RICHARD
lation ajoute la Irinité de personnes. Arrêtons-nous à ce qui concerne Dieu considéré dans son unité , tel que le donne la philosophie.
Et , d'abord , la substance suprême est d'elle-même , et, par cela, de toute éternité. Il dit la substance suprême et non supérieure, et distingue ces deux propriétés avec le même soin et par les même» arguments que saint Anselme ; elle est d'elle-même , car elle n'a rien reçu qu'elle ne se soit directement donné j elle est d'elle-même , et c'est par cela que toutes choses ne peuvent être que d'elle et par elle. Il emprunte encore à l'archevêque de Cantorbéry cette idée , que Dieu n'est pas sage , qu'il est la sagesse ; qu'il n'est pas puissant , qu'il est la puissance, etc. ; mais il n'entre pas , sur ce sujet, dans des développements aussi profonds et aussi précis. Enfin j on le retrouve encore sur les traces de saint Anselme, dans ces conclusions : la substance suprême ne #urait avoir d'égal ou de supérieur ; il ne saurait y avoir un autre être participant à sa nature ; elle est la même que Dieu, qui est substantiellement un.
On trouve encore un vestige de l'argument ontologique dans cette idée , que I)ieu ne saurait concevoir un être plus parfait que lui-même, et qu'à plus forte raison la pensée de l'homme n'y parviendrait pas. A l'occasion de la perfection de Dien , Richard développe en quelques lignes une observation qui n'est pas sans portée ; il fait remarquer que , savants ou ignorants , tous attribuent , sans hésiter, à Dieu ce qu'ils jugent le meilleur, et que c'est de là que partent les sages pour établir, sur un terrain solide, le principe d'où ils font rigoureusement découler les attributs divins.
Après avoir insisté , dans le premier livre , sur l'éternité divine, il recherche , dans le second , quels sont les attributs de Dieu. Cette partie de sa théodicée est solide , quoique subtile , surtout dans la forme ; et pour l'apprécier avec justice , il ne faut pas oublier que les arguments dont elle fait usage , répandus dans les écoles depuis des siècles, étaient moins connus à cette époque.
Quoique Richard de Saint- Victor ne manque ni de sagacité métaphysique, ni de clarté dans l'exposition, il est facile de voir que ce ne sont là ni les caractères les plus saillants de son esprit , ni le genre de considérations auxquelles il (aime à se livrer. C'est, avant tout, un esprit contemplatif, fidèle aux traditions de l'école de Saint- Victor. Cette école de mysticisme, quoique exclusivement chrétienne, n'en intéresse pas moins , au plus haut degré , l'observation psychologique de l'histoire de la philosophie. ,
En effet , le moyen âge est une de ces curieuses époques où toutes les habitudes de l'esprit , dérivant d'un même besoin , celui d'une alliance étroite entre la science et la foi , semblent donner lieu à une psychologie particulière* Il n'est point de notre sujet d'en développer ici le caractère; nous ferons seulement remarquer que , dans ce grand ensemble , l'école de Saint- Victor , tout en participant au caractère général, eut cependant sa nuance propre, nettement déterminée. Richard, disciple de Hugues, est, comme lui, contemplatif chrétien , et nous ajouterons biblique. L'état de l'âme dans les divers dégrés de son élévation vers Dieu , est le sujet sur lequel il revient sans cesse , et qu'il sait retrouver sous toutes les expressions , sous
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toutes les images de l'Ecriture. Nul n'a porté plus loin l'art de transformer les expressions et les faits en métaphores inattendues , sous lesquelles se cache, comme un sens profond , une situation de l'âme. « Que nous représente, dit-il, Nabuchodonosor, qui, après avoir été favorisé d'une vision mystique, la perdit, pour la recevoir plus tard avec plus de développement , si ce n'est que la grâce de la contemplation nous est donnée d'en haut, nous est ensuite retirée pendant quelque temps, et rendue avec plus d'abondance. » (De Eruditione hominis interioris , occasion* accepta ex sornnio Nabuchodonosor, c. 1.) Et ailleurs : a Par le tabernacle de l'Alliance , il faut comprendre l'état de perfection. Où est la perfection de l'âme , là est l'habitation de Dieu. Plus l'âme s'approche de la perfection, plus elle s'allie étroitement à Dieu. Mais autour du tabernacle doit régner un portique ; il faut donc entendre par le portique, la discipline du corps ; par le tabernacle, la discipline de l'âme, etc. » (Nonnullœ allegoriœ tabernaculi fœderis,etc.,ininitio). Le principal ouvrage de Richard de Saint- Victor, sur la contemplation , a pour titre Benjamin major, de gratia contemplationis , occasion» accepta ab arca Moysis. Il est partagé ea cinq livres.
