TOFAIL
Tel est le petit nombre de détails authentiques que noos avons pa recueillir sur la vie de Tofall , et que nous substituons aux bbles de Léon Africain , reproduites par Brucker (Historia eritiea fhihmphia , t. III 9 p. 95 et suiv.)'
Quant aux ouvrages dlbn-Tofaïl , il ne bous en reste qu'un seq} dont nous parlerons tout à Fheure. Outre les écrits déjà mentionnés plus haut^ Casiri {Biblioik. Arab. Hi$p. Eseur., t. i^'i» p« 203) parle d'un ouvrage intitulé : Mystères ds la sagesse orientale, qui est peutrètre iden^ tique avec le traité de Tàme ou avec le traité de philosophie dont neus parlerons. Ibn-Abi-Océibia , dans la Vie d'Anerrhols, parle d'écrits échangés entre celui-ci et Tofaïl sur divers sujets de médecine. Averrhoès lui-même, dans son commentaire moyen sur le* traité desmé^ téores (liv. ii), en pariant des zones de la terre et des lieux habitables et non habitables y cite un traité que son ami Tofaïl avait composé sur cette matière. Dans son commentaire moyen (inédit) sur la métaphysi-<que (liv. xii), Averrhoès, en attaquant les hypothèse^ de Ptolémée re*latives aux excentriques et aux épicycles , dit que Tofaïl possédait sur cette matière d'excellentes théories dont on pourrait tirer grand profit; ce qui prouve que Tofaïl avait fait des études profondes sur Tastrono» mie de son temps. C'est dans le même sens qu'Abou-Ishâk al-Bitrôdji (Alpetragius) parle de son maître Tofaïl ; dans Tintroduction de son traité d'astronomie , où il cherche à substituer d'autres hypothèses à celles de Ptolémée, il s'exprime ainsi : « Tu sais, mon frère, que l'illustre kâdhi Abou-Becr»Ibn<'Tofaïl nous disait qu'il avait trouvé un système astronomique et des principes pour ces différents mouvements, autres que les principes qu'a posés Ptolémée et sans admettre ni excentrique ni épicycle; et avec ce système, disait-il, tous ces mouvements sont avérés et il n'en résulte rien de faux. Il avait aussi promis d'écrire làdessus, et son rang élevé dans la science est connu. »
Mais l'ouvrage qui a illustré parmi nous le nom de Tofaïl est un traité où la philosophie de l'époque est présentée sous une forme nouvelle et originale, et qu'on a qualifié de Rotnan philosophique. Tofaïl, à ce qu'il paraît, appartenait à cette classe de philosophes contemplatifs que les Arabes désignaient par le nom d'hchrâkiyyim, ou partisans d'une certaine philosophie orientale , et dont nous avons parlé dans un autre endroit (Voyez le t. i**' de ce Recueil, p. 177); il cherchait à résoudre à sa manière un problème qui préoccupait beaucoup les philosophes musulmans, celui de la conjonction ou de l'union de Thomme avec Vintellect actif et avec Dieu {ubi supra, p. 173, 174). Peu satisfait de la solution de GazAli, qui n'a d'antre base qu'une certaine exaltation mystique, il suivit les traces de son mattre Ibn-Bâdja {Voyez ce nom) , et montra comme lui le développement successif des notiops de l'intelligence dans l'homme solitaire , libre des préoccupations de la société et de son influence; mais il voulut
f)résenter un solitaire qui n'aurait jamais subi cette influence et dans equel la raison se serait éveillée d'elle-même , et arrivée successivement, par son propre travail et par l'impulsion venant de l'intellect actif, à rintelligenoe des secrets de la nature et des plus hantes questions métaphysiques. C'est là ce qu'il a essayé dans son célèbre traité qui porte le nom de Hmf'IhihliMhân, nom aUégoriqne donné au