‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 5 sur 91 · PHALÉAS · texte numérisé non relu

PHALÉAS

8°. C'est cette divine sagesse qui fait le sujet des dialogues De vera sapientia, tenus sur la place de Rome entre un sophiste, rhéteur et érudit , orator, et un ignorant , humble et pieux , idiota. Dans le premier dialogue, l'ignorant essaye de montrer au savant que la sagesse ne s'apprend pas dans les livres ni dans les écoles, mais au fond de la conscience. Se connaître soi-même, voilà l'origine de la sagesse. Mais on ne se peut connaître qu'en déposant toute présomption et en revêtant l'humilité , la modestie et la modération. Alors on reconnaît que si Y homme est un animal raisonnable et mortel , la raison est viciée par l'orgueil , et son orgueil susceptible d'être humilié par la pensée de la mort. Ainsi se trouve, à côté du mal , un sûr remède. Par la révélation, d'ailleurs, Dieu nous offre non-seulement le moyen de chasser le désespoir, mais la force de relever et de purifier la raison. Dieu nous offre , à la place de l'imparfaite sagesse du monde , la parfaite et sainte sagesse du ciel. C'est cette admirable sagesse que l'auteur décrit dans le second dialogue , essayant de la rendre sensible et agréable sous mille formes poétiques, comme l'original de toute beauté. L'effet de cette sagesse véritable est d'inspirer l'amour de la perfection , le sapere internum , par lequel l'homme intérieur est puissamment attiré vers la Divinité , son principe , son milieu et sa fin. Cet amour se manifeste en particulier de deux manières, par la science et par la charité, deux degrés d'initiation et d'épuration , où notre Ame se libère de ses mauvais penchants et se fortifie dans son instinctive sympathie pour la source de tout bien , pour l'Etre infini.... Voilà ce que Pétrarque entendait par la vraie sagesse ; voilà pourquoi Boccace, son ami, l'appelait un homme céleste, cœlestis homo.

En réunissant les idées qui servent de fondement à ces ouvrages , on voit que la morale de Pétrarque ne contenait rien de neuf. Elle était une nouvelle application des anciennes doctrines, de celle de Platon et des Pères; mais, dans le siècle où elle parut, elle devait sembler une puissante , une séduisante nouveauté. La forme sous laquelle elle se produisit , la forme du dialogue et de l'ironie socratique ; la méthode qu'elle employa , un mélange libre et varié de l'analyse et de la synthèse , de l'induction et de la divination ,' de la psychologie et de la preuve à priori, tout ceci fait également de Pétrarque un disciple de l'Académie et des plus profonds docteurs de l'Eglise. Il est surtout l'un et l'autre par cette tendance éminemment morale qui le dislingue entre tous les esprits célèbres de son temps, et que ne lui ont pas empruntée la plupart de ses imitateurs modernes.

Voyez, sur Pétrarque, l'abbé de;Sade, Mémoires pour la vie de Fr. Pétrarque, 3 vol. in-4° , 1764. — Heeren, Histoire de la re~ naissance des lettres, t. i et nypassim (ail.). — Sur sa philosophie morale, une dissertation succincte de M. Maggiolo, in-8°, Strasbourg, 1843. — Sur son école, M. Christian Bartholmèss, Jordano Bruno, 1847 , t. h , p. 34 et suiv., p. 117-128. C. Bs.

PHALÉAS de Chalcédoine , inventeur d'une constitution analogue en quelques parties à celle de la République et des Lois de Platon , ne nous est connu que par le seul témoignage d'Aristote ; mais ce témoignage est d'une étendue suffisante pour nous permettre d'apprécier les

Page 1