Cette prédilection pour l'allégorie ne fut sans doute pas étrangère aux liens d'amitié qui unirent Richard de Saint-Victor à saint Bernard ; elle caractérise cette époque, et sous ce rapport mérite d'être étudiée comme une des formes de croyance et de piété qui domina longtemps les esprits. Elle intéresse le philosophe, qui juge avec raison dignes d'étude tous les aspects sous lesquels le sentiment religieux, la croyance en Dieu et l'aspiration vers lui, se produisent dans l'humanité.
Les traités sortis de la plume de Richard de Saint- Victor sont nombreux. Ils ont été réunis en un volume in-f°, et imprimés ainsi plusieurs fois. La meilleure édition est celle de Rouen, Jean Berthelin, 1650 : elle est due aux soins de Jean de Toulouse , chanoine régulier de Saint- Victor, naturellement admirateur d'un des écrivains les plus distin gués de son ordre. On trouvera la liste des manuscrits inédits dans Y Histoire littéraire de la France, t. xm, p. 486. Ellies Dupin a eu tort de reprocher à Richard de Saint-Victor le défaut d'élévation ; ses écrits prouvent , au contraire , qu'il eut une âme élevée et des sentiments généreux ; et si l'expression en est un peu subtile , cette subtilité tient plus à l'époque qu'à l'écrivain. H. B.
RIGHTER (Jean-Paul-Frédéric), plus connu sous le nom de Jean* Paul , n'est pas seulement considéré en Allemagne comme un écrivain, comme un romancier du premier ordre, mais aussi comme un pen* seur et un philosophe original. Il naquit , en 1763 , à Wiensiedel ; étudia, en 1780, la philosophie et la théologie à l'université de Leipzig; puis, voyageant de ville en ville, passant de Leipzig à Weimar, de Weimar à Berlin, de Berlin à Cobourg, il vécut pendant plusieurs années dans la pauvreté, en donnant des leçons particulières. Enûn , à partir de 1817, pourvu d'une pension du prince Dalberg et, plus tard , du roi de Bavière, il se fixa à Baireulh, où il mourut en 1825.
Jean-Paul est un philosophe à la manière de Jacobi et de J.-J. Rousseau , sans qu'on puisse cependant 1q ranger dans aucune école. Son
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esprit et ses idées philosophiques se montrent snrtaft dans lésr vraies suivants : la Vallée de Campan, ou de V Immortalité de l'âmè; in-8°, Erfurt, 1797; — l'Anéantissement, vision, dans ses Œuvres complètes, et le tome n dfs Récréations de Beckf rj in-8°, 179&; -^ le Son§e et la Vérité, in-8°, Baireuth, 1797; — Palingénésies , 2 vol., in-8% Leipzig et Géra, 1798; — Introduction à lf Esthétique, en 3 part., in-8% Hambourg, 1804, et Tubingue, 1813; — Levants, ou Théorie de Véducation, 2 vol. in-8% Brunswick, 1807; Stuttgart, 1813; — Se lin a, ou de V Immortalité , in -8°, Stuttgart, 1827.
