‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 34 sur 91 · POUILLY · texte numérisé non relu

POUILLY

ments. Dans ce cas, Potamon serait plus âgé que Plotin et appartiendrait à la fin du n" et au commencement du m0 siècle de notre ère.

Mais voici une troisième version qui contredit absolument les deux précédentes* D'après Suidas (aux mots Afoeatçet noTapwdv) , Potamon aurait vécu sous Auguste et serait né quelque temps avant ce prince. Quelques critiques, substituant arbitrairement au nom d'Auguste celui d'Alexandre, ont placé Potamon les uns sous le règne d'Alexandre Sévère , les autres sous celui d'Alexandre le Grand. De ces assertions opposées, la plus probable est, sans contredit, celle de Porphyre. Mais si Potamon , par le temps et le lieu où il a vécu , a pu être en relation avec Plotin , en devons-nous conclure qu'il a été son maître , et que c'est à lui qu'appartient la gloire d'avoir fondé l'école d'Alexandrie? D'abord l'idée de l'éclectisme , la pensée que la vérité est partout mêlée à l'erreur, qu'elle est divisée en quelque sorte entre tous les systèmes, et qu'il s'agit seulement pour le sage, pour le vrai philosophe, de recueillir ses membres épars j cette pensée n'était pas nouvelle à l'époque dont nous parlons : on la rencontre chez Philon, chez les Pères de l'Eglise, chez PJutarque, Galien, Cicéron > elle était, pour ainsi dire, le fond de tous les esprits en dehors de l'école sceptique. Ensuite, quelle était la doctrine de Potamon? Nous ne la connaissons aujourd'hui que par un très-court passage de Diogène Laërce , ainsi conçu : « Il lui parut que le critérium de la vérité comprend , d'une part, le principe même qui dirige le jugement, c'est-a-dire la raison (to ^e^ovtxov), et, de l'autre, le moyen dont se sert la faculté de juger, à savoir la représentation fidèle des objets (ràv à*pi€e<rr<xT7iv çotvTaaiav). Quant aux principes de toutes choses , il en distinguait quatre : la matière, la qualité, l'action (™i7)<m) et le lieu (to'™) ; car tout ce qui est a été fait de quelque chose et par quelqu'un , existe d'une certaine manière et quelque part. La fin à laquelle il veut que tout soit rapporté, c'est une vie parfaite qui renferme toute vertu , et d'où ne sont pas exclus les biens corporels et extérieurs. » Nous voyons , par ces lignes, que Potamon n'a touché qu'à trois points : la logique, la morale et la physique.fSur les deux premiers, il a essayé de concilier ensemble le stoïcisme et l'épicurisme. Sur le dernier, il s'en tient aux quatre principes d'Aristote. On n'imagine rien de plus incomplet , de plus grossièrement superficiel, surtout de plus contraire tant à l'esprit qu'à la lettre de la philosophie platonicienne ; comment une telle doctrine aurait-elle pu devenir le germe du néoplatonisme alexandrin?

Potamon avait composé deux ouvrages , dont l'un , entièrement perdu , était un commentaire sur le Timée de Platon ; de l'autre, intitulé Traité des éléments (rroiYeiuatç) , il ne nous reste que le^fragment cité par Diogène Laërce. — On peut consulter sur Potamon, Glœckner, Dissertatio de Potamonis Alexandrini philosophia, in-4°, Leipzig,

POUILLY (Louis-Jean Levesque de), né à Reims en 1691, y mourut le 4 mars 1750. De bonne heure, le goût des sciences et de la méditation s'annonça en lui. A vingt-deux ans, il essaya une expoposition des principes, fort nouveaux alors, de la philosophie naturelle de Newton. Il renonça ensuite aux mathématiques pour se livrer en-

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