THOMAS
et dans Fédition des OEuvres de saint Thomas, de 1745. — S. C. Aiemanni; Thomœ Aquinaiis Summa philosophica , in-f"", Paris , lôA-O.
— Placidus RentZy Philosophia ad mentem D. Thomœ eocplicata, 3 vol. in-8% Cologne 9 1723. — Teonemanny Geschichte der Philos., t. Yin. — M. Rousselot, Etudes sur Icf philosophie au moyen âge y t. ii.
— G. -H. Bach, Divus Thomas de quibusdam philosophicis quœstioni" bus, in-S*, Rouen , 1836. — M. Carie , Histoire de la ine et des ouvrages de saint Thomas , ïn-k'*. — M. Léon Montet , Mémoire sur saint Thomaè d'Aquin , dans le t. ii des Mémoires de l'Académie des sciences morales et politiques {Savants étrangers), — Enfin le t. n de notre mémoire qai a pour titre : De la philosophie scolastique , in-8"^ Paris, 1850. B. H.
THOlfAS DB Strasbourg, né dans la ville dont il porte le nom, s'engagea dès sa première jeunesse à suivre la règle de saint Augustin. Aussitôt qu'il eut obtenu les insignes du doctorat, il parut dans une chaire et se fit applaudir ^ il n'avait pas seulement une érudition variée et un jugement sûr, il se distinguait encore par une diction facile, abondante , qui touchait à l'éloquence même , dans l'exposition des thèses scolastiques. La supériorité de son mérite l'éieva promptement aux premières dignités de son ordre. Elu général, il remplit celte fonction durant douze années, et mourut en 1357, laissant la renommée d'un administrateur habile et d'un éminent théologien. Le plus important de ses ouvrages , son Commentaire sur les sentences, a été publié : Thomœ ab Argentina commentarii in IV libros sententiarum ; in-f^. Gènes , 1585. C'est là qu'il faut étudier sa doctrine.
Ce n'est pas une étude facile. Le style de ce docteur ne manque pas de clarté, et sa méthode est celle de tous les maîtres de son temps; mais sa pensée discrète fuit toujours les dernières conclusions d'un syllogisme, comme ne voulant s'asservir à aucun système, et il faut la poursuivre longtemps avant de Tatteindre. On y parvient, toutefois, et l'on reconnaît alors dans Thomas de Strasbourg un adversaire résolu de Duns-Scot, un partisan éclairé de saint Thomas d'Aquin. Nous devons exposer ici son opinion sur les universaux. Quelques docteurs, Henri de Gand et Duns-Scot, prétendent ajouter plusieurs degrés à l'échelle des êtres, et, avant la substance déterminée en acte final, ils supposent l'être déterminable et l'être indéterminé : dans leur système, la matière aurait été par elle-même, sous deux modes également réels, avant d'être jointe à la forme et de devenir, par l'effet de cette conjonction, l'un des éléments de la substance individuelle. Thomas de Strasbourg combatce système. C'est, dit-il, l'erreur des anciens naturalistes; etil reproduit contre Henri de Gand toutes les bonnes raisons qu'Aristole oppose à Parménide {In lib. ii Sentent, y distinct. 12, qusest. 1). Il y a d'autres maîtres (les disciples d' A verrhoès) qui, rejetant cette fabuleuse genèse , attribuent à la forme l'acte universel , l'acte indéterminé qu'ils refusent à la matière. Ainsi, dans leur opinion, la forme de Socrate ne serait, en ordre de génération , que la dernière des formes, comme la matière de Socrate ne serait, suivant Henri de Gand, que la dernière des matières. Avant celte dernière forme aurait été produites la forme absolument pure, ^Asolumeut universelle, absolu-