‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 32 sur 91 · POSSIBLE · texte numérisé non relu

POSSIBLE

Nous appliquons ces notions du possible et de l'impossible à deux classes d'objets , aux êtres et aux faits. Nous disons qu'un être est possible, toutes les fois que l'expérience nous en montre la réalité, ou que l'élude des lois de la nature nous fait connaître l'existence des causes d'où dépend sa réalisation , de quelque manière qu'elle s'opère j nous le déclarons impossible dans le cas contraire. Quant aux faits auxquels nous appliquons la même affirmation ou la même négation , ils sont de deux sortes : les uns appartiennent au passé et à l'histoire; les autres appartiennent à l'avenir et aux conjectures.

Les éléments de l'appréciation du possible dans les faits soit passés', soit futurs, sont très-nombreux, très-variés, de nuances multipliées et difficiles à distinguer : ce qui fait que , dans une foule de cas , les affirmations de possible et d'impossible dans cet ordre se balancent , non sans porter quelque atteinte à la certitude historique. Tel est le caractère des jugements de l'histoire,' sinon toujours, du moins fréquemment. Le possible , néanmoins , est plus facile à déterminer dans le passé que dans l'avenir , attendu que les circonstances du passé sont accomplies et en grande partie connues, tandis qu'une partie des éléments nécessaires pour rendre possible un fait simplement prévu et à l'état d'idée , n'existent pas encere , et que les autres , dépendant le plus souvent de la libre volonté des acteurs, ne sauraient être déterminés à l'avance. Lorsque des intérêts, des passions, des craintes, des espérances qui sont à naître, pour la plupart, peuvent exercer sur les faits une influence décisive , le jugement sur le possible ou l'impossible est nécessairement suspendu.

La règle en vertu de laquelle nous affirmons ou nous nions le plus ordinairement la possibilité, est l'expérience , soit que nous affirmions la possibilité des êtres , soit que nous affirmions celle des faits ; c'est pourquoi nous nous trompons dans les jugements affirmatifs moins facilement que dans les jugements négatifs : car nous avons , dans le premier cas , l'expérience pour nous guider : or la conclusion qui procède de l'existence à la possibilité est la plus légitime. Mais quand nous jugeons que l'existence de tel être , ou la production de tel fait est impossible , c'est alors que nous courons plus souvent le risque de nous tromper : car ne jugeant que par expérience, et l'expérience ne donnant que les conditions actuelles du possible et de l'impossible, nous prononçons en l'absence des données de la science future , dont les découvertes à venir ne peuvent manquer de révéler des conditions de possibilité qui nous sont actuellement inconnues. Aiàsi, avant la découverte des machines à vapeur, on regardait comme impossible de voyager avec la vitesse que Ton a atteinte depuis. Cette affirmation d'impossibilité était légitime, il est vrai, mais légitime pour l'époque, et non d'une manière absolue. ' ' !

Indépendamment de cette impossibilité qu'on ne peut justement affirmer que par rapport à un état donné de la science, et qui ne saurait être maintenue dans sa rigueur, si Ton fait intervenir la prévision d'un état scientifique plus avancé, il y a aussi une autre impossibilité qu'on peut affirmer tant qu'on se maintient dans les limites de l'expérience,, mais qui ne saurait l'être avec autant de conséquence logique lorsque le surnaturel intervient dans la croyance. Telle est la négation de la

* possibilité appliquée aux faits regardés comme miraculeux par les traditions religieuses des peuples. Dans ce cas, il est fort difficile d'établir, au noni de ses convictions particulières et de son expérience propre , l.e point qû cesse la possibilité, où commence l'impossibilité : car il manque une base commune aux jugements de celle espèce. La question des faits qui .seinbjent s'être accomplis en dehors des lois naturelles connues par l'expérience , ne peut donc être traitée avec dédajn que par des esprijs superficiels, car elle se trouve à la racine de toutes les croyances et résulte de l'idée d'intervention divine , sur laquelle reppsent {toutes les religions.