«Une triple foi 4 dit Jean-Paul {Introduction à l'Esthétique), réattit presque tous les penples : la foi en Dieu , dans la loi morale et dans l'immortalité de l'âme. Cette foi a revêtu différentes formes, mais elle est restée la même au fond , et c'est toujours par elle que les peuples dans leur jeunesse, sont guidés vers la civilisation. C'est plus tard que la réflexion , séparant l'idée de la réalité , et ne respectant pas Blême le monde présent, a pu mettre en doute la vie future. »
Outre certains philosophes, le dogme de l'immortalité a pour enneriris; tes hommes d'action , comme César, dont l'existence se confond aven celle de l'Etat, et les hommes sensuels qui ont perdu leur âme et étouffé leur cœur dans de grossiers plaisirs. Néanmoins, il 7 a peu d'hommes qui osent nier résolument l'immortalité de l'âme. 11 y efi a
ri aussi qui y croient d'une manière décidée , effrayés qu'ils sont de grandeur d'une telle destinée, comparée avec notre existence terrestre. La plupart balancent incertains entre l'affirmation et la négation. Il y a cependant, dans notre âme, un monde spirituel; qui reluit comme on soleil dd sein des nuages du monde matériel; c'est le idondë de la vertu , de la beauté et de la vérité. Calte triade harmonique bous élève nécessairement au-dessus de cette terre, avec laquelle elle n'a rien de commun ; car elle ne sert ni à notre conservation, ni à notre félicité actuelle. Noos avons une faim divine ,• le goût d'un Dieu ; et la terre ne nous offre que la nourriture défi bêtës. De cet amour infini, nous sommes forcés de conclure à une existence sans terme;
Ces idées sont particulièrement développées, avec une grande puissance d'imagination, dans la Vallée de Campan. Le roman de Selina «et destiné à faire ressortir, par les ressources réunies de la poésie et de là logique, les conséquences de la doctrine qui ne laisse à rhomttté aucune espérance après la mort. Admettez résolument que tout en iltms périt avec le corps, alors l'existence des peuples et des siècles 6&t sans but , le passé est perdu pour le présent , et le présent pour l'avenir; lé monde n'est qu'un cimetière qui va s'élargissant toujours; tin Dieu solitaire règne sur des mourants et des morts. L'amour môme devient impossible entre les hommes; car, sans l'immortalité, nul He peut dire j'aimais, il dira seulement je voulais aimer. L'amoor suppose la vie 5 et, sans l'immortalité, la vie n'est qu'une apparence Vaine.
Tout le monde connaît la Vision de Jean-Paul, traduite par madame dé Staël , dans lé livre de l'Allemagne; c'est toujours la même pensée > l'horreur et là désolation que présente l'athéisme.
On trouve également des idées élevées et très-saines dans Levant ,
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-ou la Théorie de l'éducation. L'éducation est «une puissance multiple et variée , car elle n'est pas seulement donnée par l'école, mais aussi par la famille, par la nature à laquelle on appartient, et, enfin , par te temps où Von vit. Le but de l'éducation est, comme Ta dit Kant, de réaliser l'homme idéal que chacun porte en soi. Par conséquent, il faut développer également toutes les facultés de l'enfant; mais en respectant son caractère individuel, car l'idéal infini de l'humanité ne se réalise pas tout entier dans un homme; les facultés sont inégalement et diversement réparties entre les individus. Il faut s'occuper du ca raotère encore plus que de l'intelligence, il faut faire reposer l'éducation sur la morale et la morale sur l'idée de Dieu. Jean-Paul ne partage pas l'opinion de Rousseau, que l'enseignement religieux doit être différé jusqu'à Page de raison, mais il demande que l'enfant n'entende prononcer le nom de Dieu que rarement, et dans des moments solennels -, afin qu'il se présente toujours à son esprit avec le caractère -dtusublime. Surtout, il faut lui donner l'exemple de la piété, et lui apprendre à respecter tous les cultes , comme autant de langues qui expriment tes mêmes «en timents. L'Esthétique de Jean-Paul, «a Théorie du beau, et an moyens de Vexprimer, est digne de sa morale et de ■Sa métaphysique; mais sa manière de l'exposer est trop liée à son génie littéraire pour qu'il soit possible d'en donner une rapide analyse. X.
