PHILOSTRATE
qu'un panégyrique ; c'est la glorification de la vie pythagoricienne dont Apollonius de Tyane fut en son temps le type le plus parfait , et il est d'une singulière importance pour l'histoire de cet ascétisme théurgique , qui prit au sein du polythéisme en décadence la place de la spéculation ou de la métaphysique. Il est non-seulement plein d'erreurs , mais il se complaît en anachronismes calculés , en récits d'événements inadmissibles , de merveilles ouvertement fabuleuses, de conversations faites à loisir et de discussions manifestement grecques entre des personnages appartenant à des sanctuaires ou à des contrées de l'Orient où les mœurs et les idées de la Grèce étaient complètement inconnues. Il n'a pourtant pas été fait dans les desseins qu'on prête à Pbilostrate : en effet, dès le ive siècle, on lui supposa l'intention de faire, non pas une parodie ni une imitation , mais une réfutation indirecte, éclatante de la vie de Jésus-Christ, de ses miracles et de son enseignement. Cette hypothèse, renouvelée de nos jours, est encore dans le commerce de la littérature même sérieuse. Elle n'a aucun fondement dans l'œuvre de Philostrate, qui ne fait pas une seule allusion de ce genre. Seulement, il est vrai que Hieroclès opposa, d'après ce livre, l'autorité d'Apollonius de Tyane à celle du chef des apôtres, ce qui provoqua de la part d'Eusèbe une réfutation dont l'écho se répéta dans Lactance, saint Cyrille, saint Chrysostôme et Isidore de Péluse. Hieroclès lui-même était trop instruit pour se tromper sur la valeur réelle du témoignage de Pbilostrate; mais, adversaire passionné du christianisme , il admettait ce que lui livrait la tradition polythéiste embellie- par les soins d'un rhéteur. C'est là ce qu'est Philostrate; il n'est ni philosophe ni historien , si ingénieux qu'il se montre dans l'arrangement des élégances oratoires et dans l'imitation des beautés de Thucydide ou d'Hérodote. Sur ce point, celui d'une constante reproduction de ce que ses lectures lui ont fourni de plus classique, toutes ses pages se ressemblent, mais rien n'y avance la philosophie proprement dite. Ses Vies des sophistes intéressent davantage l'histoire des lettres et celle des mœurs. Eunape a plus tard compris également, sous le titre de sophistes, des hommes qui tenaient réellement aux écoles philosophiques; les sophistes de Philostrate ne sont pas, en majorité, de ce nombre; ce sont d'abord Eudoxe , Carnéade , Philostrate l'Egyptien et Phavorinus d'Arles ; ce sont ensuite les fameux dialecticiens de l'ancienne époque , celle de Socrate et les orateurs altiques, moins Démosthène, et enfin des rhéteurs de l'ère romaine. On voit par cette énumération ce qui regarde la philosophie. Les Tableaux (Ktxoveç) de Philostrale n'ont d'importance que pour l'histoire de l'art ou l'histoire de l'esthétique des anciens. Ce sont des descriptions ( éxcppàaei;) faites avec beaucoup d'habileté et d'élégance d'une galerie de tableaux que le sophiste visite dans un faubourg de Naples , avec ses disciples et un enfant de dix ans, celui de son hôte auquel il adresse ces explications. Aujourd'hui , partagée en douze livres, cette composition Tétait probablement en quatre autrefois. Ecrivain exercé et profond , Philostrate composa encore des Héroïques ou des récits sur les héros du cycle homérique , avec des appréciations morales des caractères admis ou crées par le poète; des Méditations (MtXrrai) qui se sont perdues, et
tisj ce sont les partis, au cor/ t, soixanlc.fîl:al0!Z? d-cne
hauteur de ses principes; cIk *l Entretiens '{**&•* dont
viction qu ils ont perdues . * vs (lans quHquos discours que
m,ses# * houclie de ce personnage. l"n
rmijua i ma i • !IX qu) méritent moins l'atteii'ion.
rent dans l'histoire .' ,< Snphhtes de Philoslrate, M. Kay-
ment philosopha v.jïïi le morceau qui figure dans les
Le premier d<4 ,,;.. \cron, ou du Percement de l'isthme.
Cléopàtre et y • ' , puMit; jos fj^llcrw complètes de Philo-
nisme, tel n< . ...,< ^ i008j à Leipzig , 1709. — M. Boisso-
tarque raj-**" ... édition des Héroïques et des Lettres, Paris,
dune m:11* , , Weleker ont publié a Leipzig , <n 1826, une
0,a^ u uaire, archéologique surtout, de;", Tableaux de
' l pp,i - v-i.Mt'rf de Callistrale, ouvrages dont M. Kayser,
M ' <. tàurres complètes de Philostrate, a publié aussi
a.o i Zurich , en 1844.
^ irois Philostrate de l'époque romaine , petit-fils du % .unie et cité de lui, prononça son premier discours . . ^e de vingt-deux ans , obtint de Caracalla la franchise Nu\ ans après, et marcha sur les traces de son grand-père . .i professant comme lui dans Athènes et en décrivant ou . Ion tableaux comme lui , mais avec moins de talent. „\e dans le cinquième volume de la Bibliothèque grecque de % ..> Maries les autres personnages du nom de Philostrate, qui . a:;«;ors à l'objet de notre travail. Ceux moine dont nous venons „ .». a n'ont d'importance que pour l'histoire de la philosophie et .v.h vvl'ui't. J. M.
l*HOHMIOX. Il a existé deux philosophes de ce nom : l'un plavMUieu, que Platon, dont il était le disciple immédiat, envoya, dil- »n. » Klee , sur la demande de celte ville, pour lui donner une constiiuivn conforme aux principes de la Rêpubliaue; l'autre péripatélicien, %\\n enseignait la philosophie à Ephèse. ou Annibal l'entendit. Mais axant voulu parler de l'art militaire devant le général africain, celui- S\ ne put lui dissimuler son mépris [Cicéron, de Oratore, lib. h, c. 18). Ou reste, nous ne savons absolument rien de ces deux obscurs philosophes. X.
ut
lanvs, l'ambition et l'astuce. Beau-frère d'Irène, sœur de l'impératrice
IVoiiu/*1» ^ devint capitaine des gardes sous Michel III, et plus tard il
fut pro»miau ran8 de gran(* éeuyer , en remplacement de Bardas, créé
i-csar. 11 i "emplit avec distinction une mission diplomatique à Bagh-
da 1 près du calife Mofawakkel. Il s'attacha ensuite au césar , alors le
vrai maître ^ l'empire sous son faible neveu j et quand Ignace fut
chassé avec violence du siège patriarcal de Constaniinople, c'est lui
qui le remplaça ?n 857. 11 était laïque pourtant six jours avant son