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premier ; et il ne balance pas à regarder comme temps perdu celui qu'on passe à élaborer , à étudier de semblables théories. Et cependant, il en convient, il faut un savoir profond , il faut l'habitude de la géométrie et de toutes les mathématiques pour suivre les raisonnements de l'écrivain. Sans prétendre en démontrer méthodiquement l'absurdité, il s'attache surtout à en faire voir l'arbitraire et les contradictions auxquelles se laisse entraîner le philosophe théologien de Gérase à l'égard de ces pauvres nombres , qu'il augmente ou diminue , qu'il multiplie ou divise, qu'il torture, en un mot, pour les transfigurer en divinités. L'analyse qui suit est vraiment une révélation ; et sans le compte rendu de Photius, ou nous ignorerions absolument, ou nous saurions bien mal à quel point les pythagoriciens des derniers âges prirent au sérieux et au pied de la lettre la parole fort ambiguë du mattre, que l'univers est créé par les nombres, et quel dé* veloppement ils donnèrent à ce principe. L'article sur JSnésidème n'est pas moins fondamental. Ce n'est pas simplement une table des matières : on y saisit parfaitement et la manière et le fil des raisonnements d'jEnésidème. On y voit le doute se produire sous toutes ses faces et s'attaquer successivement à la sensation, aux objets de la sensation, ou aux phénomènes du monde extérieur, aux idées morales , à la notion de cause. Il est vrai que vers la fin de l'analyse , ce septicisme semble prendre une forme dogmatique. Mais il est incontestable que cette apparence tient à la concision de l'écrivain byzantin, qui , après ce qu'il a dit en commençant, ne suppose plus qu'il soit possible de s'y tromper. Nul doute, d'ailleurs, que si jEnésidème avait été infidèle à son principe au point de nier tout simplement au lieu de rester dans l'incertitude, Photius, très-habile dialecticien, et qui se plaît à opposer un auteur à lui-même, n'eût relevé la contradiction. Le compte rendu d'iEnésidème «st précédé immédiatement d'un morceau curieux : c'est la table des cinquante ou cent chapitres d'un ouvrage de physiologie et de médecine intitulé Dictyaques, et dont l'auteur se nommait Denys d'Egée. Nous mentionnerons encore comme intéressants : 1° l'aperça malheureusement trop court qu'il nous donne du traité Qu'est-ce que l'univers (n*pl t*k -boO *<xvto; ouata;), parle prêtre Joseph (ou Calus? ) ; 2° son extrait d'un anonyme sur Py thagore et les dogmes des pythagoriciens; 3° ses analyses de la Vie d'Apollonius de Tyane, par Philostrate , et de celle d'Isidore, par Marinus. Quoique nous possédions Fun et l'autre ouvrage, on aime à connaître l'impression de Photius, tant sur les héros que sur les biographes ; il caractérise surtout de main de maître le style de Damascius. On voit encore figurer dans le Myriobiblon, Théophraste , dont il cite textuellement divers morceaux d'histoire naturelle ; les Hypotyposes de saint Clément d'Alexandrie, pour lequel il est très-rigoureux, mais dont il nous fait regretter sans le vouloir, l'ouvrage perdu; la Chrestomathie de Proclus; les trois ouvrages de Jean Lydus; les Principes et le Labyrinthe d'Origène. Nous ne parlons pas de Themistius et de Libanus, tous deux sophistes, mais qu'il ne considère que comme orateurs.
Le Myriobiblon a été publié en grec par Hœsscheli, in-f», Augsboorg, 1601 ; puis, grec-latin (traduction de Schott), aussi in-f% à Genève, en 1611, et à Rouen, en 1653; M. Bekker l'a donné de nou-