En général , nous ne pouvons déclarer absolument impossibles que les faits et l,es êtr.ès dont les conditions d'existence sont contradictoires avec des principes d'une certitude universelle et absolue. Ainsi, on nous dirait en vain que Dieu est injuste , qu'il est fini , qu'il n'est

?>as lout-puissan|t; compte il y aurait ici contradiction formelle entre 'idée de Dieu eJL les attributs fini, injuste, que nous affirmerions de lui, nous ne pourrions hésiter à proclamer impossibles de semblables rapports, tyajs ij n'en serait pas de même si l'on nous affirmait qu'un homme san$ aucune connaissance médicale , et par la seule vertu de sa parple, a j'en du la santé à un malade. Sans -doute l'expérience nous autorise le plus souvent à révoquer en doutp, au moins jusqu'à nu exanaen plus approfondi, un fait qui contredit ce quelle nous apprend ,de la stabilité des lois de la nature et des limites de lp. puissance &ç l'homme; cepepdant l'expérience ne nous autorise pas à une négation absolue , parce que les principes quelle nous fait connaître son} purement empiriques, ce que prouve l'histoire de la science , puisqu'elle présente dans ses progrès upe suite de démentis donnés par l'expéripnce nouvelle § l'expérience passée. Qr, si l'expérience n'a pas, m$me dans la science, upe autorité inébranlable, elle doit être moins décisive encore lorsque le surnaturel est invoqué comme Clément de la croyance.

En flous exprimant ainsi, nous sommes loin ^'autoriser toutes les çr&tuîités , toutes }es spperstilions; mais la notion du possible ne saurait être 4j$ftoJ3 avep la, précision philosophique, sans la distinction ,'que nQps ypuons d'établir. H. B.

POSjTEL. (Guillaume) , pé, Je 25 mars 151 0, à Barentqp, dans le diocèse a'Ayrapcbes., fut un des hompies les plus savants du xvje siècle. Orpnejin ^b,onne heure, ni la maladie ni la misère np l'empêchèrent de satisfaire spn gpflt pour l'élude. Les langues fie l'Orient fixèrent gjmouj; son «atteplion, et, dans un voyage en Asie {Mineure et en Syrie, lj tyrlifia et fjéyelQppa la connaissante qu'il en avait puisée dans les livrés. Nommé par François 1er, en 1539, profepseqr de mqthépnatiques et de langues oriepjaleç au collège de France , il eût pu passer sa vie^ dans le repos et la culture des lettres, si 1 ardeur de son imagination ne l'eût entraîné ailleurs. Tour à tour jésuite et repvpyé de l'ordre par saint Ignace, à cause de ses rêveries, emprisonné, échappé à sa captivité, réfqgié j^ Vepise, accqsé d'hérésie (levait l'inquisition de cette ville , déclaré inpocent, mate fop, par ce tribunal, il vjsila de pouveau ÇonstypiinQjtle, pér^étf a jusqu'à Jéfusalem, et revint apportait $p son

voyage de nombreux et précieux manuscrits. Malheureusement poqr lui, ses rêveries, qu'il n'abandonnait pas, créèrent une complication de circonstances qui le condamnèrent de nouveau à la vie errante qu'il avait déjà menée. Rentré à Paris en 1562, il y rétractâtes erreurs qu'on avait cru pouvoir lui reprocher , et se relira dans le monastère de Saint- Afartin-des-Champs, où il oomposa eacore quelques ouvrages. Il y mourut le 6 septembre 1581 , après avoir, depuis se retraite, édifié les religieux par 6a piété sincère et sa vie studieuse.

Les ouvrages de Postel sont nombreux; ils se rapportant à des sujet* de linguistique, d'histoire, de théologie, de droit même. Une partie sont consacrés aux rêveries qui Grent tous les malheurs de sa vie. Un seul peut être classé parmi les ouvrages de philosophie proprement dite: c'est celui qui a pour titre De orbis terrœ concordia libri quatuor. L'analyse rapide que nous allons en donner fera suffisamment connaître quels furent les principes philosophiques de ce 6 avant homme; Je reste de ses rêves mystiques ne mérite point de nous arrêter.

