‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 3)Chapitre 32 sur 101 · SYRIENS (PHILOSOPHIE CHEZ LES · texte numérisé non relu

SYRIENS (PHILOSOPHIE CHEZ LES

contradictions les pins manifestes : les ans disent qu'il n*y a qu'on Dieu y les autres qu'il y en a plusieurs ; les uns disent que Dieu a des contraires » les autres qu'il n'en a pas ^ les uns disent que Dieu est toutpuissant , les autres qu'il ne saurait tout foire ; les uns soutiennent que le monde est créé, d'autres prétendent qu'il ne l'est pas ; et parmi ceuxci, les uns disent qu'il a été tiré d'une matière pré^dstante, les autres qu'il n'a point eu de commencement et qu'il n'aura jamais de fin. Les uns disent que les hommes sont libres en leur volonté , et les autres le nient. U est ainsi une foule de points sur lesquels les différents systèmes sont en désaccord les uns avec lesautres , et il n'est pas plus possible de les rejeter tous à la fois, que de les admettre tous. Il ne reste donc qu'un seul parti à prendre : c'est d'adopter l'un et de rejeter l'autre. Or, pour cela il est nécessaire de les connaître , afin que l'on sache pourquoi l'on embrasse l'un et pourquoi l'on repousse Tautre. L'étude de ces systèmes intéresse donc également la foi et la science. La science, en effet, a pour objet les choses rapprochées de nous, évidentes et accessibles à l'expérience; la foi s'applique aux choses éloignées, invisibles et qu'on ne peut connaître exactement. L'une n'exdut pas le doute; l'autre n'admet aucun doute ; or, c'est le doute qui fait la division, et l'absence de doute qui fait l'unanimité. La science, par conséquent, est supérieure à la foi ; en effet, les croyants eux-mêmes examinent leur foi, et font Tapologie de la science, quand ils assurent que l'on saura un jour ce que Ton croit aujourd'hui, etc. »

Le vi« et le vu*" siècle sont l'époque brillante des études philosophiques chez le^ Syriens. Une foule d'évèques et de patriarches, Abraham de Cascar,^nanjesu, Marabba, parmi les nestoriens; Sergius de Résine, Sévère de Kinnesrin, Athanase, moine de Beth-Malco,Clreorges, évêque d'Arabie, Jacques d'Edesse, parmi les jacobites, sont désignés comme ayant traduit, analysé ou commenté Aristote. La plupart de ces travaux , effacés par ceux des philosophes arabes, ont péri. On trouve cependant dans les manuscrits du British Muséum, sous le nom de Sergius de Résine , évêque et archiatre, une série de traités péripatéUques , adressés à un certain Théodore , entre autres un cours complet de logique en sept livres, des traductions et des analyses deGalien, une traduction du Traité ûu monde à Alexandre, etc. (n®* l&GSS, 14660, 14'661 ) ; sous le nom de Sévère de Kinnesrin , un traité du syllogisme et des scolies sur le iispl ipfAmvsiac (n"" lii660) ; sous le nom de Georges, évêque d'Arabie, un vaste commentaire sur l'Or^anon (n*" 14659). Athanase et Jacques d'Edesse sont les auteurs de traductions de VOrganon ou d'autres écrits péripatétiques, que l'on trouve plus fréquemment dans les manuscrits.

En général, on le voit, les Syriens s'arrêtèrent aux premières pages de VOrganon. Ils s'étendent démesurément sur le Hspl ipavivséac , qui semble avoir été à leurs yeux le traité le plus essentiel; les dernières parties de VOrganon sont fort écourtées. Ils semblent même , préférer au texte pur d' Aristote des abrégés, des traités de seconde main, dans le genre des Catégories prétendues de saint Augustin, et de ces traités de dialectique de Boêce, de Cassiodore, d'Alcuin , qui eurent tant de vogue durant la première moitié du moyen âge. Quant aux autres parties de l'encyclopédie péripatétique, ils ne les connaissent

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