‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 11 sur 91 · PHILOSTRATE · texte numérisé non relu

PHILOSTRATE

Us; ce sont les partis, au contraire, qui seront forcés de s'élever à la hauteur de ses principes; die leur rendra la dignité, l'autorité, la conviction qu'ils ont perdues, on du moins qu'ils ont gravement compromises. »

PHILOSTRATE. Il y a quatre personnages de ce nom qui figurent dans l'histoire de la philosophie, mais dont aucun n'est réellement philosophe.

Le premier des quatre, Philostrate l'Egyptien , vécut à la cour de Gléopâtre et y philosophait avec cette princesse dans le sens du platonisme, tel que l'avaient fait les chefs de la troisième Académie. PIutarque rapporte (Vie d'Antoine, c. 80) qu'il s'ingérait dans l'Académie d'une manière qui ne convenait pas; ce qui vent dire, sans doute, qu'il était un sophiste d'one éloquence facile et prompte, mais non pas un penseur digne de l'école à laquelle il s'associait dans son ambition. Son homonyme le traite assez mal dans ses Vies des sophistes. César le distinguait, sans l'honorer toutefois , à l'instar de son maître Arius, et Caton le Jeune lui donnait la place d'honneur lorsque la révolution accomplie en Egypte eut fait choisir au sophiste le séjour de la Sicile (Plutarque, Cato Minor , c. 57). Il n'a pas laissé d'écrits. Dans ses discours il affectait le langage orné et pompeux du panégyrique (VUœ sophist.,\\b. i,c. 5).

Des trois autres Philostrate , tous de l'époque des Antonins et tous nés dans l'Ile de Lemnos, le premier, fils de Vérus, enseigna dans Athènes, vers la fin du second siècle, non pas la philosophie, mais l'art de la parole , beaucoup plus recherché , et qui valait à ceux qui en faisaient métier le titre, alors très-honorable, de sophiste. Philostrate, fils de Vérus , brilla surtout dans le discours solennel, le xrfjoç iravïrpjpixrfç, qu'on prononçait aux fêtes d'Olympie, de Delphes et d'Eleusis , aux Panathénées et aux Panionies. Il en composa un grand nombre , dit Suidas, ainsi que divers traités de rhétorique, quarantetrois tragédies et quatorze comédies , toutes œuvres perdues pour nous.

Le second des trois autres Philostrate, le fils du précédent, distingué par le surnom de Flavius, et quelquefois par celui d'Athénien (et même par celui de Ty ri en, qui atteste qu'on le confondait avec un grammairien de ce nom) , fut le plus illustre des trois. Elève ou auditeur de Proclus de Naucratis , de Damien d'Ephèse et d'Hippodrome de Larisse, il professa d'abord dans Athènes, comme avait fait son père^ puis il alla chercher fortune à Rome, où se rendaient alors tous les docteurs ambitieux, grecs et juifs, chrétiens orthodoxes et chefs de l'hérésie. Philostrate s'y rattacha au cercle, dit-il, de l'impératrice Julia Domna, polythéiste dévote, un peu lettrée, tolérante, bienveillante même pour d'autres cultes, comme le fut son mari Alexandre Sévère, qui avait dans son lavarium les images d'Abraham et de Jésus- Christ avec celles d'Orphée et d'Apollonius de Tyane. Ce fut sur l'invitation de cette princesse, qui lisait sur la vie d'Apollonius les mémoires mal écrits de Damis, un des principaux disciples du fameux pythagoricien, que Philostrate écrivit sur ce personnage l'œuvre qu'il n'acheva que Tan 217 et que Domna ne connut pas en entier. Son travail, un des documents les plus curieux de l'époque, est moins une biographie

Page 1