Le premier de ces quatre livres est consacrée présenter, telles que les concevait l'auteur, les preuves du christianisme , empruntées à la raison et à la philosophie. II établit d'abord l'unité du monde , en la fondant sur celle de Dieu , qui seul est et peut être le lien de ses parties contraires. Les preuves qu'il apporte ensuite de l'existence de Dieu pouvaient être, à l'époque de la renaissance, le fruit, nouveau pour les contemporains, dune érudition étendue et intelligente; elles ont eu, depuis, le temps de courir les écoles, et sont aujourd'hui élémentaires dans nos cours de philosophie. Dieu y est démontré par 1 impuissance où est la matière de s'être créée elle-même, par la nécessité d'un premier moteur, par l'intelligence qui éclate dans ses œuvres, par le consentement général des peuples, etc. Il ajoute à ces considérations quelques mots sur ce qu'il appelle les substances séparées, Di$u, les anges et les démons, et complète ses preuves de l'existence d'une cause première par des arguments empruntés à la physique imaginaire de son temps et à une science des nombres plus imaginaire encore. Dieu y est considéré comme un sixième corps, enfermant les cinq corps élémentaires dont il forme l'unité; c'est encore là l'idée de lien que Poglpl a développée précédemment.

Il passe ensuite à l'exposition des attributs de Dieu, et la fait procéder de cette énonciation juste et opportune, que toqte l'essence divine est actuelle. Il témoigne la crainte qu'on ne lui reproche de no parler de ces attributs que comme on parlerait des qualités, des vertus d'un homme, et il s'excuse en disant que, s'il s'exprime dans un langage qui ne reproduit pas la véritable nature de Dieu, c'est qu'il n'en a pas d'autre, et qu'il est forcé de se servir de la langue humaine.

Après celle exposition des attributs de Dieu, le développement de |a doctrine chrétienne ramenaitnaturellement à la démonstration du dogme de la Trinité. 11 n'en apporte pas moins de quinze espèces de preuves , les unes empruntées à la philosophie, les autres tirées des choses créées, d'autres, encore, puisées dans les livres de Moïse, dans le Talmud, dans la Kabbale. La quinzième, enfin, est formée par une induction en vertu de laquelle l'auteur, rapprochant quelques textes de l'Alcoran , convainc Mahomet de contradiction , et fait sortir la Tri-

m POSTEL.

nité de son dogme unitaire. An terme de ses démonstrations, il s'adresse aux mahométans avec les expressions les plus affectueuses. « Vous êtes 9 leur dit-il, une partie de nous-mêmes, qui s'est séparée de nous , qui a péri ; » il les appelle à la foi en la Trinité en résumant tout ce qu'il a dit précédemment.

Jusque-là il regarde les philosophes comme partageant son avis sur l'existence de Dieu; mais, dans ce qui va suivre, il en aura, dit-il , un grand nombre pour adversaires. Il s'agit, en effet , de savoir si le monde est éternel ou créé, s'il a commencé, s'il doit finir. Or, il n'y a pas sur ce point moins de cinq opinions distinctes : la première admet que le monde n'a point eu de commencement et n'aura jamais de fin ; la seconde reconnaît qu'il a commencé, mais non qu'il doive finir; la troisième lui refuse un commencement, mais lui assigne une lin; la quatrième lui attribue un commencement et une fin ; la cinquième , celle que Postel entreprend de défendre, celle que nous enseigne le christianisme, c'est que le monde a commencé, qu'il ne finira pas, mais qu'il sera transformé.

