‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 3)Chapitre 6 sur 101 · SIMON · texte numérisé non relu

SIMON

SIMON d'Athènes 5 nous dit Diogène Laërce (liv. ii, § 122)^ était nn cordonnier. Comme Socrate allait quelquefois converser dans sa boutique, Simon prenait note de ce qu'il retenait de ces entretiens y et c^est ainsi qu'il devint capable d'écrire des Dialogues socratiques. On lui en attribuait trente-trois y dont Diogène nous a conservé les titres. Les sujets en sont très- variés. Morale, critique , grammaire , rhétoriqift y etc., presque toutes les parties de la science philosophique y figurent. On a pensé longtemps que tous ces dialogues étaient perdus ; mais un très-habile nhilologue, M. A. Bœckh, a cru en reconnaître quatre {Sur le juste. Sur la vertu. Sur la loi. Sur Vamour du gain) parmi les dialogues apocryphes qui se trouygnt dans la collection des œuvres de Platon , et il a rassemblé , à l'appui'de sa conjecture, un grand nombre d'arguments spécieux, sinon décisifs. Si l'opinion de M. Bœckh était admise, nous aurions dans ces quatre dialogues, malgré leur peu de mérite, un témoignage intéressant de la popularité des enseignements de' Socrate à Athènes , et de Télégance qui avait pénétré jusqu'aux derniers rangs de la société athénienne. Diogène Laërce voudrait , eu outre , que Simon eût donné le premier exemple de ces dialogues , assertion très-invraisemblable. Il ajoute que Périclès ayant offert à Simon un asile dans sa propre maison , le cordonnier philosophe refusa cette offre généreuse pour garder sa liberté. Voir pour plus de détail : A. Bœckh : In Platonis qui vulgo fertur Minoeii (c'est le dialogue Sur la loi, où se trouve une assez longue digression sur Minos) , ^jti^^/eifique libros priôres de legihus comment, (Halle, 1806); et : Simonis SO" eratiei, ut videtur, dtalogi quatuor,,,, Additi sunt incerti auctoris dialogi Eryxias etAxiochus, grœca recensuit etprœf. critieamprœmisit A. Bœckh (Heidelberg, 1810.) E. E.

SmONIDE, un des plus grands poètes lyriques de la Grèce, naquit dans l'Ile de Céos , la troisième année de la 55* olympiade, on Tan 558 avant Tère chrétienne. Sa sagesse ne le rendit pas moins célèbre dans l'antiquité que son talent poétique; et, bien qu'il ne nous reste de lui aucun ouvrage entier, mais seulement des fragments, les citations nombreuses qu'en rapportent les auteurs anciens , les mots qu'on lui attribue , et même certaines anecdotes ou légendes qui se rattachent à sa vie , présentent un caractère de réflexion et une élévation de pensée qui nous autorisent à lui donner une place dans ce Dictionnaire. Nous nous appuierons, d'ailleurs, sur ce mot de Cicéron, qui l'appelle {De nat, deorum, lib. i, c. 22) non iantum suavis poeta , sed dodus sapiensque : « non-seulement un charmant poêle , mais un savant et un sage. »

Né d'une famille pauvre^ Simonide^ encore jeune, se mit à parcourir les villes de l'Asie Mineure pour tirer parti de ses talents ; puis il vint à Athènes*, où il obtint la faveur d'Hipparque , fils et successeur de Pisistrale , et qui, à l'exemple de son père , tachait de se faire pardonner son usurpation par la douceur de son gouvernement et par la firoteclion qu'il accordait aux lettres. Hipparque ayant succombé sous es coups d'Harmodius et d'Aristogiton , Simonide se retira auprès d'Alevas, roi de Thessalie, qui cherchait depuis quelque temps à l'attirer à sa cour. C'est à cette époque de sa vie qu'il faut placer l'aven-

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