‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 44 sur 91 · PSELLUS · texte numérisé non relu

PSELLUS

n'est vrai, là aussi, par une inévitable liaison d'idées, rien n'est faux; et cette confusion du vrai et du faux amène nécessairement à sa suite la confusion du bien et du mal. Pour ce qui est des dieux , la question de leur existence est également abandonnée aux impressions individuelles. Décidez-vous qu'ils sont et qu'ils exercent une providence sur le monde matériel et sur le monde moral? A la bonne heure, et vous êtes dans le vrai , votre intelligence étant la mesure de toutes choses. Mais vienne une autre intelligence à qui il plaise de contester celte existence, eh bien, elle aussi sera dans le vrai, car elle aussi est la mesure de toutes choses.

A consulter (outre les sources déjà indiquées dans le cours de cet article): J.-L. Alefeld, Mutua Protagorœ et Evathli sophismata, in-8° , Giessen , 1730. — Chr, Gottlob Heyne , Prolusia in narrationem de Protagora Gellii, in-8° , Goettingue, 1806* — J.-C.-Bapt. Nttrnberger , Doctrine du sophiste Protagoras sur l'être et le non-être, in-8°, Dortmund, 1798 (ail.). — G. Mallet, Etudes philosophiques, t. n, in8°,Paris,18M. CM.

PSELLUS (Michel). Plusieurs personnages, célèbres à divers titres dans l'histoire politique ou littéraire de l'empire byzantin , ont porté ce nom. Le seul dont nous ayons à nous occuper est Michel Constantin Psellus, né au commencement du xie siècle, mort vers 1080, qui exerça plusieurs charges considérables à la cour de Byzance, et fut choisi par l'empereur Constantin Ducas pour précepteur de son fils Michel Ducas. S'il faut en croire le témoignage de plusieurs contemporains, et surtout son propre témoignage (car il a beaucoup parlé de lui-même, et avec peu de modestie) , Psellus fut le prodige de ce siècle par la force de son génie et la variété de ses connaissances. Il développa de bonne heure les facultés les plus brillantes et n'eut pas de peine à s'attirer la faveur des princes, qui, malgré les agitations politiques dont est remplie cette période de l'histoire, le suivit pendant près d'un demi-siècle , et ne l'abandonna que dans ses dernières années. On ne voit pas que les soins de Psellus aient fait de Michel Ducas (depuis surnommé Parapinace, à cause d'un impôt qu'il établit sur les blés) un grand empereur; mais il se vante d'avoir accompli une œuvre non moins difficile et plus méritoire peut-être, la restauration des études classiques dans les écoles byzantines , où elles étaient depuis longtemps négligées. Les nombreux ouvrages qui nous restent sous son nom , même en écartant ceux d'un médecin , son homonyme plus moderne, qui ont facilement pu lui être attribués, témoignent en effet d'une rare activité desprit et d'une science peu commune. Mais là se réduit, il faut l'avouer, tout leur mérite : ils ont pu servir à renouveler, à entretenir le feu sacré, comme l'auteur le dit lui-même ; mais ils n'ajoutent rien aux richesses amassées par les grands hommes de l'antiquité classique. Comme théologien, comme mathématicien, comme moraliste et comme légiste, Psellus ne nous est connu que par de courts abrégés, soit en prose, soit en vers politiques, dont un seul, son Manuel de droit, a quelque importance encore, grâce à la rareté des documents originaux de cette époque spr le même sujet. Son Introduction à la philosophie, son analyse du traité de Porphyre Sur les

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