TAURUS
nons fait connattre ce qu'il nous faut penser de lui , l'autre ce qu'il faut faire pour lui obéir. Theohgiam divinœ vohniaiii révelatione def' nimus et phUoiophiam Dei eognitione, {Philosophiœ iriumphus, p. 80.} C'est exactement la même distinction que nous trouvons plus tard dans le Traité thëologieO''politique de Spinoza. Entre deux puissance^ aussi différentes , il n'y a aucune contradiction possible, l^une sV dressant à notre entendement , l'autre à notre liberté. De plus, la théologie peut aussi en appeler au raisonnement : c'est tout ce qui est vrai ou susceptible de démonstration; et il n'est pas à craindre que ses arguments viennent heurter ceuK de la philosophie > p^jsqajl^ s'appliquent à des objets tout différents. Cependant la théologie ne peut i^e passer des vérités philosophiques et les suppose nécessairement. Ainsi il faut savoir que Dieu existe, qu'il est tout-puiss^pt, qu'il compte au nombre de ses attributs la bonté et la justice, av^nt de pouvoir admettre qu'il s^est révélé aux hommes d^une manière extraordinaire y qu'il leur a envoyé son Christ pour les racheter d^ péché, qu'il se laisse toucher par leurs prières et par leurs larmes. Au reste , Taurellus , conformément à la distinction que nous avons signalée plus haut, n'hésite pas à attribuer à la philosophie et à l'intelligence naturelle de l'homme une grande partie des dogmes spr lesquels repose aussi la théologie : Tunilé de la substance et la tri^nité des personnes en Dieu , la création du monde sans aucune ma^tière préalable , la création du genre humain , l'accord de la miséricorde et de la justice divine. <x Ces vérités, ajoute Taurellus (uÔMtfpra^ 3" partie, p. 216), sont parfaitement philosophiques , parce qu'elles peuvent èlre démontrées d'une manière certaine par le raisonnement} inais elles sont aussi théologiques, parce que la plupart ne les cou» naissent que par la tradition et n'y croient que sur l'autorité de Dieu. » La raison par laquelle l'Ame atteint à ces hauteurs, c'est qu'elle est une substance simple gui ne peut se connattre elle-même àans con'nattre Dieu, et tout ce qu'elle connaît elle le doit à elle-même; car, encore une fois, elle ne peut connattre sans agir; elle n'est pas Uiié substance inerte (ii6i gupra). Fidèle à ces principes, Taurellus ne nous présente guère, dans la suite de ses ouvrages, qu'une démonstration philosophique des principaux dogmes du chrislianistne et une réfuta-'' tion des doctrines d'Aristote qui leur sont contraires. Il Ya sans dire qu'il fut aussi peu goûté des théologiens que des philosophes.
Outre l'ouvrage que nous venons d'analyser, \^At7o«opAiar trium'^ phus, Taurellus a laissé les écrits suivants : Synopsiê Ari$toteii$ Meta^ tapkysices ad normam ehrùtiànœ religionii eœplieatœ, tmendatm SH completœ, in-8% Hanovre, 1596; — Alpes eœeœ, hoe est Andrew Cdk salpini monstrosa et superba dogmata diseussa et exeussa, in-S*, Frf(ho«fort-S.-M. , 1597; — Cosmologia, in-8*, Amberg, 1603; — Cronolô^ ^tâ^in-8*', ib., 1603; — De rerwm dp^frm'rafe, in-^*, Strasbourg, 160&.
Voyez aussi Tapologie de Feurlin', IHsseriatio,a^l<^eiica,pro NUL
Taurello, in-4'% Nuremberg, 1734.
TAURUS, surnommé Caltisius, originaire de Béryte, vr^ àt Tyi^ d'où lui est Tenu aussi le surnom de Baytius. C'est un philosophe platonicien du deuxième siècle de l'ère durétienne , qui tenait