ÏIIDIGER ou RUDIGER (André) , tté à Rochlitxen 1673, étudia d'abord la philosophie et la théologie à l'université de Halle, sous la direction de Thoraasius, en qui il avait trouvé tout à la fois un maître et ton protecteur. Le séjour de Halle étant contraire à sa santé, il se rendit, sdans l'intention d'y continuer ses études théologiques , à l'université d'Iéna; mais les leçons particulières, sur lesquelles il avait compté pour vivre, lui ayant fait défaut , il quitta cette dernière ville pour aller à Leipzig. 'Là , de nouveaux obstaeles l'attendaient. Les théologiens de Halle étaient en très-mauvaise odeur auprès de ceux de Leipzig, et Hidiger, en se vouant à l'état ecclésiastique, n'aurait jamais -pu espérer, en Saxe, le plus chétif emploi. Il quitta donc la théologie pour la jurisprudence, qu'il ne tarda pas à abandonner pour la médecine. 11 s'arrêta enfin à cette dernière Faculté , mais sans abandonner la philosophie, qu'il enseigna avec succès dans des cours particuliers, et à laquelle il consacra de nombreux ouvrages , en mfeme temps qu'il pratiquait l'art de guérir. Il mourut à Leipzig en 1731. '
Ni la science ni le talent ne manquèrent à Ridiger. C'était un esprit pénétrant, mais essentiellement critique. Il apercevait bien les vices de te philosophie régnante; mais, après avoir changé plusieurs fois d'opinion , il ne put jamais réussir à enfanter lui «même un système définitif. Ses études se portèrent principalement sur la logique, qu'il eut eependant te tort de ne pas distinguer assez de ila métaphysique ; et , dans cette science, ce qui te préoccupa le plus, c'est lu distinction., fort négligée jusqu'alors , de la vérité et de la vraisemblance. Il essaye ^également de définir avec précision la différence qui existe entre les mathématiques et la philosophie. Celle-ci, selon kH,<ne peut s'appuyer que sur une démonstration sensible ou sur l'expérience, et celles-
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là sur une démonstration intelligible. C'est convenir, en d'autres termes, que tout ce que nous savons de l'existence et de la nature des choses, que toute connaissance philosophique a son fondement dans le témoignage des sens. En effet, Ridiger appartient à l'école sensualiste. Il attribue l'étendue à la substance de l'âme , ainsi qu'à toutes les choses créées, et considère l'élasticité comme la propriété essentielle des corps. Dans ses Vues générales sur la nature, ou ce que l'on appelait alors la physique, il essaye d'unir le principe vital avec le principe mécanique, et reconnaît comme premiers principes de la nature l'âme ou la vie 9 Téther ou la lumière, l'air et la terre. Il soutint cette doctrine contre le mathématicien Richter, en même temps qu'il défendait contre Wolf l'étendue de l'âme, et combattait, au nom du libre arbitre, l'hypothèse de l'harmonie préétablie.
Les principaux écrits de Ridiger sont : Disputatio de eoquod omnes ideœ oriantur a sensatione, in-4°, Leipzig, 1704; — de Sensu veri et fulsi, libri quatuor, m-8° , Halle, 1709, et in -4°, Leipzig, 1722;— Philosophie synthetica, in-8°, Halle, 1707, et Leipzig, 1711 et 1717. Cette seconde édition a pour titre : Institutions eruditionis; — Physica divina , recta via eademque inter superstitionem et atheismum média, ad utramque hominis felicitatem naturalem atque moralem tendens; in-40, Francfort-sur-le-Mein, 1716; — Philosophia pragmatica, in-8°, Leipzig, 1723; — Instruction pour l'apaisement de Vdme, in-8°, ib., 1721 (ail.); — Opinion de Wolf sur V existence et la nature de Vâme et d'un principe spirituel en général, et objections de Ridiger, in- 8° , ib. , 1727 (ail.). X.
