‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 26 sur 91 · POLITIQUE · texte numérisé non relu

POLITIQUE

l'arbre de la science : ce qui est inspiré, ce qui est découvert, ce qui est mêlé d'inspiration et d'invention. La théologie correspond au do* maine du savoir inspiré; la philosophie à la sphère des choses découvertes ou inventées ; la divination est le terme générique des connaissances mixtes. Quant à la philosophie même, elle y est divisée en trois parties: 1° la philosophie intuitive, spectativa; 2° la philosophie pratique , actualis; 3° la philosophie raisonnable, rationalis. Le premier genre de philosophie comprend toutes sortes de grandeurs et de quantités, matérielles ou immatérielles; par conséquent , les mathématiques, la physique, la psychologie, et même une partie de la métaphysique. Le second ordre traite des mœurs : de la, morale privée, moralis; morale domestique, dispensativa ; enfin, morale civile, civilis. Le troisième embrasse tous les emplois du raisonnement et de la logique : grammaire, dialectique, rhétorique, histoire, poétique enfin. La grammaire apprend à indiquer, la dialectique à démontrer, la rhétorique à persuader , l'histoire à raconter, et la poétique à divertir.

Voyez la Vie dePolitien, par Meiners, au tome n des Biographies des lettres de la renaissance. C. Bs.

POLITIQUE. Voyez État.

POLUS dAgrigentb, sophiste de l'école de Gorgias, dont il partageait et soutenait toutes les doctrines, florissait pendant les dernières années du ve siècle avant notre ère. Platon suppose que Socrate et Gorgias, accablé d'années, discourent ensemble sur la rhétorique. Au moment où la discussion va s'animer en cessant d'être générale , Polus entre en scène et prend la place de son maître. Portant jusque dans l'art celte détestable maxime, que l'intérêt personnel est la mesure de tout bien, Polus prouve l'excellence de la rhétorique, en ce qu'elle permet à l'orateur de satisfaire tous ses caprices , d'accabler ses adversaires, de les faire exiler ou mettre à mort. Discoureur superficiel, plus habile à enchaîner de grands mois qu'à construire des arguments solides , le rhéteur sans conscience cède rapidement le terrain à son adversaire, qui rétablit, avec les vrais principes de la conduite humaine, la dignité et la moralité de l'art. C'est tout ce que nous savons de ce sophiste de second ordre.

Voyez le Gorgias de Platon. D. H.

POLYBE, fils de Lycortas , né à Mégalopolis en Arcadie, dans les dernières années du me siècle avant l'ère chrétienne, et mort vers l'an 120, après avoir fourni une carrière aussi glorieuse que longue dans les armes, dans la politique et dans les lettres, n'a jamais été, que nous sachions, considéré comme un philosophe par les historiens de la philosophie. On peut cependant, sans viser au paradoxe, lui donner ici une place à côté des historiens qui, dans l'antiquité, appliquèrent la philosophie à l'étude et à l'interprétation des événements humains. Nonseulement, en effet, Polybe (liv. vi) , à la suite de Platon et d'Aristote, reconnaît trois formes principales du gouvernement de la société : la monarchie , qui dégénère en despotisme ; l'aristocratie , qui dégénère en oligarchie; la démocratie, qui dégénère en ochlocratie ; non-seule-

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