C. Bs
PICCART (Michel), né à Altdorf , en 1574, mort le 3 juillet 162». a beaucoup écrit et sur divers sujets. De ses nombreux ouvrages, nous n'avons à mentionner ici que : Isagoge in lectionem Aristotelis, hae est hypotyposis totius philosophiœ Aristotelis, in-8°, Nuremberg, 1605 ;
— In politicos ArUtotelis libros commentarii , in-8°, Leipzig, 1615; —7 Disputationes philosophicœ et Orationes, in-8°, Nuremberg, 1644;
— Ob*ervationum historico-politicarum décades posthumes, in -8*, ib. , 1621 et 162'*. Dans la préface de sa traduction de la Politique d'Aristole, M. Barthélémy Saint-Hilaire place les Commentaires de Michel Piccart au-dessus de ceux de Mélanchthon, de Lefèvre d'Etaples et de Camerarius. Quant au traité qui a pour second titré Hypotyposis totius philosophiœ Aristotelis, ce n'est pas, comme on pourrait le supposer, une exposition sommaire des divers ouvrages qui portent le nom d'Aristote, mais une dissertation assez étendue sur l'ordre dans lequel ces ouvrages doivent être classés et sur la matière qu'ils ont pour objet. Michel Piccart avait l'intelligence ouverte aux questions philosophiques, et il s'est principalement occupé de philo* sophie morale. B. H.
PICCOLOMINI (Alexandre), un des plus éloquents professent* de l'université de Padoue au xvie siècle , s'est particulièrement distingué en Irai i an t le premier les matières philosophiques et scientifiques en langue commune. 11 appartenait à l'illustre famille qui a fourni eu samt-siége Pie II et Pie III , et était né à Sienne en 1508. C'était
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non-seulement un savant universel , on érudit émisent , un habile mathématicien , mais un poëte agréable, imitateur de Virgile et d'Ovide, et auteur comique fort goûté en son temps. Il professa successivement la îphilosophie morale à Padoue et à Rome. Dans un âge avancé , il se retira dans une villa proche de Sienne , où les plus célèbres étrangers venaient lui rendre visite. Sa réputation égalait son savoir, sa politesse et sa modestie. Il mourut en 1578.
Dans sa première jeunesse il publia un écrit licencieux intitulé Rafaella, qui lui inspira depuis les regrets les plus vifs. Quelque temps après il fit paraître une sorte d'ouvrage d'éducation en dix livres : Institution de la vie entière d'un homme noble et né dans une tille libre, in-fc°, 15 '+2. Dans cet ouvrage il fit de nombreux emprunts i un moraliste contemporain , Sperone Speroni , et cela sans le citer.
Son Cours de philosophie se compose de trois parties publiées séparément : la première, consacrée à la logique , est intitulée V Instrument de la philosophie; la seconde a pour titre Philosophie naturelle / la troisième , c'est V Institution morale.
L'Instrument de la philosophie (in-8% Rome , 1551) se divise en quatre livres , précédés d'une introduction où Piccolomini expose ses vues générales sur la philosophie , sur l'univers , sur l'homme , sur la fin de toutes choses , qui est le bien suprême , ou Dieu ; puis sur l'origine et les progrès de la science philosophique , sur le besoin de créer une logique, et de distinguer la logique artificielle d'avec la logique naturelle. Le premier livre s'occupe du principal dessein de la logique» c'est-à-dire de la vérité et de la fausseté des propositions. Le deuxième livre demande comment les conceptions peuvent s'accommoder à signifier le vrai et le faux. Le troisième livre traite de la démonstration et du complet syllogisme. Le quatrième livre, du syllogisme dialectique ou disputatif , et en général de la faculté de disputer, de sa matière et de son sujet.
La Philosophie naturelle de Piccolomini a paru en deux parties distinctes , l'une en 1551 , l'autre en 1554 ; mais ces deux sections sont étroitement liées ensemble. Chacune est divisée en quatre livres, et dans chaque livre l'auteur entend par philosophie naturelle , la physique et la métaphysique à la fois, c'est-à-dire tous les résultats de l'observation et de la spéculation appliquée à la nature, indépendamment des traditions religieuses et en dehors de la révélation. À l'exemple d'Aristole , Piccolomini examine les premiers principes des choses , c'est-à-dire substance et accident, forme et matière, lieu et temps, etc. , avant que de passer en revue les éléments mêmes de l'univers , les parties simples , puis les parties composées et mixtes, enfin les êtres sensibles et raisonnables. Le second volume , et tout l'ouvrage (p. 450), se termine par la déclaration suivante : « J'ai marché sur les traces de la nature ; mais , comme la nature dépend d'un maître souverain, de même je sais que la vérité complète doit être révélée, non par les philosophes naturels, mais par les saints théologiens , auxquels je me soumets de tout mon cœur.» Néanmoins Piccolomini ne cesse pas , dans le corps même de l'ouvrage, de distinguer la philosophie d'avec la théologie , aussi bien que la physique d'avec les mathématiques.