RIEBOV ou RIBBOV [Riebovius], né à Luchow en 1703, mort à Hanovre en 1774 , après avoir occupé pendant longtemps la chaire de théologie de l'université de Gœtlingue , est un partisan de Wolf. 11 .défendit le professeur de Halle contre les accusations de Lange, en montrant que sa philosophie était parfaitement d'accord avec les dogmes du christianisme. Il a laissé deux ouvrages : Développement des idées rationnelles de M. Wolf sur Dieu, etc., in-8°, Francfort et Leipzig, 1726 (ail.) ; — Dissertatio de anima brutorum , jointe à deux éditions de Rorarius , in-8° , Helmstaedt , 1829. X.
RIXNER (Thaddei-Anselrae) , né à Tegernsée , près de Munich , entre 1780 et 1785, mort à Munich en 1838, après avoir été successivement moine bénédictin au couvent de Metten , dans la basse Bavière, professeur de philosophie au lycée d'Amberg, et enfin membre libre (membre extraordinaire) de l'Académie des sciences de Munich, se montra d'abord un disciple ardent de Schelling : mais, sur la fin de sa carrière,.il se rapprocha de l'école de Hegel. C'est dans l'esprit de ces deux philosophes qu'il composa les ouvrages suivants, tous en allemand : Aphorismes pour servir de guide dans l'étude de la philosophie, in-8°, Landshut, 1809; — le même ouvrage refondu avec ce litre : Aphorismes pour toutes les parties de la philosophie , 2 pet. vol. in-8°, Sulzbach, 1818; — Manuel de l'histoire de la philosophie, 3 vol. in-8°, 1822-23; 2« édition, 1828-29; — Maximes et saillies recueillies dans les écrits de Bamannet de Kant, et disposées par
ordre alphabétique, in-8°, Amberg, 1828; — la Vie et les opinions des célèbres physiciens de la fin du xyii* et du commencement du xvin* siècle, publié avec la collaboration de Thaddei Siber, in-8°, Sulzbach , 1819 ; — Histoire de la philosophie dans la vieille Bavière, la Souabe bavaroise et la Franconie , in-8% Munich , 1835, X.
ROBERT , évéque de Lincoln , que Ton appelle encore Robert Grosthed, Grosthead , Grostead , Gratheard, et, en français, Robert Grosse-Tête , né à Strodboock dans les premières années du xme siècle , fit ses premières études au collège d'Oxford , et vint les achever, suivant l'usage, à Paris. Etant évèque de Lincoln, il fut un des adversaires les plus résolus et les plus éloquents de l'omnipotence romaine, et mourut, dit-on, excommunié. La liste de ses écrits philosophiques est assez longue. On trouvera dans YHistoria litteraria de Guill. Cave et dans YAnglia sacra de Wharton le détail des ouvrages inédits de Robert de Lincoln. Les catalogues de la Bibliothèque nationale ne nous font connaître qu'un seul manuscrit de Robert qui ait la philosophie pour objet : c'est une glose sur le livre de la Consolation de Boëce que contient le n° 200 du fonds de St- Victor. De ses ouvrages imprimés , ceux qui nous intéressent sont : 1° Roberti Lincolniensis in octo libros Physicorum brève compendium, in-f°, Venise, 1498 et 1500; in -8°, Paris, 1538;— 2° In Analytica Posteriora, in-f°, Padoue, 1497, ouvrage souvent réimprimé à Venise, au xveet au xvie siècle , comme nous l'atteste le Repertorium bibliographicum de Hain. Robert de Lincoln appartenait à la secte réaliste, et, comme il fut un des premiers interprètes d'Aristote dans l'université de Paris , on doit supposer qu'il exerça quelque influence sur la direction des esprits. A ce titre , ses écrits méritent d'être étudiés avec soin. Il croyait à la permanence objective des universaux, non-seulement au sein des choses, mais au delà des choses, dans les corps célestes, et il considérait les vertus de ces corps comme les raisons causales des universaux naturels. Son système sur l'origine et les conditions de l'être, est , on le voit, celui qu'Aristote met au compte de Platon dans le septième livre de sa Métaphysique. Robert de Lincoln l'avait retrouvé dans le Livre des causes, commenté par le juif David. Roger Bacon était un admirateur passionné de Robert de Lincoln. 11 y a beaucoup d'analogie entre les opinions et le caractère de ces deux maîtres. B. H.
