‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 37 sur 91 · PRÉEXISTENCE · texte numérisé non relu

PRÉEXISTENCE

— On touve aussi chez les anciens logiciens le mot prédieabte (prœdieabiU) pour désigner toute idée susceptible de servir de prédicat ; mais c'est exactement la même chose : il s'agit toujours d'une idée générale servant à déterminer une idée particulière. Ce sont ces idées générales que Porphyre , dans son Introduction aux Catégories , a rapportées à cinq chefs : le genre, l'espèce, la différence, les qualités propres , l'accident.

PRÉEXISTENCE. Voyez Métmpsychose et Platon.

PRÉJUGÉ [àeprœ, d'avance, et de judicare, juger, juger d'avaoee; en allemand, Vorwrtheil est composé de la même manière]. Ce terme, sans synonyme dans les langues anciennes, a appartenu d'abord à la jurisprudence : il servait à désigner soit une cause jugée d'avance par la nature des faits produits au jour, soit un arrêt rendu auparavant dans une question semblable à celle qu'on avait à décider. Transporté ensuite par analogie dans la langue philosophique , il y a conservé depuis le xtii" siècle la même signification : celle d'un jugement que nous prononçons, ou plutôt que nou3 acceptons sans examen, et considéré par cela môme comme erroné; celle d'une opinion à la fois irréfléchie et fausse, à laquelle nous sommes aussi attachés qu'aux vérités te» plus évidentes. 11 y a, en effet, un double caractère à considérer dans les préjugés : l'irréflexion et Terreur. Un grand nombre de nos jugements sont irréfléchis sans être faux, et d'autres parfaitement convaincus de fausseté ont été précédés d'un examen approfondi. Toute erreur n'est donc pas un préjugéj le champ de la première est plus vaste que celui du second , et c'est à tort que plusieurs philosophes les ont confondus. Mais toujours est-il qu'un préjugé est un jugement, c'est-à-dire qu'il repose sur certains principes, sur certaines notions générales , ce qui suffit pour le distinguer de ces sentiments purement personnels qu'on désigne sotte le nom de préventions*

Est-il vrai, est-il possible même, comme le prétend Bacon , qu'il y ail des préjugés naturels, ou , pour nous servir de ses expressions, des idoles de la tribw, c'est-à-dire des erreurs nées avec nous et inséparables de notre espèce? Si des erreurs de ce genre existaient, nous n'aurions certainement aucun moyen de les reconnaître , puisqu'elles seraient conformes aux lois de notre intelligence, et que plus nous les considérerions , plus nous serions forcés de nous y attacher comme à la vérité môme. Ce qui distingue, en effet, l'erreur de la vérité, c'est uniquement que celle-ci est d'accord et celle-là en opposition avec lés lois générales et invariables de notre nature ; l'une nous représente la santé et l'autre la maladie de l'esprit.

Mais s'il n'y a pas d'erreurs naturelles dans le sens propre du mot, il y a des dispositions naturelles qui , détournées de leur but ou développées-avec excès , et maintenues dans cette direction vicieuse par la forée de l'habitude, pettvent nous conduire à accepter sans examen les opinions les plus fausses ou à doUs y arrêter comme à des vérités premières. Ce sont .ces dispositions qui engendrent tous nos préjugés, et, pour être juste, c'est à elles qu'il faut rapporter tout ce que dit Bacon des erreurs inséparables de notre existence. On peut les ramener à deux

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