SYRIENS (PHILOSOPHIE CHEZ LES

premier ÎDirodacteur d'Aristote parmi les Syriens. Ebedjesu lai assigne pour collaborateurs dans ce travail, Gamas etProbos, et, en effet, le Britiik Mmeum ( n* l&âSO) possède an long commentaire syriaque de Probus sur le nif l ipfAviviiac. C'est le seul monument qui nous reste de cette première école d*Edesse , qui fut détruite, en 489, par ordre de l'empereur Zenon.

De ce moment , les études péripatéticiennes deviennent de plus en

frius florissantes chez les Syriens. Des ruines de Véco\e d'Edesse sortent es écoles plus célèbres encore de Nisibeet de Gandisapor, qui deviennent , pour la Syrie et la Perse , des centres brillants d'études médicales et philosophiques. La Perse, en effet, fut en partie le théâtre de ce nouveau mouvement. Ce pays était tombé depuiis longtemps dans la dépendance intellectuelle des Syriens. L'école d'Edesse s'appelait Véeole des Perses , et le syriaque était, avec le grec, la laibgue savante de l'empire des Sassanides. D'un côté, les philosophes grecs exilés par suite du décret de Justinien; de l'autre, les nestoriens persécutés par les orthodoxes, firent un moment de la cour de Chosro& Tasile de la philosophie grecque expirante. Le roi des rois se décorait du titre de pkaonieien, et fit , dit-on , traduire en persan les écrits de Platon et d'Aristote. Agathias raconte avec de grands détails les. discussions philosophiques que soutint devant Chosroès un Syrien nommé Uranius, attaché à la doctrine d'Aristote. Mais le plus curieux monument de ces études syro-persanes est, sans contredit , un abrégé de logique en syriaque, adressé à Chosroès par un certain Paul le Perse, qui se trouve dans un manuscrit du British Muséum (n^" l^GCO). Uouvrage est précédé d'une longue préface, exprimant une pensée d'éclectisme fort élevée. On croit devoir donner ici le début de ce remarquable morceau : « A l'heureux Kosrou , roi des rois , le meilleur des hommes, Paul, son esclave, salut. En vous offrant un présent philosophique , je ne fais que vous offrir un fruit cueilli dans le paradis de vos domaines , de même que l'on offre à Dieu des victimes prises parmi les créatures de Dieu. La philosophie , en effet , est le meilleur de tous les présents, et c'est bien elle qui a dit, en parlant d'elle-même : « Mes fruits valent mieux que l'or et que les pierres précieuses, et mes produits valent mieux que l'argent choisi.» ( Prov. , c. 8 , f 19. ) Elle est Toeil de l'esprit ; et de même que l'œil du corps , à cause de sa proportion avec la lumière , voit les choses du dehors; de même l'œil de l'âme, à cause de son affinité avec la lumière intelligible qui est en tout , voit la lumière qui est eni tout. C'est donc avec raison qu'un philosophe a dit : « Le sage a ses yeux dans sa tête, et le fou marche dans les ténèbres. » (EecL, o. 2, f 14.) De toutes les occupations, en effet, l'occupation intellectuelle est la plus excellente; car l'âme est autant au-dessus du corps que l'être rationnel est au-dessus de l'irrationnel , que l'animal est supérieur à ce qui n'a pas la vie. Or, la culture et l'ornement de l'âme, c'est la science. La science est de deux sortes : ou bien l'homme la cherche et la trouve par lui-même , ou bien il la reçoit par l'enseignement. L'enseignement , à son tour, est de deux sortes : l'un est celui que les hommes se transmettent entre eux; l'autre vient des envoyés de la Divinité. Mais rensei^nemept seul ne peut suffire; car on trouve entre les maîtres les

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