ROBINET (Jean-Baptiste -René), naquit à Rennes le 23 juin 1735. Après avoir fait ses études avec un certain succès , il entra chez les jésuites; mais il ne put y rester. L'esprit de son siècle l'avait déjà atteint, et il passa presque sans transition de l'institut de Loyola dans le camp des philosophes. Après quelques années consacrées à des travaux très-divers, il se rendit en Hollande, et y fit paraître son livre de la Nature (4 vol. in-8°, Amst. , 1761-68), que l'autorité n'aurait pas permis d'imprimer en France. Telle fut l'impression que fit d'abord cet ouvrage, que, publié sans nom d'auteur, il fut attribué aux écrivains les plus célèbres de l'époque, à Diderot, à Helvétius, à Voltaire lui-même. Soit loyauté, soit amour-propre, Robinet ne voulut pas laisser aux autres la responsabilité de son œuvre, et il la reven-»
diqoa en très-bons termes, où la fermeté s'unit à la modestie. Sa for* terne grandit moins vite que son nom. Obligé , pour vivre, de se mettre aux gages des libraires, il publia des romans traduits de l'anglais. H s'adressa jpêmeà des ressources moins honorables. S'étant proetifé, on ne sait par quel moyen , un certain nombre de lettres de Voltaire f il les vendit à un libraire au prix de vingt-cinq louis, et les fit paraître sous le titre de Lettre» secrètes d$ Voltaire (m-&f Genève, c'est-àt-direAnast., 1765). Il quitta la Hollande un peu plus tard, s'arrêta quelque temps à Bouillon, où il travailla avecCaslilhonàdifferentesentreprises littéraires, et revint à Paris en 1778. Quoique vivement attaqué, peu d'années a*-* paravant , par l'abbé Barruel et le P. Richard {la Nature en contrasté* atee la religion et la raison, in-8% Paris, 1773), le livre de la Nature avait laissé si peu de traces, que Robinet fut nommé censeur royal, el pot garder ces fonctions jusqu'à l'époque où elles furent suppritaées. Durant les orages de la révolution , il se retira à Rennes, où il moatut le 24 janvier 1820, après avoir rétracté, si l'on en croit ses biographe^ les opinions de toute sa vie, et signé la déclaration « qu'il voulait vivra et mourir dans le sein de l'Eglise catholique , apostolique et romaine, en communion avec le souverain pontife et les évêques légitimement institués par lui. »
L'ouvrage de Robinet étant peu lu aujourd'hui, et, à l'exception de Buhle, qui en parle d'une manière très-confuse, aucun historien delà philosophie n'ayant jugé à propos de s'y arrêter , nous croyons util* d'en donner ici une rapide analyse.
Le partage du bien et du mal sur la terre; la génération et la repro* duction des êtres ; le fondement de l'ordre moral , ou le principe de la société, des lois et des mœurs; la nature des êtres intelligents, ou , pour nous servir des expressions mêmes de Robinet, la physique dm esprits; enfin la nature et les attributs de Dieu, tel est le sujet corn* plexe du livre de la Nature. Il se compose, comme on voit, des pro* blêmes les plus élevés de la morale, de la philosophie naturelle, de la psychologie et de la métaphysique. Voici maintenant, dans le même ordre, les solutions proposées.
