TINDAL. 90S
tera pour ngus de cette manière d'être ? La première de ces qaes* tioDS est insoluble^ car dous ne pouvons pas savoir ce qae les choses sont en elles-mêmes. La science suppose la démonstration, et tonte démonstration part d'une hypolhèse, d'un axiome qu'on ne démontre pas. Les choses ne sont pour nous que ce qu'elles nous paraissent être : c'est donc uniquement sur les apparences qu'il faut prononcer, et non sur la nature même des choses. « Ainsi, disait Timon, j'accorderai bien que telle chose me parait douce; mais je ne dirai pas qu'elle Test en etfet. » Il attaquait particulièrement, avec les arguments de l'école de Mégare et des philosophes d'Ëiée, la certitude que nous croyons avoir de l'existence du mouvement. La solution de cette première question renfermé celle de la seconde ; car si nous sommes condamnés a une ignorance irrémédiable quant à la nature des choses, il faut nous Imposer la règle de ne rien affirmer et de rien nier d'une manière absolue ; il faut nous abstenir de toute assertion ( à(f>ao£a, tirox'n)^ et n'exprimer autre chose que l'état de notre Ame, c'est-à-dire ce qui nous paraît être. Enfin de la solution de la seconde question découle celle de la troisième. En nous abstenant de prendre parti pour ou contre les différentes opinions qui agitent les hommes , en regardant comme de vaines apparences tout ce qui frappe nos sens et notre esprit , nous arrivons à regarder avec une profonde indifférence les biens comme les maux de cette vie, à ne pas nous enivrer des uns ni nous affliger des autres , et à conserver toujours cette sérénité d'Ame (àrApa^îa), qui est le vrai bonheur. Sans être fidèle à ses propres principes^ Timon pouvait admettre, selon le témoignage de Sextus {Adv, Mathem., lib. xi, c. 20) , qu'il y a quel* que chose de divin et de bon qui existe éternellement et qui donne à notre vie sa régularité ; car,'pour lui, ce n'était qu'une opinion fondée, comme toutes les autres, sur l'apparence. Quant à la part qui revient à Timon dans l'invention des ircfes ou des dix arguments sur lesquels se fondait le scepticisme ancien , il serait difficile de la déterminer en l'absence de tout document positif.
On peut consulter sur Timon : Diogène Laerce, liv. ix, ad fin. — Sextus Ëmpiricus , Adversus Mathematicos, lib. xi, c. 20. — Eusèbe, Prœparai, evangel», lib. xnr, c. 18. — Henri EsUenne, Poeiis philo^ iophica, in-S"", Paris, 1573. — J.-F. Langheinrich, Dissertationei d$ Timonis vita^ doctrina, scriptit, in-4^, Leipzig, 1720^21. — Brunck^ De Timone sillographo, t. xi, p. 67 de ses Analecta» — F. Paul, D$ gylliê Grœcorum, in-8% Berlin, 1821.
TINDAL (Matthieu), si célèbre par les citations de Toltaire et les récriminations qu'elles ont provoquées, était le fils d'un ministre an* glican et naquit en 1656 à Beensferry (Devonshire). Sa jeunesse ne ftit pas sans orages , et après avoir pris à l'université d'Oxford ses degrés en droit , il en vint à préférer pour quelque temps la carrière militaire. Un moment aussi on le trouve professant le catholicisme; mais bientAt sa foi nouvelle faiblit devant des objections qu'il regarde comme insHK lubies. Cependant il pe se montra pas immédiatement incrédule ; il passa par degrés de l'hostilité contre la puissance ecclésiastique à l'hostilité contre la révélation. Son Essai sur Vobéisianee auso powooirs nh prêmsi et sur h devoir des s^ets dans tautes lee révelufiens (essai 4^1