‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 3)Chapitre 7 sur 101 · SIMONIDE · texte numérisé non relu

SIMONIDE

tare merveillense, dont Phèdre a tiré la foble de Simonidepréiervépar les dieux, qae Cicéron raconte d'aillears avec détail dans le second livre de VQrateur. Un passage du Protagoras de Platon nous apprend, en outre, que le poëme, ou ode agonUtique, don( il s'agit, avait été composé en rhonneur de Scopas , fils de Créon le Thessalien.

A ce même fait Cicéron rattache Tinvenlion de la mémoire artificielle, dont plusieurs autres auteurs font également honneur à Simonide. En effet, Scopas et ses convives ayant été écrasés sous les raines de la salle du banquet , furent tellement défigurés qu'on ne pouvait les distinguer les uns des autres. Cependant il importait de les reconnaître pour que les honneurs funèbres pussent être rendus à chaque mort par sa famille. Simonide se souvint de la place que chacun des conviés occupait, et par là il put indiquer aux parents les corps de leurs proches. Mais ce qui importe ici, c'est la réflexion que Cicéron prête à Simonide : il remarqua « que c'est l'ordre surtout qui éclaire la mémoire de sa lumière, » f}rdinem esse maocime qui memoriœ lumen afferret, et, par la suite, il inventa ce procédé de mnémonique locale, qui consiste à associer l'idée des choses au souvenir des lieux qui s'y rattachent.

Simonide étant revenu à Athènes, après la chule et l'exil d'Hippias, et trouvant le peuple occupé à rendre de grands honneurs aux meurtriers d'Hipparque, les célébra à son tour dans des vers, dont deux seulement nous sont restés. Plus tard , il chanta les événements mémorables qu'amenèrent les invasions de Darius et de Xerxès. Deux ans après la bataille de Marathon, il remporta le prix de l'élégie sur Eschyle, dans un sujet favorable à son rival, car c'était l'éloge des guerriers morts à Marathon, combat auquel Eschyle avait pris luimême une part glorieuse. Il consacra plusieurs chants à la gloire des Spartiates morts aux Thermopyles ; il célébra en vers élégiaques le combat d'Ârtémisium , et en vers lyriques la victoire de Salamine. Il ne nous en reste que des fragments. Les témoignages des anciens sur son mérite, comme poète, sont unanimes. Sans parler de Catulle (épigr. 39), qui, dans le genre pathétique, ne trouve rien de plus touchant que les larmes de Simonide, mœstius lacrymis Simonideis; ni d'Horace, qui, pour désigner des muses plaintives, rappelle celle de Simonide, Ceœmuneranœniœ, Denys d'Halicarnasse s'exprime ainsi ! a Observez, dans Simonide, le choix des mots et l'exactitude de la construction; en outre, une qualité par laquelle il se montre supérieur même à Pindare , le don d'émouvoir et d'attendrir, non par la pompe et la magnificence , mais par nn mérite qui lui est propre , le pathétique. » Qnintilien [Instiu orat. , llv. x, c. 1), après avoir vanté aussi la propriété du langage, la simplicité et la grftce du style, ajoute : «Sa qualité principale est dans le don d'attendrir et d'exciter la pitié; en ce genre, on le préfère à tous ses rivaux. » En effet , parmi ses poésies, les plus célèbres étaient celles qu'on désignait sous le nom de Lamen^ talions, e^^vot . Entre les fragments trop rares et trop courts qui sont venus jusqu'à nous, il suffit de citer Padmirable élégie sur Danaé, tout Incomplète qu'elle soit, pour légitimer nos regrets sur tant de cheCsd'œuvre peraus.

Non-seulement les vainqueurs dans les jeux publics ambitionnaient

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