PUFENDORF
règlent les mœurs et les actions des hommes. Il leur dftnné pour at*teur Dien, et pour bat d'introduire l'ordre et la beauté dans la vie humaine. C'est à l'aide de ces êtres moraux que Dieu, règle l'ûsàge dé là liberté de l'homme , et lui prescrit des bornes. L'homme se trouve naturellement soumis h Ces rapports , véritable institution de Dieu, d'abord pat les conditions générales de la société humaine dont il fait partie après sa naissance , ensuite par les conditions particulières sottb lesquelles il est né, telles que le rang occupé par sa famille, le mariage, la paternité, les obligations de fils, de sujet, de citoyen, etc., états moraux qui produisent tous certains droits, et engendrent cettains devoirs.
Cet état moral général , auquel tufendorf donne le nom d'état de nature , comporte ainsi certains droits et certains devoirs des hommes les uns envers les autres, déterminés par la ressemblance dé leur nature, et qui les poursuivent dans toutes les situations. Or, de l'oubli ou de la pratique de ces devoirs , du respect ou du mépris de ces droits naissent deux états moraux opposés des sociétés : la paix et la guerre. Mais ces deux états fie sont point absolus, et la guerre elle-même a ses lois.
Ces êtres moraux, à l'état de ptirs rapports, lie sont pas les seuls. Pour qu'ils soient représentés efficacement dans l'action sociale, il faut qu'ils trouvent leurs interprètes dans des êtres réels, substantiels, dans des hommes ou des réunions d'hommes qui prennent alors la qualification de personnes morales.
De même que les rapports qui constituent les lois morales des êtres n'existent que parce que Dieu les â institués : de même les lois qui régissent les Etats n'existent que par l'institution des personnes morales qui jouissent du droit, et auxquelles incombe le devoir d'imposer certaines règles , certaines obligations. Telle est l'idée que Pufendorf se fait du pouvoir, qu'il définit une qualité en vertu de laquelle on peut faire quelque chose légitimement et avec un effet moral (liv. t, c. i). À cette définition du pouvoir il ajoute la définition du droit: qualité morale, par laquelle on a légitimement quelque autorité sur les personnes, ou la possession de certaines chosei , ou bien en vertu de quoi il nous est dû quelque chose (ubi supra); et celle de Y obligation : qualité morale en vertu de laquelle on est astreint, par une nécessité morale, à faire, recevoir ou souffrir quelque chose (ubi supra).
Telles sont les bases sur lesquelles notre auteur se prépare à faire reposer tout le système du droit de la nature et des gens.
Mais ces principes , qui sont pour lui le fruit de ses méditations et de ses études , et dont la vérité n'est pas douteuse à ses yeux, il a besoin d'en retrouver la connaissance certaine dans le genre humain. Il est donc conduit a traiter de la certitude des sciences morales. Il la trouve d'abord dans les procédés de la démonstration logique , dont il em-
f)rttnte les règles et les éléments à Aristote, et la poursuit jusque dans a nature même de la morale , dont il oppose la certitude à l'incertitude des maximes de la politique.
Néanmoins, malgré la marche vraiment philosophique de ses déductions, Pufendorf faiblit en cet endroit, et abandonne mal à propos ce qu'il y a de solide et d'absolu dans son point de départ , lorsqu'il