‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 3)Chapitre 54 sur 101 · TINDAL · texte numérisé non relu

TINDAL

date de 169i) , et diverses autres publications sur les évjénements du jour , décèlent surtout le publioiste , et sa théologie ne s^ glisse que par occasion. Une pension de 200 liv. st. (5,000 fr.) fut la récompense de ses premiers travaux , et il en jouit jusqu'à sa mort , en 1733. Tindal , dans tous ^es débats , s'était prononcé comme défenseur de la toute-puissance de FEtat , en même temps que comme orangiste. Animé par les objections, non-seulement il agrandit sa thèse, mais il rétablit sur un autre terrain , lorsqu'en 1706 il donna les JDroits de l'Eglise ehrétienne défendus contre les prêtres romains et contre tous Us autres qui prétendent à un pouvoir indépendant. C'était au temps de la reine Anne. L'ouvrage fit un bruit immense. L'Eglise anglicane , la haute Eglise surtout , s'émut encore plus que la minorité catholique ; les réfutations abondèrent. Les tribunaux brûlèrent le livre. On rechercha , on poursuivit Tindal , malgré le soin qu'il avait eu de conservef l'anonyme. Il disparut pendant un temps et alla faire imprimer en Hollande , en le qualifiant de seconde partie de l'ouvrage condamné , le Traité des fausses Eglises^ bien plus agressif encore. L'avènement de la maison d'Hanovre rendit Tindal à sa patrie. Soit circonspection , soit qu'il amassât des matériaux pour l'œuvre finale qu'il médilait, il resta longtemps muet : il était plus que septuagénaire quand enfin parut la première partie de son Christianisme aussi ancien que te monde, in-4% Londres, 1730. La deuxième partie, quoique terminée très-peu de temps après, n'a jamais vu le jour, l'évéque de Londres, Gibson , en ayant fait interdire la publication , et les légataires de l'auteur n'ayant pas tenté la lutte contre le prélat. — Si l'on en excepte Spinoza et Bessuet , pas un écrivain , à l'époque où parurent les Droits de V Eglise défendus contre les prêtres romains , n'avait traité les matières théologico-politiques avec autant de hardiesse de logique que Tindal. C'est dans le Lucii Antistii Constantis de jure ecclesiastieorum, de L. Meyer, qu'il avait trouvé le principe sur lequel repose toute sa doctrine ; mais il se l'appropria par la manière dont il sut le développer et le défendre. Ce .principe, c'est l'indépendance religieuse. L'indépendance religieuse est-elle un droit ? et en quoi consiste ce droit? en d'autres termes, quelles sont la nature, les formes, les limites de l'indépendance religieuse ? Deux propositions résument la pensée de Tindal sur tous ces points : 1"" La pensée religieuse (vraiment religieuse , c'est-à-dire qui ne froisse ni la morale ni Tordre public) est indépendante; 2'' mais elle n'est qu'indépendante , c'est-àdire qu'elle ne doit pas devenir pouvoir public. A ses yeux , non-seulement la coexistence de ce qu'on appelle les deux puissances , la civile et l'ecclésiastique, est une cause permanente de tiraillements et de troubles , mais Texistence de la deuxième comme élément politique n'a pas de base rationnelle. Si l'intolérance est un attentat aux libertés que l'homme garde dans l'état de société politique, l'immixtion des ministres du culte, en tant que ministres du culte, au gouvernement général, va contre les bases de l'organisation politique. Pour le démontrer, Tindal recherche en quoi consiste la légitimité des gouvernements et quels droits naturels restent aux gouvernés. Nous ne le suivrons pas dans ses développements. Notons trois points cependant. 1** Comme base de légitimité > après avoir élagué le droit divin et iç

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