‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 68 sur 91 · REINHOLD · texte numérisé non relu

REINHOLD

Kant, qui supposait que, la connaissance des objets réels dépendait , d'une part, des formes subjectives de l'entendement, et, d'un autre côté , de la matière objective qui vient affecter la sensibilité, se trouve déduit et établi.

Cette théorie élémentaire, comme l'appelait son auteur, rencontra de nombreux adversaires, les uns la trouvant inutile, les autres insuffisante. Reinhold lui-même se rangea à ce dernier avis , quand parut Fichte, qui remonta jusqu'au principe suprême de la conscience ellemême. Avec une sincérité qui l'honore, Reinhold se déclara ouvertement pour la nouvelle théorie de la science, et il ne lui restait que la gloire d'avoir le premier senli l'insuffisance de la Critique de Kant et cherché à la compléter.

Cependant , ayant fait la connaissance personnelle de Jacobi , qui était venu s'établir dans le Holstein, il ne tarda pas à entrer dans ses vues. Si d'abord Fichte lui avait mieux fait comprendre la philosophie de Kant , maintenant il se persuada que Jacobi complétait Fichte. Il essaya de concilier ensemble l'idéalisme de l'un et le réalisme de l'autre. C'est à cette époque qu'il publia ses Paradoxes de la dernière philosophie et ses deux Lettres à Lavater et à Fichte (1799) sur la foi en Dieu. Il ne considérait pas Fichte comme un athée; mais il regrettait que Dieu ne pût être logiquement reconnu dans son système. D'un autre côté, la philosophie de Jacobi, la philosophie de la foi et du sentiment, ne put le satisfaire à la Longue. 11 admettait avec Jacobi qoe Dieu se révèle dans la conscience humaine; et par là même il renonçait à l'ancien idéalisme qui faisait de toute connaissance un savoir purement subjectif, et il aspirait à une sorte d'idéalisme absolu et objectif, ou piutôt de réalisme rationnel.

La Logique de Bardili , qui parut en 1799, le confirma dans ces dispositions. Selon Bardili, la pensée n'est pas une faculté purement subjective ou humaine, mais une activité productive de l'ordre universel, imprimant ses formes et ses lois à la matière; elle est la pure possibilité dynamique, la force qui crée le monde, le principe de toute réalité. Il s'ensuivait que la logique n'était plus seulement le système des formes de la pensée humaine, mais identique avec l'ontologie, la science des principes éternels et de l'essence des choses. Cette doctrine, qui n'était nouvelle que dans la forme , Reinhold s'empressa de l'adopter, et s'efforça de l'établir à sa manière en la combinant avec les idées de Jacobi, 11 soutint que la raison prise en soi, distinguée de l'entendement comme simple faculté logique ainsi que de l'expérience sensible, et considérée comme pensée absolue et universelle, était la manifestation de Dieu, le principe de toute réalité et de tout savoir; que les lois de la raison étaient aussi celles des choses, et que l'ordre idéal, ou ce qui, dans notre pensée, s'annonce avec les caractères de l'absolu, du nécessaire, de l'universel, correspondait parfaitement au monde réel, au système éternel de l'être véritable : de là, pour la métaphysique , le problème de rechercher , par l'analyse des idées et des lois de la raison pure , les propriétés et les rapports universels et immuables de la pensée et de la réalité. C'est dans ce sens qu'il publia divers écrits qui furent peu remarqués.

Il considérait avec raison comme une des causes principales du dés*

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