‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 3)Chapitre 55 sur 101 · TINDAL · texte numérisé non relu

TINDAL

droit (le conquête , il n'adopte qae le consentement explicite ou implicile , ou du uioins Tacquiesceinent raisonnablement présumé des sujets 'y et s'il ne prononce pas le mot contrai social, évidemment il ne manque que )e mot, l'idée en ressort de la façon la plus nette. S« Admettant , sans hésiter^ que Tinstitution gouvernementale modifie et limite les droits naturels, il prouve pourtant qu'après cela il reste encore aux droits naturels (qu'il appelle Fëtat dénature) un domaine bien plus vaste qu'on ne le croit communément. D'une part^ en effet , ces droits subsistent entiers de nation à nation; de l'autre, an sein même d'une seule société , ils subsistent pour tous les cas d'urgence et pour toutes les choses qui se peuvent sans offenser autrui. Le magistrat n'a pas droit de punir pour des choses indifférentes; il n'a le droit de gêner les citoyens ni dans la pensée religieuse ni dans la manifestation non offensante de cette pensée : il y a plus, il a le devoir de les protéger contre qui voudrait les gêner par des peines et par des récompenses à propos d'opinion religieuse. Celles-ci n'engendrent qu'hypocrisie ou mollesse de conscience ; celles-là i^onduisent à des violences qui têt on tard forcent les opprimés à des prises d'armes; et ceux qui prêchent la persécution ne sont pas moins à punir que ceux qui prêcheraient le vol et le meurtre. S"" Autre chose est la discipline ecclésiastique, autre chose est la puissance ecclésiastique. Que chaque Eglise se gouverne , que chaque Eglise se protège; mais que nulle n'opprime les autres, que nulle ne gouverne, soit autrui, soit l'Etat; en un mot, que nulle ne soit corégente, fût-elle la seule. On le voit , les principes qui tendent de plus en plus à régner aujourd'hui ne sont que ceux de Tindal, avec quelques adoucissements et quelques réserves. Ce n'est pas Tindifférence religieuse qu'il recommande aux individus, c'est l'impartialité religieuse qu'il recommande aux gouvernements. On a prétendu que ses doctrines étaient subversives du pouvoir. Ainsi, Guillaume III ^ ueorges I''',^ auraient pensionné un anarchiste! On sent trop qu'il n'en est rien, et qu'au contraire Tindal abonde peut-être un peu dans le sens du pouvoir. On veut enfin que c'ait été lâcheté à lui de combattre les doctrines catholiques : le fait est qu'il combat toute Eglise intolérante et ambitieuse du pouvoir politique; maison Angleterre, et après la catastrophe des Stuarts , c'est sur l'anglicanisme surtout que portaient ses coups : les prélats, à cette époque, ne s'y trompèrent pas; et Swift, ici leur organe , reprochait à Tindal d'avoir puisé ses idées dans le catholicisme. Au total donc, en improuvant et les Eglises dominantes, et l'intolérance, et le système des peines et des primes appliqué aux opinions religieuses, le publiciste, loin de se montrer lâche , faisait un acte de courage dont le catholicisme pouvait lui sa voi r q uelque gré. — -Quant au Christianùme aussi ancien que le monde (in-i®, Londres, 1730) , ici ce n'est plus aux passions et aux prétentions des Eglises chrétiennes, c'est au christianismô même que s'attaque Tindal. Il n'y voit qu'un développement naturel de la loi naturelle qui existe de toute éternité. Selon lui, le christianisme n'est divin que comme la loi naturelle est, divine ; nulle révélation spéciale ne l'a produit et mis au monde, car non-seulement la révélation est impossible, elle est inutile. Les objections de Tindal contre la révélation chrétienne ont été combattues par les Leland, les Forster et d'autres savants théologiens de

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TEglise anglicane. On pourra consnlter sur Tindal , Tabaraad, HUtaire du philoiophistne anglais, 2 vol. in-8°, Paris, 1806. Yal. P.

TITTMANNT (Jean-Augaste-Henri), né en 1773, à Langenzalsa, mort à Leipzig en 1831 , s'est principalement signalé comme théologien. Il enseignait la théologie à Toniversité de Leipzig , et a publié sar cette matière beaucoup d'ouvrages très-estimés en Allemagne ; mais il s'est signalé aussi par quelques écrits philosophiques ou moitié philosophiques, moitié Ihéologiqaes, dont voici les titres : De contensu philoiophorum veterum in tummo bono definiendo, in-i"*, Leipzig, 1793 1 — Esquisse de la logique élémentaire, avec une introduction à la philosophie, in-8*, ib.^ 1795 j — Num religio revelata omnibus omnium iemporum homintbus accommodata esse possit? in-4''^ ib., 1796 ; — Résultats de la philosophie critique, principalement en ce qui eon^* esmê la religion et la révélation, in-8% ib. , 1799; — Théoclès, dialogue sur la croyance en Dieu, in-8^9 ib. , 1799 ; — Idées pour servir à une apologie de la foi, in-8^, ib., 1799 ; — Théon, dialogue sur fioi espérances après la mort, in-8^9 ib. , 1801; — du Supernatura* lisme, du rationalisme et de Vathéisme, in-8% ib. y 1816. Tous ces écrits, à l'exception du premier et du troisiàme, sont rédigés en aile* mand. X*

TOFAIL (ou Abou-Becr Mohammed ben-Abd-al-Hélio Ibn-Tofiïi. al-Kéisi) , un des philosophes les plus remarquables parmi les Arabes d'Espagne , naquit , probablement dans les premières années du XII* siècle, à Wadi'YAsch, petite ville d'Andalousie (maintenant Guadiœ). Disciple de Tillustre Ibn-BAdja {Voyez ce nom), il se rendit célèbre comme médecin^ mathématicien , philosophe et poëte, et fut en grand honneur à la cour des Almohades. Il était attaché comme vizir et médecin à la personne d'Abou-Yaakoub-Yousouf , second roi de cette dynastie (qui régnait de 1168 à 1184)^ et ce souverain l'honorait de son intimité. Selon Ibn-al-Khattb , le célèbre historien de Grenade (du XIV* siècle) , Tofaïl aurait professé la médecine dans cette ville et aurait écrit deux volumes sur cette science; le même auteur cite plusieurs de ses poëmes. Un autre historien du xiii« siècle, Abd-al- Wfthid, de Maroc, qui avait connu le fils de Tofaïl, rapporte quelques détails curieux sur la liaison intime qui existait entre notre philosophe et le roi Yousouf , et atteste avoir vu de lui des ouvrages sur plusieurs branches de la philosophie, et notamment le manuscrit autographe d'un traité sur l'âme. Tofaïl profita de son intimité avec le roi Yousouf pour attirer à la cour les savants les plus illustres, et ce fut lui qui présenta au roi le célèbre Averrhoès {Voyez Ibn-Roschd). Le roi ayant un jour exprimé le désir qu'un savant versé dans les œuvres d'Aristote en présentât une analyse raisonnée et claire, Tofaïl engagea Averrhoès à entreprendre ce travail , ajoutant que son âge avancé et ses nombreuses occupations l'empêchaient de s'en charger lui-même. Averrhoès y consentit, et composa les Analyses que nous possédons encore. Tofaïl mourut à Maroc en 1185; la roi Yaakoub, surnommé Al-Mansour, qui était monté sur le trône l'année précédente, assista à sas funérailles.

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