PHÉRÉCYDE
ils ont pu lui en donner à leur tour ( Voir Rœth , Histoire de notre philosophie occidentale, in-8% Manbeini, 1846 (ail.), ouvrage qui porte aussi ce titre plus exact : Les Doctrines religieuses des Egyptiens et de l oroastre, considérées comme Us sources de nos idées spéculatives). Si la Phénicie a beaucoup emprunté à l'Egypte et à l'Orient en général, elle a beaucoup communiqué à la Grèce et à l'Occident. De toute la race sémitique , la branche des Phéniciens et des Pélasges a été 1W jtermédiaire la plus active entre l'Europe et l'Asie ; cela est écrit dans la langue, les traditions, les mythes, et même les noms des plus anciennes divinités de la Grèce. Les premiers matériaux de la spéculation hellénique remontent à l'Egypte et à l'Assyrie par la Phénicie 5 et, s'il faut Attacher peu de prix à cette circonstance , que le premier philosophe de la Grèce , Thaïes , fut d'origine phénicienne , on peut au moins la regarder comme une de ces singularités auxquelles les faits de l'histoire donnent upe sorte d'importance. C'est un bien grand rôle pour une petite nation , que d'avoir, tout en s'enrichissant par le commerce et l'industrie, jeté des colonies sur toutes les côtes de la Méditerranée, versé sur l'Europe les idées de l'Asie , et enfanté ou nourri la civiliser tion de la Grèce , qui est devenue la philosophie du monde. Ce rôle, la Phénicie Ta joué incontestablement d'une manière éclatante. — Voyez Movers, les Phéniciens, t. 1, Bonn, 1841 (ail.); la Religion et les divinités, 1. 11 ; l* Antiquité phénicienne. Le tome u , dont la première partie vient de paraître sous le titre d'Histoire et constitution politique, Berlin, 1849, a une seconde partie consacrée aux colonies, et une troisième consacrée au commerce, à la navigation , à l'art, à l'in»dustrie, aux moeurs et à la littérature. — M. Movers a publié , dans Y Encyclopédie d'Ersch et Gruber, l'excellent article Phéniciens.^- On trouve au Journal des savants, année 1846 , un article de M. Etienne Quatremère sur le premier volume de M* Movers. ■— Voir aussi la liste des écrivains sur les antiquités de la Phénicie, dans Lobeck, Aglaophamus, p. 1267. J. M.
C PHÉRÉCYDE , fils de Babys, naquit à Syros, Tune des Cyclades, vers la 45e olympiade, environ six cents ans avant notre ère ; c'était le temps où Thaïes, parvenu à la maturité de l'âge, attirait sur lui les yeux de la Grèce entière, le temps où le port de Syros, visité dès le siècle d'Homère par les navigateurs phéniciens, se remplissait de leurs marchandises et de leurs vaisseaux. Ces deux circonstances décidèrent de la direction d'esprit du jeune Phérécyde, La tradition des écoles conservée par Josèphe, Suidas, Eusèbe , Hesyohius, nous le , montre s'initiant aux dogmes religieux de la Phénioie au moyen de ' livres seerets qu'il était parvenu à se procurer, et s'essayent à suivre les traces de Thaïes, dont l'immense gloire excitait son émulation* Diogène Laërce ajoute qu'il reçut aussi les leçons de Pittaous. Mais comment croire à son témoignage lorsque tous les auteurs affirment que Phérécyde n'eut d'autre mattre que lui-rmème et les livres des Phéniciens ? On sait, du reste, que nul des sept sages ne s'occupait de l'enseignement de la jeunesse, et Ton voit que, lors de la naissance de Phérécyde, Pittqcus, tout occupé du soin de gouverner son pays, était déjà âgé de 56 an$. A plus forte raison ne peut-on pas s'arrêter à