11 prouve que le monde a été créé , en partie, par les arguments par lesquels il a démontré l'existence de Dieu ; mais il y ajoute une considération peu commune, tirée des principes de la logique de cette époque. Les quatre éléments qui forment le monde se détruisent par leur action mutuelle; Peau, l'air surtout, périssent dévorés par le feu. Des considérations géologiques fondées sur la présence des coquilles sur les montagnes, le souvenir du déluge, prouvent qu'il y eut un temps où la masse d'eau sur le globe était moins considérable qu'elle ne le fut à l'époque de ce grand cataclysme. Or, si le monde était éternel , les divers éléments y seraient toujours en même quantité, et dans des rapports constamment semblables. Si donc la masse d'eau a été plus considérable à l'époque du déluge qu'elle ne l'avait été auparavant et qu'elle ne Ta été depuis; si l'air absorbé par le feu est remplacé chaque jour par un air nouveau , c'est que la cause créatrice de l'univers crée, sans se reposer, une quantité de chaque élément égale à celle qui périt par les révolutions ordinaires des êtres ; et s'il est nécessaire qu'elle crée à chaque instant pour soutenir l'existence de l'univers , c'est que c'est elle qui l'a créé une première fois : l'univers a donc eu un commencement.

Sans doute cette démonstration ne satisfera pas ceux qui, s'appuyant sur les principes de la physique contemporaine, croient que la masse de chaque élément est toujours la même dans l'univers, et qu'ils y subissent seulement des transformations qui en réduisent ou en augmentent passagèrement le volume apparent; mais c'est précisément parce que cette preuve appartient à un système de physique tout autre que le système généralement admis, que nous avons jugé à propos de la faire connaître.

Il n'est pas beaucoup plus heureux dans les comparaisons qu'il emprunte à la physique de son temps, pour faire comprendre comment le monde a été créé de rien. Il rejette surtout loin de lui Vidée que l'on pourrait supposer qu'il admet une matière coéternelle à Dieu , soumise à son action ordonnatrice, mais indépendante de sa puissance créatrice. Aussi, pour lui, nier que le monde ait été créé de rien , n'est

autre chose qu'affirmer l'éternité de la matière; la question ainsi posée, nous ne pouvons que reconnaître la vérité de la solution.

Il réfute ensuite les philosophes qui, admettant l'existence de Dieu, ne croient pas qu'il s'abaisse au détail des choses humaines, et nient, par conséquent, la Providence. Il fait remarquer que, dans la simplicité de son acte éternel, la divine Providence n'éprouve ni fatigue ni altération , et ne saurait être comparée aux êtres que nous connaissons par l'intermédiaire des sens, êtres matériels et essentiellement limités, dont l'existence ne se prolongerait pas sans la présence d'une force conservatrice qui n'est que l'action de Dieu lui-même.

Nous ne nous arrêterons pas à ce que dit Postel de l'existence et de la nature des substances séparées (êubstantiœ separatœ) , c'est-à-dire des anges et des démons; non que les arguments sur lesquels il s'appuie soient absolument sans valeur aux yeux de la philosophie; il en emprunte, au contraire, quelques-uns à la raison, et même à Aristote; mais parce que, nonobstant leur origine philosophique, ils nous ont paru peu concluants. Les idées qu'il développe sur la nature de l'homme et sur le but proposé à sa vie par le Créateur sont conformes à la croyance chrétienne de la chute originelle, et se lient naturellement aux dogmes de l'incarnation et de la rédemption.

Il rentre dans la philosophie par la question de l'immortalité de l'Ame. Le premier adversaire auquel il répond , c'est la doctrine stoïcienne, pour laquelle le but de l'homme est, non l'immortalité, mais la pratique de la vertu dans cette vie. Il établit en principe que toute action tend à son accomplissement, qui engendre le repos ; qu'elle a, par conséquent, pour but ultérieur le repos; et, alléguant que la vertu est une action , il en conclut qu'elle est le moyen de parvenir à un but déterminé , mais qu'elle ne saurait être ce but. Il montre que les faits sont d'accord avec ce qu'il avance , puisque nous voyons les hommes vertueux sacrifier tout à leur désir d'immortalité. Ses autres preuves sont empruntées , 1° à la nature des facultés de l'âme, qui ne sauraient être le résultat d'une combinaison des éléments ; 2° à l'accomplissement nécessaire de la justice de Dieu, qui n'atteindrait pas les coupables si l'homme mourait tout entier avec son corps ; 3° à la constitution de l'univers, à la bonté divine , aux conditions du péché, et à d'autres arguments encore faibles ou insuffisants , mais qui , repris par une analyse plus profonde que celle de l'auteur, et rattachés à une unité plus élevée, auraient une portée qu'on ne leur soupçonne même pas dans les ouvrages de Postel.

