‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 3 sur 91 · PÉTITION DE PRINCIPE · texte numérisé non relu

PÉTITION DE PRINCIPE

se demandera si la personnalité humaine subsiste après, la mort iVoyez Dieu, Immortalité). On soutiendra que la raison est impersonnelle {Voyez Raison).

PÉTITION DE PRINCIPE [petitio principii, traduction littérale du grec rh h à^v XapSaveiv]. C'est le nom donné par Aristote à un des sept paralogismes ou faux raisonnements dont il nous offre la définition et la réfutation dans le cinquième chapitre de ses Réfutations sophistiques. Ce paralogisme consiste à supposer vrai ce qui est en question : « Ce qu'on voit assez, dit la Logique de Port-Royal (3e partie, c. 19), être entièrement contraire à la vraie raison; puisque, dans tout raisonnement , ce qui sert de preuve doit être plus clair et plus connu que ce qu'on veut prouver. » C'est avec justice que Galilée reproche à Aristote de s'être servi lui-même de ce moyen pour prouver que la terre est au centre du monde. En1 effet, toute l'argumentation du philosophe grec peut se réduire aux termes suivants :

La nature des choses pesantes est de tendre au centre du monde, et celle des choses légères de s'en éloigner ;

Or, l'expérience nous fait voir que les choses pesantes tendent au centre de la terre, et que les choses légères s'en éloignent ;.

Donc, le centre de la terre est le même que le centre du monde.

Il est clair qu'il y a dans la majeure de ce syllogisme une pétition de principe; car nous voyons bien que les choses pesantes tendent au centre de la terre, mais rien ne nous apprend que le centre de la terre soit le même que le centre du monde.

« On peut, continue la Logique de Port-Royal, rapporter encore à cette sorte de sophisme la preuve que Ton tire d'un principe différent de ce qui est en question , mais que l'on sait n'être pas moins contesté PtF celui contre lequel on dispute.

« Enfin, on peut rapporter à ce sophisme tous les raisonnements où Ton prouve une chose inconnue par une qui est autant ou plus inconnue, ou une chose incertaine par une autre qui est autant ou plus incertaine. »

PÉTRARQUE (François), l'un des créateurs de la littérature italienne , mérite une place dans l'histoire de la philosophie , autant comme moraliste qu'en qualité de précurseur de la renaissance des lettres.

11 naquit à Arezzo le 20 juillet 130k. Son père , ami de Dante , gibelin et banni de Florence , s'était établi à Avignon auprès du pape Clément Y. Le jeune François commença ses études à Carpentras , où , plus tard , il devint chanoine ; il les continua à Montpellier, et les acheva à £felogne , sous le légiste poëte Cino da Pistoia. Il avait vingt ans lorsqu'il revint à Avignon et qu'il s'y lia avec les Colonne. Ayant conçu la passion la plus vive pour l'épouse de Hugues de Sade, l'immortelle Laure, il se mit à voyager, visita une partie de l'Europe , puis alla s'ensevelir à Vaucluse , pour y composer un poëme épique dont Scipion fut le héros, YAfrica. Les sonnets et les canzones que sa] tendresse lui inspirait, mais qu'il dédaignait autant qu'il s'enorgueillissait de ses vers latins , remplirent la France

Page 1