‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 31 sur 91 · POSSIBLE · texte numérisé non relu

POSSIBLE

vkms jamais soupçonnée. La plus petite, qui est la dernière du cfcl et la pins voisine de la terre, ne brille que d'une lumière empruntée. Quant aux étoiles , ce sont des globes dont la grosseur l'emporte de beaucoup sur celle de la terre. » On voit , par ces deux passages , que Posidonius, le maître de Cicéron, s'était fait des idées assez exactes, pour son temps, de la durée de Tannée solaire, des mouvements des astres, de leur distance de la terre , de la distinction entre ceux qui brillent de leur propre lumière et ceux oui ne brillent que d'une lumière empruntée. Les cinq étoiles que Cicéron appelle errantes sont les cinq planètes connues de son temps , et non point des comètes. C'est probablement la lune qui est désignée par ces mots : « La plus petite étoile, qui est la dernière du ciel et la plus voisine de la terre ; » et Cicéron a soin d'ajouter qu'elle ne brille que d'une lumière empruntée. Enfin on rencontre, dans le dernier de ces deux passages, quelques mots qui semblent faire entendre que Cicéron , ou plutôt Posidonius, avait soupçonné la précession des équinoxes. On sait, en effet, que les points de l'équinoxe ne sont pas fixes sur l'écliplique , qu'ils se meuvent en sens inverse du soleil, et que le point d'équinoxe parcourt un degré en soixante-douze ans et l'écliplique en deux mille six cents ans. Cette période de deux mille six cents ans ne serait-elle pas ce que Posidonius aurait pi as ou moins distinctement conçu , quand, par l'organe de son disciple, il parle de la grande révolution qui comprend toutes les autres ?

C'est à l'action des astres que Posidonius, au rapport de Strabon, attribue le pbénomène des marées. 11 dit que les mouvements de l'Océan suivent les mouvements du ciel, et qu'ils ont, comme la lune, une période diurne, mensuelle et annuelle.

Posidonius avait construit une sphère céleste à l'imitation de celle d'Arcbimède. Cicéron en fait la description au livre n du traité de Natura deorum .• « Cette sphère, dit-il, que Posidonius a construite, reproduit fidèlement par ses mouvements ceux qu'opèrent chaque jour, dans le ciel, le soleil , la lune et les cinq planètes. »

On peut consulter sur Posidonius : Delambre , Histoire de l'astronomie ancienne, aux articles Cléomède, Strabon, Posidonius, Cicéron. — James Bake, Posidonii Rhodii reliquiœ; accedit Wyttenbachii annotatio, in-8°, Leyde, 1810. C. M.

POSSIBLE. Quand nous affirmons qu'une chose est possible , nous voulons dire que la chose dont nous énonçons seulement l'idée est, par sa nature, munie de toutes les conditions nécessaires pour qu'elle puisse être réalisée. Ainsi, nous affirmons qu'un arbre est possible , parce que nous pouvons rapprocher de l'idée d'arbre le fait d'arbres visibles, tangibles, qui prouve qu'il y a dans la nature tous les éléments qui concourent à produire l'existence d'arbres réels; nous affirmons , au contraire , qu'il est impossible de ne pas mourir,

ftarce que nous reconnaissons que les données finies de la vie de 'homme ne comportent pas que nous puissions la prolonger au delà d'un terme fixé. La possibilité est donc le rapport affirmatif entre Vidée d'un objet et la réalité, V existence de cet objet; l'impossible est le rapport négatif entre les mêmes termes.

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