‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 3)Chapitre 52 sur 101 · TIMÉE · texte numérisé non relu

TIMÉE

les Locriens Epizéphyriens, à une époque probablement pea éloignée de la naissance de Socrate^ puisque Platon les a réunis dans le même entretien. Comme beaucoup d'autres philosophes de la même école, il avait occupé dans sa patrie les plus hautes magistratures, et joignant à la vertu du citoyen la gloire du savant, il passait, à ce que nous apprend Critias, pour un grand astronome (àoTpovofttxuTaToç). Suidas cite de lui un Traité de mathématiques, une Vie de Pythagore et un livre intitulé de VAme du monde et de la nature (iiepl ^Myfiç xoafiieo xal ^uaioc). Nous n'avons pas à nous occuper des deax premiers, puisque, s'il est vrai qu'ils aient existé, il n'en est rien arrivé jusqu'à nous; mais le dernier a beaucoup exercé les philosophes et les savants. Comme il n'y a presque aucune différence entre les doctrines que résument les six chapitres de ce traité et celles qui sont développées dans le Timée de Platon, on s'est demandé lequel de ces deux écrits avait servi de modèle à l'autre ; et quand on agitait cette question on élevait naturellement des doutes sur l'authenticité du livre attribué au philosophe pythagoricien. Il y avait,, en effet, de quoi le rendre suspect. Il n'est mentionné , soit directement , soit indirectement , ni par Platon , ni par Aristote , ni par Théophraste, ou son abréviateur Simplicius. Et quand Timon le sillographe, s'adressant à Platon, lui dit : «Et toi aussi, Platon, tu as voulu dogmatiser ; tu as acheté à grands frais un petit livre, et tu es parti de là pour faire le Timée, » il est extrêmement probable qu'il s'agit, dans ce passage du traité dePhilolaûs, que Platon avait acheté fort cher à Syracuse. Quant à celui dont on fait honneur à Timée de Locres, nous le rencontrons pour la première fois au v* siècle de l'ère chrétienne , chez Proclus , qui , ne doutant pas qu'il ne soit authentique , et le considérant comme une introduction utile au Timée de PJaton , l'a placé en tète de ce dialogue ; mais il suffit de comparer les deux ouvrages pour voir que le premier n'est qu'une abréviation du second. On y reconnaît, malgré le dialecte dorien dont le faussaire s'est servi , des phrases entières qui ont passé de l'un à l'autre. Or, dans ce cas, ce n'est pas Platon qui peut être soupçonné de plagiat. D'ailleurs, comment admettre cette identité parfaite entre le système de Pythagore et le système platonicien ? Si obscures que soient pour nous les doctrines de l'école pythagoricienne, nous savons du moins ceci par les fragments de Philolatis et les témoignages indirects , qu'elle était complètement étrangère à la théorie des idées et à la conception d'une âme du monde distincte de Dieu. Si telles eussent été les convictions particulières de Timée, elles n'auraient certainement pas passé inaperçues jusqu'au temps des derniers alexandrins. — Le Traité de l'âme du monde et de la nature, publié sous le nom de Timée de Locres , dans toutes les éditions de Platon , a été publié avec la traduction latine de Nogarola , et le sommaire et les notes de Jean de Serres, dans les Opuscula mythologica, in-S"*, Cambridge, 1671, et Amsterdam, 1688; avec une traduction françaiiie et afoee les dissertations sur les principales questions de la métaphysique , de la physigueet de la morale des ancipns, par le marquis d'Argens, in-S*", Berlin, 1768; et par Batleux, avec Ocellus Lucanus, in-8*, Paris, 1768. — Sur Tauthenlicité de cet ouvrage on peut consulter principalement : Meinets, Histoire des sciences en Grèce et à itome (ail.) , t. T', p* 584 ; et Ihcêrwa

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de vero DeOf^^ part., p. 312. — TennemaDii, HiiUnrê dé la philosaphiêf U I*') et Système de la philosophie platonicienne, i. i'% p. 93. — Tiedem^Oiiy Histoire de la philosophie spéculative, 1. 1*', etc. — Il a existé un autre Timée surnommé le Sophiste, et autenr d'un dictionpaire de locutions platoniques (^ t«;>v toS iixarovoc xtf(tuv) ; mais on ne sait pas à quel tepdps il appartient. Son recueil a été publié par Ruhnkea, in-8^, Leyde, Vl&$' ^t 1689^ p$ur Fischer, in-S*", Leipiig, VI66, et par Kocb, in-8% tondres^ 1828.

TIVONi le disciple et Tami de Pyrrhon^non moins célèbre comme poète que comme philosophe , naquit à Phlionte, dans le Péloponèse^ vers le milieu du m* siècle avant Tère chrétiennne. Il exerça d'abord la profession de danseur de théâtre , puis, se sentant entraîné par un goût irrésistible \ers la philosophie , il fréquenta à Mégare Técole de StilpoQ, et se rendit ensuite à Elis, près de Pyrrhon^ dont le caractère autant que la doctrine avait excité son admiration. Ainsi qu'un grand nombre d^ sceptiques, il joignit à Tétude de, la philosophie celle de la poédecine ; maiSj n'y trouvant pas une ressource suffisante', 11 alla enseigner )a philosophie et l'art oratoire à Chalcédoine, dans PÂsie Mineure. Après y avoir fait fortune, il visita l'Egypte, où régnait Ptolémée Philadelpbe, s'arrêta quelque temps en Macédoine, à la cour d'Antigone Gonatas, et finit par se fixer à Athènes, où il mourut dans nu Age très-avancé. On lai attribuait jusqu'à trente comédies et soixante tragédies, des drames satiriques, un poème en vers élégiaques, intitulé les Images (fy^aXfAoi); un traité en prose sur les sens (nept aMiiôe^vh uu autre contre les physiciens, c'esl-à-dire les philosophes spéculatifs (npbç rob; (puoixcuc) 7 ^^ sutro adressé à Python, et portant ce nom, où il racontait ses entretiens avec Pyrrhon, qu'il avait rencontré sur la route de Delphes; une composition ayant pour litre le Eepas funèbre d'Arcésilas, ou simplement le Repas (nepl ^tîiTvou ) > où il paraissait revenir, sans doute en faveur de son scepticisme, sur les railleries dont il avait poursuivi pendant sa vie le fondateur de la nouvelle Académie. Mais, de tous les ouvrages de Timon , il n'y en a pas qui ait acquis autant de célébrité et qui nous ait laissé autant de traces que les Silles ( xoxci ) , d'où il a reçu le surnom de Sillographe. C'était une satire en vers hexamètres dirigée contre tous les philosophes, excepté Pyrrhon et Xénophane. Les plus mal traités étaient Socrate, Platon et Epicure. L'ouvrage commençait par ces mots : a Venez ici, venez , imposteurs raisonneurs, » et se divisait en trois livres. Dans le premier, Xénophane paraît avoir eu seul la parole; dans le second et le troisième, l'auteur supposait un dialogue entre Xénophane et lui.

La doctrine de Timon ne dififère pas de celle de Pvrrhon , dont il n'était, selon Sextus Empirions, que le simples interprète (d ^po<fmTy)ç). Yoici cependant ce que les écrivains de l'antiquité lui attribuent personnellement. Le seul but de la philosophie est de nous conduire au bonheur, de nous rendre heureux autant que notre nature le permet. Quiconque veut vivre heureux , doit se proposer ces trois questions : l"" Quelle est la nature des choses? 'st* Comment devons-nous nous comporter à leur égard? 3* Quelle sera la conséquence qui résnl-

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