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élection. Reconnu par deux légats de Nicolas 1" au synode de Con- Mantinople de 861 , déposé à un autre concile tenu à Rome l'année >nivante par le pape même auquel Ignace en avait appelé, il répondit '• un contre-concile où il anathématisa le pontife à son tour , et où 'se romaine fut accusée d'hérésie ; et il se maintint aussi longtemps •ira le pouvoir de Michel 111. Mais l'avènement de Basile Ier, le la (hnastie macédonienne, lui fut fatal (867). Il fut jeté en . t le huitième concile œcuménique (ou quatrième concile de i. .:a:tln<>p;<' on 869) prononça sa déposition. Il fut rétabli néan- ;n-ilns à la mort d'Ignace, en 871 , et deux légats de Jean VIII , adhérèrent à sa réinstallation j mais Jean Vlll les désavoua, et derechef excommunia Photius, peut-être parce que le patriarche se montra plus disposé, ainsi qu'il l'avait fait espérer, à céder au saint-siége la juridiction sur l'Eglise de Bulgarie. Photius pourtant ne tomba pour la seconde fois du trône primatial que quand Léon VI fut empereur à la place de son père, en 886. Il est probable que le patriarche avait noué une trame pour donner l'empire à un de ses parents. Cinq ans après, Photius mourait dans un monastère. Le schisme dont son retour au patriarcat avait été l'occasion , ne s'éteignit pas lors de sa chute : l'on voulait à Rome que tous les évêques et tous les prêtres dont le sacre remontait à Photius se reconnussent illégitimes; et plus tard, la querelle, de personnelle qu'elle était d'abord, devint dogmatique. — Photius passait pour l'homme le plus savant de son siècle. Sa riche mémoire, son esprit étendu et souple , le mirent de bonne heure en possession de connaissances aussi variées que profondes. Lettres, sciences, jurisprudence, philosophie, théologie, il avait tout abordé. Mais c'est peutêtre encore plus par le jugement qu'il brille. Son esprit est net, solide, positif. Il va droit au fait, à l'utile; il creuse ; il n'est pas dupe des illusions, des apparences; il méprise tout charlatanisme. Généralement il voit de haut ; il est doué h un degré rare pour son temps de la faculté comparative ; il a vraiment de l'indépendance et de l'impartialité. Telles sont, du moins, les qualités qui donnent un prix tout particulier à sdn cétèbre Myriobiblon ( ou Description et dénombrement des livres lus par nous, etc.), si connu sous le nom de Bibliothèque de Photius. Enidépît de ce que semble promettre le titre Myriobiblon (10,000 volâmes), l'auteur n'y passe en revue (et il l'annonce lui-même) que deux cent soixante-dix -neuf ouvrages. Mais presque tous offrent de l'intérêt, soit sous un rapport , soit sous un autre; et quelques-uns ne ne nous sont absolument connus que par l'analyse de Photius. Ces ouvrages (tous en prose, sauf trois) appartiennent à peu près à tous les genres de littérature : orateurs, historiens, romanciers, grammairiens; philologues, médecins, théologiens, naturalistes, passent lotir à tour, et du reste sans ordre, sous nos yeux. Les philosophes n'ont point été oubliés dans cette vaste galerie; et s'il est vrai qu'on pourrait en désirer un plus grand nombre , il faut avouer que l'auteur aurait dépassé la proportion, en leur accordant une place pins considérable. Parmi les écrits sur lesquels il esta peu près le seul à nous donner des renseignements dfe quelque valeur ou de quelque étendue, il faut placer au premier rang la Théologie arithmétique de Nicomaque de Gérasc (§ 187), et les Pyrrhonia d'^Bnésidème (§ 212). Il est des plus sévères pour le