Les biens et les maux répandus dans la nature prennent entre eux un équilibre parfait. Le plaisir et la douleur , le vice et la vertu sont comme des espèces qui ont un cours réglé, et qui haussent et baissent toujours en même proportion. Les êtres tes plus parfaits après Dieu, ceux qui ont reçu les facultés les plus puissantes et les plus riches sont aussi les plus susceptibles de se corrompre, de devenir méchants et, par conséquent, les plus malheureux ; en sorte qu'il y a compensation entre les facultés de chaque être et le bien ou le repos dont il jouit. Hais la croyance à l'équilibre des biens et des maux se fonde surtout sur cette hypothèse métaphysique : il n'y a d'immuable que l'infini et ce qui n'est pas , Dieu et le néant ; l'être fini change à chaque instant, et» dans un instant donné, il ne possède que la plus petite part possible d'exi* stence; en sorte qu'il perd, d'un moment à un autre, autant d'existenoe qu'il en reçoit; et comme exister, c'est le bien, ne pas exister le mal , voilà l'équilibre de l'un et de l'autre établi par le fait même de la créa* tion. Il se démontre aussi par tous les grands phénomènes de la ne* ture : par la nutrition, qui ne peut restaurer sans détruire; par l'aotH
vite, qui détruit autant qu'elle produit; par la sensibilité, qui ne donne point de plaisir sans peine. Il se démontre enfin par Tordre social, où chaque élat a ses soins et ses misères ; par les développements de l'intelligence , les progrès des sciences, des lettres et des arts , auxquels est attaché un égal nombre d'inconvénients et d'avantages. C'est cette théorie qu'un homme d'esprit s'est efforcé de restaurer, au commencement de ce siècle , sous le nom de Système des compensations.
Non-seulement , tous les êtres ont la même condition , c'est-à-dirç la même part de biens et de maux ; ils ont aussi la (même origine; th naissent et se reproduisent delà même manière. En effet, comme kg animaux et les plantes, les minéraux et même les astres sont soumis , d'après Robinet , aux lois de la génération. « Pourquoi , dit-il , ce qui est vrai des corps que contiennent le? astres, ne le serait-il pas des astres eux-mêmes? Oui, tout est vivant dans la création, et tout reçoit ei communique la vie d'une manière au fond uniforme. » Avec la génération et la vie, on rencontre partout les organes nécessaires à la production de ces deux phénomène* ; tous les êtres sont donc organisés ; les corps bruts n'existent pas ; et une grande partie de l'ouvrage que nous analysons est consacrée à démontrer physiquement cette organisation universelle.
En un mot, tous les êtres ne sont que des variétés du type animal s par conséquent, les lois qui les gouvernent, les principes auxquels ils obéissent sont essentiellement les mêmes, quoique ipis en rapport avec les facultés de chacun d'eux. Or, la loi universelle de la nature animale^ quelle est-elle? C'est l'instinct. Donc, la loi sur laquelle se fondent là société et les moeurs, la loi de l'espèce humaine , la loi morale enfin , n'est qu'un instinct plus parfait que celui des autres animaux , ou oA sens d'un autre ordre; « sens intérieur qu'on ne peut mieux comparer qu'au goût du doux et de l'amer , et qui nous détermine à juger du juste et de l'injuste , comme nous jugeons des saveurs, avant toute réflexion. » Il agit aussi à la manière de la vue , lorsqu'il nous rend sensibles à la beauté et à la difformité des actions, comme nous le sommes à la beauté et à la laideur des choses visibles. Il agit à la manière de l'ouïe , en nous faisant concevoir les bonnes et les mauvaises actions comme des accords et de? discords ; à la manière de l'odorat , en nous représentant la vertu comme un parfum $ enfin , à la manière du tact. Le sens moral est donc un véritable sens cpmme un autre • et il a aussi son organe , mais caché dans les profondeurs de notre organisation.
De la théorie de l'instinct moral , nous sommes naturellement conduits à celle de l'âme en général , ou ce que Robinet appelle la physique des esprits. Parlant de ce principe , emprunté à Leibnitz , que l'univers est un certain développement de semences préexistante*, notre philosophe suppose que tous les esprits , dès l'instant de la création , ont existé en germe ou en raccourci , unis à des germes d'organisation. Ainsi , point d'âme sans corps , ni de corps sans âme. Ce* deux natures ne dérivent pas Tune de l'autre ; mais elles ne peuvent ni exister, ni se concevoir l'une sans l'autre. À chacune des fonctions de l'esprit , aux sensations , aux idées , aux volontés , correspondent certains organes intérieurs, certaines fibres du cerveau j en sorte que le
corps n'est animé que par l'esprit , et que l'esprit ne pense que par le corps. Si ce n'est pas là le matérialisme , c'est du moins une doctrine qui lui est très-favorable.
