‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 25 sur 91 · POLITIEN · texte numérisé non relu

POLITIEN

selle de justice; à Spinoza , il reproche d'avoir confondu Dieu avec l'univers, l'architecte avec la maison :

Vesana Stratonis

Restituit commenta suisque erroribus auxit Omnigeni Spinoza Dei fabricator, et orbem AppeOare Deum , ne quis Deus imperet orbi , Tanquam esset domus ipsa domum qui condidit, aosus.

(Lib. m, v. 805.)

A Locke , qui doute si Dieu n'aurait pas pu conférer à la matière la faculté de penser , il répond que l'étendue est l'essence même , et non pas un mode de la matière j que tout dérive , en elle , de cette propriété essentielle d'être étendue , ce qui exclut la possibilité même de la faculté de penser, puisqu'il n'y a aucun rapport entre la pensée et l'étendue.

Sans aller jusqu'à dire avec Bougainville, auteur d'une traduction française de l' Anti-Lucrèce, que ce poëme ne serait désavoué ni par Descartes ni par Virgile, indépendamment des difficultés vaincues, nous devons y reconnaître une certaine force dans la pensée et dans les arguments, comme dans l'expression. L'Anti- Lucrèce l'emporte sur tous les poëmes latins consacrés à la philosophie de Descartes, qui avaient paru en Hollande, en France et eh Italie. En France, Habertde Montmort, maître des requêtes, avait composé, sous le titre de de Naturarerum, un poëme cartésien en vers latins, dontSorbière, qui l'avait lu, fait le plus grand éloge; mais ce poëme n'a pas été publié. En Hollande, Schotanus avait mis les méditations en vers latins. En Italie , Benoît Stay , qui a été secrétaire de plusieurs papes pour les lettres latines, a aussi publié, en 1744, un poëme en vers latins sur la philosophie de Descartes.

On peut consulter sur le cardinal de Polignac , le Discours préliminaire de la traduction de Bougainville , les éloges de De Boze et de Mairan. ?F. B.

POLITIEN (Ange), ou plus exactement, Ange Cino, naquit en 1454, à Monte-Pulciano , petite ville de Toscane, d'où il a tiré le nom de Policiano. Après avoir étudié à Florence les lettres grecques sous Jean Argyropyle, et les lettres latines sous Landin , il enseigna lui-même les unes et les autres avec de grands applaudissements, particulièrement à Florence. Ce fut un des plus célèbres promoteurs de la renaissance des études classiques. Il mourut comblé de gloire, à l'âge de 40 ans seulement, en 1494.

Sa courte carrière, remplie d'immenses travaux, appartient aussi par plusieurs endroits à la philosophie. Il ne commenta pas seulement, dans ses leçons publiques, différents ouyrages d'Aristote; mais il traduisit en latin, de main de maître, le Charmide de Platon et \e Manuel d'Epictète.

Parmi les discours de Poli tien, il en est un auquel il convient de s'arrêter , parce qu'il renferme une encyclopédie philosophique des connaissances du temps : c'est le Panepistemon ou Savant universel. Trois sortes de connaissances y sont représentées comme les branches de

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