‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 29 sur 91 · POSIDONIUS · texte numérisé non relu

POSIDONIUS

tions, l'empêche d'insister sur ce point. Nous trouvons plus de lumières dans le de Officiis. Il existe deux passages du de Officiis où il est fait meniton des doctrines morales de Posidonius. Dans le premier des deux (liv. m, c. 3), Cicéron dit que Posidonius avait composé un écrit fort succinct sur une question très-importante de morale que Panaetius avait oublié de traiter, a savoir, quel parti Ton doit prendre lorsque ce qui paraît honnête se trouve contraire à ce qui est utile. « Panaetius , dit Cicéron, qui, de l'aveu de tout le monde, a traité très-exactement toute la matière des devoirs, et que nous avons particulièrement suivi dans cet ouvrage, bien qu'en rectifiant sur quelques points ce qui nous a paru défectueux dans sa doctrine , pose trois questions sur lesquelles les hommes ont coutume de se consulter en matière de devoir : la première, si la chose dont il s'agit est honnête ou non; la seconde 9 si elle est utile ou préjudiciable; la troisième, quel parti Ton doit prendre lorsque ce qui parait honnête est contraire à l'utile. Panaetius traite les deux premières questions dans les trois premiers livres de son ouvrage. Quant à la troisième, il avait annoncé qu'il la traiterait plus tard ; mais il ne tint pas ce qu'il avait promis. » Maintenant, quelle solution Posidonius apportait-il à cette question ? Cicéron ne le dit pas. Il est à remarquer toutefois qu'en réparant ainsi, bien qu'imparfaitement, l'omission d'une question aussi importante , Posidonius contrevenait, en une certaine mesure, à la déférence, poussée jusqu'à la superstition , des disciples de Panaetius envers les doctrines de leur maître. Ce sentiment était porté chez eux à un tel degré, qu'ils n'osaient se permettre de combler les lacunes que Panaetius avait pu laisser dans le Traité des devoirs. « De même, disaient-ils (Cicéron, ubi supra) 9 qu'il ne s'est trouvé aucun peintre qui ait osé se charger d'achever la- Vénus commencée par Apelles pour l'île de Cos, parce que la tête en était si belle , qu'on désespérait de faire un corps qui pût y répondre; de même, ce que Panaetius a écrit est si remarquable , que personne ne s'est permis d'achever ce qu'il a laissé d'incomplet. »

Dans le second passage (liv. i, c. 45), Cicéron mentionne Posidonius comme ayant donné une énumération des actes contraires à la modération et à la tempérance. «On pourrait peut-être, dit l'auteur du de Officiis, se demander si cette communauté, qui est entièrement conforme à la nature , doit être préférée à la modération et à la tempérance. Je ne le pense pas ; car il y a là des actes tellement honteux et tellement immoraux , que le sage ne se les permettrait jamais, alors même qu'il s'agirait du salut de la patrie. Posidonius en a fait une longue énumération; mais quelques-uns sont tellement infâmes, tellement obscènes, que je rougirais de les nommer.

Les autres travaux de Posidonius se rapportent à la météorologie, à l'astronomie , à la physique générale , et se trouvent , au rapport de Cléomède et de Slrabon , compris sous les titres suivants : De l'Astrologie universelle ; — des Choses célestes; — des Choses terrestres; — de la Géographie. Strabon et Cléomède paraissent avoir tiré un assez grand parti de ces travaux.

On sait qu'Epicure et ses disciples avaient dit que la grandeur réelle du soleil n'est pas autre que sa grandeur apparente. Posidonius com-

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