Nous ne dirons rien du second livre, consacré tout entier à la réfutation de la doctrine de Mahomet ; mais le troisième livre mérite de nous arrêter plus longtemps.

Le xvie siècle fut une époque d'activité singulière pour les esprits ; et, s'il fut rarement heureux dans ses projets de réforme, plusieurs des grandes intelligences qui en firent la gloire s'honorèrent par la seule pensée de chercher de meilleures méthodes d'investigation , et de dominer la science par des principes plus généraux et plus vrais : Poste] fut de ce nombre. Malgré le respect qu'il professait pour le droit romain , il était frappé de ce que les passions des hommes , leur ignorance, la multitude des interprétations avaient fait , en quelque sorte,

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périr la science du droit dans de vaines arguties. Il se proposa de résumer les règles immuables de la justice dans un certain nombre d'axiomes empruntés à la sagesse de tous les temps et de tous les peuples, et qui fussent comme le code universel de l'humanité. On voit ainsi que la tentative dont nous avons fait honneur à Grotius , au milieu du xyii* siècle, fut précédée, cent ans auparavant, par celle de Postel. Gelait aux sources de la philosophie , e fontibus philosophiœ, qu'il voulait puiser les principes du droit commun des nations, idée assurément nouvelle à une époque où la tradition, la coutume, les conventions locales divisaient le droit, et opposaient partout la justice à elle-même.

Il reconnaît deux sources de droit. Il trouve la première dans la nécessité , qui , saisissant les hommes au milieu de leur faiblesse et de leur isolement , les force à rechercher la protection mutuelle que leur garantit la réunion en société ; il place la seconde dans la croyance en Dieu , dont l'idée, en l'absence de la connaissance du vrai Dieu , naît de l'admiration, de l'amour, de la crainte. Ce droit religieux et humain , tout à la fois, est celui que connurent les païens. Inférieur au droit né, chez les peuples modernes, des lumières du christianisme, il n'en est pas moins consacré par la sainteté des croyances primitives du genre humain. Postel le considère sous trois aspects : le droit naturel , exclusivement fondé sur la nature ; le droit des gens , qui modifie le droit naturel par l'intervention de la raison, dans l'intérêt de la durée et de l'individualité de chaque peuple ; le droit civil , qui résulte des mœurs, des coutumes, des lois particulières accréditées chez chacune des nations. Ainsi la constitution même du genre humain , telle qu'elle a été établie par la Providence , est l'origine du droit dans son expression la plus complète.

Il semble qu'après avoir analysé le droit , tel qu'il put être connu par les peuples de l'antiquité , Postel eût dû opposer à cette idée une notion plus parfaite de la justice et des devoirs , éclairée par les lumières du christianisme. Il n'en est rien néanmoins. Son quatrième livre est consacré à développer les moyens et les arguments par lesquels un priqce , zélé pour le triomphe de la vérité , pourrait amener les idolâtres, les mahoqoétaps et les autres infidèles à croire en la religion de Jésus-Christ.

Dans la partie de son ouvrage où il a traité des principes fondamentaux et des sources du droit, Postel s'est surtout inspiré des ouvrages moraux de Cicéron. C'est un rapprochement analogue à celui que nous avons déjà fait à l'occasion de la doctrine de Grotius. Ce sera la gloire éternelle du grand orateur de Home , d'avoir popularisé, par la beauté de son style et la richesse des développements qu'il leur a donnés , les principes de la morale antique. Quiconque voudra constater d'une manière certaine l'état de la science morale à la venue de Jésus-Christ, devra le chercher dans le de Officiis, dans le de Finibus bonorum et malorum, dans la République, les Lois et les autres ouvrages philosophiques de Cicéron. C'est à cette source que Postel , comme la plupart des érudits de son siècle , a puisé la part de philosophie qu'il a introduite dans ses ouvrages. S'il en est résulté que le fond n'est pas neqf, l'auteur a fait néanmoins, dans l'exposition de ses idées,

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