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tort de vouloir réagir contre Homère y comme on réagissait contre Aristote , et de confondre la poésie avec la science , Tinspiration individuelle et intransmissible da poëte avec les idées et les inventions qoi sa transmettent et se perfectionnent de siècle en siècle ; mais , a'aillenrs , il envisage la question de plus haut et d'un point de vue un pan plua philosophique. Il reproche à Perrault y Lamotte et Fontenelle de n-avoir pas aasez établi que la supériorité des modernes sur les anoiftfis est UQ effet naturel et nécessaire de la constitution de Tesprit humain } d'avoir bien dit la chose en observateurs et en historiens, niais non pas en philosophes. Selon Terrasson y les progrès de l'esprit humain dans le cours des siècles sont la suite d'une loi naturelle exactement semblable à celle qui fait croître un homme particulier en expérience et m sagesse depuis son enfance jusqu'à sa vieillesse. Ils sont aussi nécessaires que la croissance des arbres et des plantes. « Il faut abandonner^ ditril dans la préface de sa Dissertation critique sur Homh'e, le vieux système qui non-seulement fait regarder l'antiquité comme le modèle, ipais comitae le terme du beau ; il faut prendre y au contraire , cdni qui fait regarder le monde en général comme un homme en particulier, qui a son enfance , son adolescence y sa maturité , et à qui , dans sa maturité même y le temps donne tous les jours de l'expérience. Le sens commun doit comprendre que cela doit être, et l'examen fera voir que cela est. » Jusqu'à présent on n'a pas assez remarqué que la querelle des anciens et des modernes est sortie de la réaction excitée par le cartésianisme contre Fantiquité et Aristote, et que la loi de la perfectibilité est sortie de la querelle des anciens et des moiternes. Les partjsans des modernes, Perrault, Fontenelle, Terrasson, tous plus on moins cartésiens , n'ont pas sans doute entrevu les premiers , mais les premiers ont essayé de formuler et de démontrer la perfectibilité du genre humain. Il faut donc en faire honneur à Deseartes , à la philosophie spiritualiste du xvii* siècle, et non à la philosophie empirique du xviii*.
Consultez V Eloge de Terrasson, par d'Alembert; la Philosophie applicable à tous Us objets de resprit et de la raison, 1 vol. in-13, raris , 176& ; et la prémce de la Dissertation critique sur V Iliade ', a vol. in-i2 , ib. , 1716. F. B.
TERTULLIEN (Qointus Septimius Florens) , l'un des plus célèbres docteurs de l'Eglise latine aux n^ et m" siècles , naquit vers Tan 160, à Carthage , qui était alors la Bome et l'Athènes de l'Afrique. O'^st dans ses écoles renommées qu'il reçut une brillante éducation , grâce aux soins de sa mère, car il avait perdu fort jeune son père , centenier dans une légion du proconsul. Doué d'une imagination vive ^ d'uq esprit pénétrant , et d'une àme ardente comme le climat sous lequel il était né , il fit de rapides progrès dans toutes les sciences : il étudia avec un soin particulier les opinions des diverses sectes philosophiques qui régnaient alors ^ il acquit surtout une connaissance approfondie des lois romaines, et parait avoir suivi quelque temps le barreau. Il était païen ;par sa naissance , et Ton sait qu'il fut marié, car plusieurs de ses écrits sont adressés à sa femme.
C'est sous la règne de Septime Sévère , de Tan 193 à Tan 21 1> qu'il