Quant à la nature et aux attributs de Dieu, Robinet pense que l'idée qu'on s'en fait ordinairement n'est que l'idée même de l'homme, élevée a des proportions chimériques. Par conséquent , il se propose de purifier la notion du premier être de tout alliage d'anthropomorphisme; et , dans ce but , il s'applique à démontrer qu'aucun des attributs de la nature humaine ne convient à Dieu , puisque l'homme est an être fini , divers , successif ; tandis que Dieu est infini , un , indivisible. Cependant , comme il nous est impossible de donner à Dieu des attributs inférieurs à ceux que nous apercevons en nous, et que les qualités des créatures sont le seul moyen que nous ayons de nous représenter le Créateur, il faut nous résigner à cette conclusion , que la nature divine nous est absolument incompréhensible. Nous savons que Dieu existe ; nous le connaissons comme créateur : car l'effet nous atteste la cause, et le fini l'infini; mais entre ces deux ordres d'existence , et, par conséquent, entre Dieu et l'homme, il n'y a aucune analogie possible : ils diffèrent à la fois de degré et de nature. La cause première habite une gloire inaccessible , et tout ce que nous pouvons faire , c'est de la distinguer de ce qui n'est pas elle. Après avoir parlé du Créateur, Robinet, dans une dernière partie de son livre, qui a pour titre de l'Origine, de l'antiquité et des bornes de la nature, s'explique aussi sur la création. Il veut que la création soit éternelle, mais non le monde , non les objets créés. Il croit que Dieu , de toute éternité , donne à la nature une existence temporaire , la seule qui lui convienne; et, par cette proposition, il pense échapper à la fois à deux opinions extrêmes : celle qui considère le monde comme éternel, et celle qui suppose qu'il a été créé après une éternité. Cette même hypothèse le sauve du spinozisme, qui confond le monde avec Dieu : car l'existence du monde ne complète pas celle de Dieu , et la nature créée n'ajoute rien à la nature incréée.
Telle est la doctrine philosophique, nous ne dirons pas le système de Robinet , plus ambitieuse de nouveauté que de vérité, plus variée que conséquente, plus aventureuse qu'originale. Elle n'appartient, à proprement parler, à aucune école ; mais elle emprunte à plusieurs leurs principes les plus importants, sans trop s'occuper de leurs rapports : à Locke la théorie de la connaissance par les sens; à Leibnitz, la loi de continuité , l'idée d'une vie répandue dans toute la nature et d'un certain équilibre du bien et du mal ; à Hutoheson l'hypothèse de l'instinct moral.
Au livre de la Nature se rattachent les Considérations philosophiques sur la graduation naturelle des formes de Vitre, ou Essais de la nature qui apprend à former l'homme, in -8°, Amst. , 1768. Ce volume ne renferme guère que des extraits de divers naturalistes , qui devaient servir de matériaux à un autre ouvrage, que Robinet n'a pas composé. — M. Damiron a consacré à Robinet un mémoire étendu , dont des fragments ont été publiés dans le Compte rendu des séances de l'Académie des sciences morales et politiques, t. vi et vil, 2 série.
ROEL. 409
ROEL ou ROELL (Hermann-Àlexandre), théologien hollandais, mort à Utrecht, en 1718, et grand partisan de la philosophie cartésienne ; il la défendait contre les adversaires qu'elle avait en Hollande, et essayait de l'appliquer à la théologie. On a de lui deux écrits : Roetii Dissertatio de religione naturali, in-f°, Franecker, 1686 ; — Dwptitationes philosophieœ de theologia naturali duœ , de ideis innatis una, