‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 20 sur 91 · PLAGE ( DE LA). 1Q · texte numérisé non relu

PLAGE ( DE LA). 1Q

tout ce qui regarde le bien souverain : c'est la philosophie qui doit s'en occuper. Il trouve trop subtile et peu utile la division du bien personnel {mitatûyen bien actif et bien passif; comme celle du bien passif en bien conservatif et bien perfectif. Une partie très-intéressante de ce livre est intitulée la Thérapeutique morale (p. 343-362 }. Une autre section fort instructive présente un abrégé de l'histoire de la morale (p. 19-84), qui parait avoir servi à Puffendorf et à Barbeyrac.

Placcius distingue avec sagacité , avec clarté, la morale d'avec le droit naturel , dans un ouvrage intitulé Aectssiones ethicœ, juris waturalis et rhetoricœ. Dans une autre production, de Fructu philosophiœ moralis prœcipuo , il tenta , non-seulement de concilier la morale naturelle avec la morale religieuse , mais de prouver la nécessité de la révélation au moyen des imperfections de la philosophie morale. 11 ne faut pas oublier, non plus, l'ingénieux parallèle tracé par Placcius entre ce qu'il appelle la république de Platon et d'Aristote, et celles de Morus , de Campanella et de Bacon. C. Bs.

PLAGE (Pierre de La), jurisconsulte et historien, mérite ici, comme moraliste r un rapide souvenir. Né vers 1520 , à Angoulême , d'une famille ancienne, élevé à Poitiers et à Paris, La Place remplit, sous Henri II, la charge de président de la cour des aides. Ayant embrassé la doctrine de Calvin , son ancien condisciple à Poitiers , il fut obligé de s'enfuir plusieurs fois de Paris , et eut le malheur d'y être rentré le jour de la Sain t- Bar Ihélemi. Il fut assassiné dans la rue de la Verrerie , à l'âge de 52 ans. Il n'avait pas seulement joui de l'estime de François Ier, de Henri II, de Charles IX, mais des respects de tous les magistrats de France , et particulièrement de l'amitié du chancelier de L'Hospital. — Trois de ses ouvrages touchent par plusieurs points à la philosophie morale, ainsi queBaylel'a fait voir. Ce sont: Traité de la vocation et manière de vivre à laquelle chacun est appelé, in- 4°, Paris, 1561, écrit consacré à l'instruction et à l'éducation de l'enfance, appuyé sur les lumières du bon sens et sur l'expérience des anciens, autant que sur une étude réfléchie de l'Ecriture sainte ; — Traité du droict usage de la philosophie morale avec la doctrine chrestienne , in-8°, Paris, 1562; — Traité de l'excellence de l'homme chrétien, publié peu de semaines avant le massacre du 27 août 1572. C'est dans k\Traité du droict usage que La Place expose le mieux ses vues philosophiques $ ces vues , qu'il était si fier de partager avec L'Hospital, ne sont autre chose qu'une alliance entre la morale d'Aristote et celle de l'Evangile. La philosophie morale, il la définit une explication de la loi de nature (p. 5). Aussi repousse- t-il l'opinion de ceux qui , dit-il , foulent aux pieds les systèmes des anciens philosophes, comme chose flétrie et de nulle valeur. L' Ethique d'Aristote lui semble identique aux leçons de Platon et de Socrate : elle constitue « ces leçons mêmes , réduites en un corps entier par un grand artifice. » De là vient qu'il fait consister la vertu dans la médiocrité. Rien par excès, dit - il. D'autres fois , sur les traces d'Aristote encore , il nomme la vertu une habitude, laquelle incline à faire selon la droite raison. Ce qui le mène de là au christianisme , c'est la réflexion que la volonté de l'homme n'est pas toujours assez forte pour faire le bien que sa raison

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