THÉOLOGIE
maqae, et Ton raconte qae le second le saava de la sévérité de PÂréopage f qui allait le poursuivre pour ses opinions religieuses. Selon le récit d'Amphicrate 9 rapporté par DiogèneLaërce, ce procès aurait suivi son cours , et Théodore , condamné comme Socrate à boire la cigUe^ aurait subi son jugement.
Dans un livre intitulé des Dieux (nif i 6sw^) y et que Diogène Laërce avait encore sous les yeux, il prêchait hautement Tathéisme. Par sa morale , il est plus près d'Epicure que d' Aristippe. A la place du plaisir et de la douleur, considérés comme les causes finales de nos actions , il substituait le contentement (xoeav) et le chagrin (xuityiv); et comme le premier, selon lui, est le fruit de la prudence, et le second de la sottise , il regarda la prudence ((ppovYiatO comme le seul bien , et la sottise ou rimprudence (à(ppoouvY)) comme le seul mal. Le plaisir et la douleur se trouvent entre les deux ((i-icxa) , ou sont tantôt un bien , tantôt un mal , suivant les circonstances. Mous voyons- que Théodore associait à la prudence la justice ; mais que pouvait être cette vertu^ pour lui qui les supprimait toutes dans leur principe? La justice, dans sa pensée, c'est simplement Fart de se servir de toutes choses selon leur usage naturel et a propos. Ainsi , le vol,' Tadultère, le sacrilège, sont permis au sage, pourvu qu'il n'use de cette licence qu'à propos {t* xaipû ) , o'estrà-dire sans se nuire à lui-même et sans soulever les autres. La distinction du bien et du mal moral n'est qu'une convention établie pour contenir la foule des insensés. L'amitié n'est pas plus réelle que le devoir, car où peut-elle exister? Chez l'insensé elle n'est pas autre chose que l'intérêt, et le sage se suffit à lui-même. Enfin, le sage ne doit jamais se sacrifier à sa patrie^ car il n'est pas convenable que la sagesse périsse pour l'avantage des sots. La patrie du sage, c'est l'univers.
On peut consulter sur ce philosophe, Diogène Laërce , liv. n , § 86; liv. Yi,§97. — Cicéron,D0na{uraàeorum>lib. i, c. 1,S3,&3; Tuseul., lib. I, c. 4.3; lib. y, c. 40. — Suidas, au mot Théodore. — Eusèbe et Strabon en parlent aussi.
THÉOGNIS. Voyez Gno9UQUbs.
THÉOLOGIE (de eeo'ç, Dieu, et de Xo^oc» discours, science: la science de Dieu , ou plutôt relative à Dieu et aux choses divines). On n'emploie plus guère aujourd'hui le mot théologie que dans le sens restreint d'une science fondée sur la révélation, sur une tradition consacrée, sur des textes positifs, et qui a pour objet non-seulement la nature et les attributs de Dieu , mais les devoirs qu'il prescrit aux hommes. C'est dans cette acception que la théologie est souvent opposée à la philosophie, et qu'on distingue une théologie spéculative et une théologie morale, dont la première s'occupe des dogmes, la seconde des règles pratiques enseignées par la révélation. Mais U n'en a pas toujours été ainsi. Les Grecs donnaient le nom de théologiens (dsoxd'Yot) à ceux de leurs poètes, tels qu'Hésiode et Orphée , qui parlaient d'après leur imagination de la nature des dieux et de l'origine des choses, ou à ceux qui cherchaient dans ces fictions, interprétées d'une manière allégorique , une sagesse plus profonde* Selon Aristote