THÉOLOGIE
(Métqph., liv. ly c. S; liv. ii, c. 5), les premiers théologiens , en désignant Thétis et l'Océan comme les auteurs de la nature , ne diffèrent que par le langage des premiers philosophes^ qui ont considéré comme le pnncipe de l'univers Thumidité ou Teau. Jusque-là on connaissait les théologiens, mais non la théologie {i etoXo^uc^). C'est le même philosophe que nous venons de citer qui en a fait une science, fondée comme les autres sur la raison , c'est-à-dire une partie de la philosophie , une des troiç sciences spéculatives. Les deux autres sont les mathématiques et la physique. « Il est évident, dit-il {ubi iupra, liv. XI, c. 6) , qu'il y a trois sortes de sciences spéculatives, la physique , les mathépiatiques et la théologie. Les plus élevées parmi les menées sont les scfcQces spéculatives , et parmi celles-ci mêmes celle
fie lyous avons npmmée la dernière : car elle se rapporte à ce qn'U y de plus élevé parmi les êtres. »
Ce n'étaient pas seulement les poètes et les philosophes qui s'occa-
Î aient; cfae^ç les anciens, de la nature divine, les uns au point de vue e IMmagiHation, les autres à celui de la raison^ il y avait aussi des )é|g;islate$r8 qui . considérant la question du côté politique, cherchaient à subordonner les croyances et les pratiques du culte aux intérêts de l'Etat on du gouvernement de l'Etat. Telle était surtout la religion des Romains depuis Numa Pompilius jusqu^au temps des empereurs. Aussi Varron, d'après le témoignage de saint \uffj^si\n(fiitéae Dieu, liv. Ti; c. 1). distinguait-il trois espèces de théologie : la théologie poétù
SUf inventée, comme nous l'avons dit, par les premiers poètes de la rèce; la théologie physique, formée par les philosophes, et qui se confond avec la pnilosophie même ; la théologie civile, fondée par les législateurs et les hommes d'Etat.
Jjes Roipains et les Grecs, comme nous l'avons déjà remarqué ailleurs ( Voyfz Foi), n'avaient aucune idée de ce que nous appelons
{'oi, reiû4lation, ni par conséquent des barrières qui séparent la révéation de la raison. Leur religion était l'œuvre de la poésie ou de la politique; et, hors de ces deux choses, il n'y avait de place que pour la philosophie. D^nn autre côté, l'esprit religieux du moyen âge et de la Réformation, quoique allié dans une certaine mesure à la philosophie, ne pouvait pas admettre que la connaissance de Dieu, de ses attributs, de ses rapports avec le monde fttt l'objet d'une science tout à fait distincte et indépendante de la révélation. Aussi n'est-ce guère qu'après l'avènement du cartésianisme que nous trouvons, que nous voyons acceptée la distinction de la théologie naturelle et de la théologie poêiiive. Chez Leibnitz, dans les Essais de théodicée, les deux choses sont encore confondues ; mais elles sont parfaitement séparées dans la Théologie naturelle de Wolf : Theologia naturalis methodo sHentifieapertracta,'^ vol. in-4<', Francfort et Leipzig, 1736-37. « Tout ce qu'on enseigne, dit cet écrivain , dans la théologie naturelle , doit être démontré. La théologie naturelle doit être une science. Or une science consistant dans la démonstration de ce qu'on affirme et de ce qu'on nie, il faut démontrer ce qu'on enseigne dans la théologie naturelle. » Cette science a pour objet, selon Wolf (Prolegomena, § 4), Texistence de Dieu, ses attributs, les conséquences de ces attributs par rapport aux antres êtres, et la réfutation des erreurs contraires à