RICCI
RICCI [Paulus Riccius], philosophe de l'école kabbalistique fondée par Reuchlin et Pio de la Mirandole. Il appartient à la fin du xve et au commencement du xvi* siècle. Juif de naissance, il se convertit au christianisme, devint médecin de l'empereur Maximilien Ier, et enseigna pendant quelque temps la philosophie et la médecine à l'université de Pavie. Il a laissé deux écrits publiés tons deux dans le recueil de Pistorius : Artiê cabalistieœ, hoc est reconditœ theologiœ et philosophiœ scriptorum 1. 1, in-f°, Bâle, 1597. L'un de ses écrits, Isagoge in cabbalistarum eruditionem et introdttctoria theoremata cabbalutica , est une simple introduction à la science kabbalistique, où l'auteur se borne à résumer, sous une forme très-rapide , les opinions de ses devanciers. L'autre, intitulé De cœlesti agricultura, contient le développement de sa propre pensée, et nous offre tout à la fois une défense de la kabbale et une démonstration du chrislianiflfene contre les philosophes et les incrédules. — Voyez la Kabbale, par M. Franck, préface, p. 18. X.
RICHARD DE SAINT- VICTOR. On ne connaît point la date précise de sa naissance ; on sait seulement qu'il reçut le jour, en Ecosse, dans les dernières années du xie siècle , ou plutôt dans les premières du xne , il mourut, selon toute apparence, le 10 mars 1173. Il était entré de bonne heure au monastère de Saint-Victor ; il y fit profession sous l'abbé Gilduin , et fut un des disciples du célèbre Hugues. On le trouve sous-prieur en 1162. Il ne tarda pas à en être prieur, et lutta en cette qualité , tout le reste de sa vie , contre la mauvaise administration et la conduite peu édifiante de l'abbé Ervisius. Ses écrits exercèrent de son temps une grande influence , et furent fort recherchés de ses contemporains. Il compta parmi ses amis saint Bernard , qui le consultait fréquemment.
Richard ne se montra point infidèle aux traditions de la vie contemplative , qui firent l'honneur du monastère de Saint- Victor. C'est le caractère dominant et à peu près unique de ses écrits.
De philosophie proprement dite, on n'en trouve guère que dans les deux premiers livres de son Traité de la Trinité. Là , avant d'entrer dans l'exposition théologique du dogme , il expose quelques prolégomènes dont une partie rentre dans la généralité des questions de méthode; l'autre concerne Dieu et ses attributs. Nous en présenterons une rapide analyse.
Il y a, selon Richard, trois sources de la connaissance : l'expérience, le raisonnement, la foi. L'expérience a pour objet les choses temporelles; le raisonnement et la foi, les choses divines : le premier nous fait connaître celles qui sont selon la raison; la seconde, celles qui , dues à une. révélation divine , sont au-dessus de l'intelligence* Parmi les choses que nous devons croire, il en est quelques-unes qui , non-seulement sont au-dessus , mais contre la raison , et que nous ne pouvons savoir que par l'étude la plus profonde et la plus subtile , ou , plutôt, par une communication de Dieu lui-même. Ainsi, d'après Richard de Saint-Victor, la foi commence , te raisonnement suit et en approfondit l'objet. La raison nous enseigne un Dieu un , éternel , incréé, immense, tout-puissant, etc. A cette idée, la rêvé-