‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 58 sur 91 · RATIONALISME. 5G · texte numérisé non relu

RATIONALISME. 5G

Nous croyons que la division des rapports doit avoir pour base la division même de nos idées, d'après leur origine et leurs caractères essentiels. En conséquence, nous les comprendrons tous dans ces deux catégories : des rapports contingents et des rapports nécessaires ; des rapports fondés sur l'expérience et d'autres fondés sur la raison. Nous n'essayerons pas de donner une classification des premiers, car ils sont tëritablement infinis, comme Locke l'a très-bien remarqué. Il nous suffit de savoir qu'il faut ranger dans ce nombre la plupart des qualités physiques. Sous les noms de grand et de petit, de jeune et de vieux, de chaud , de froid, de pesant , de léger, de doux , d'amer, etc., nous ne désignons, en effet , que les relations que les choses extérieures ont avec nous ou les unes avec les autres. Au contraire, on peut diviser méthodiquement les rapports nécessaires en trois classes : rapports métaphysiques, rapports mathématiques , rapports logiques et rapports moraux. Les premiers appartiennent aux êtres en général , et nous représentent tout à la fois les conditions de l'existence et les lois les plus universelles de la raison , comme le rapport de la cause à l'effet, de la substance au phénomène, de la succession au temps, de la matière à l'espace. Les seconds se renferment dans les nombres et dans l'étendue, et sont aussi nécessaires que les premiers; mais, au lieu d'être l'objet d'une aperception immédiate, ils réclament l'intervention de la réflexion , et plus particulièrement de la comparaison. Aussi sontils justement définis le résultat de la comparaison de deux quantités. Les rapports logiques sont ceux qui déterminent, non le fond , mais la forme et l'ordre nécessaire de nos pensées ; ils interviennent entre le sujet et l'attribut, l'affirmation et la négation, le général et le particulier, les prémisses et la conclusion, etc. Enfin , la relation que nous apercevons entre toute action libre et une loi universelle, un ordre immuable commandé par la raison; celle qui associe à un bien accompli l'idée de récompense , et au mal fait avec intention l'idée d'un châtiment : voilà les fondements sur lesquels reposent tous les rapports moraux.

On conçoit qu'en raison de sa généralité et de sa simplicité , la notion de rapport ait été comptée, par Kant aussi bien que par Aristote, au nombre des catégories. Cependant cette opinion n'est pas fondée, si par catégorie l'on entend une notion universelle et nécessaire de la raison. En effet, comme nous venons de nous en convaincre, il y a une foule de rapports que nous ne connaissons que par expérience , et

Îui ont toute l'inconstance et la mobilité des autres idées de cet ordre, luant aux rapports véritablement nécessaires, ils sont déjà comptés parmi les catégories sous d'autres titres, comme ceux de substance, de cause; d'infini, de temps, d'espace; car aucune de ces idées ne peut se montrer à notre esprit complètement isolée , mais elle est toujours accompagnée du rapport qui la distingue et la caractérise.

RATIONALISME , RATIONALISTES. Le mot rationalisme n'est pas le nom d'un système particulier de philosophie , il ne désigne pas même une méthode ; il exprime , d'une manière trèsgénérale , l'emploi du raisonnement et de la raison dans l'étude des questions religieuses, morales et logiques. Un homme, sans être exclu-

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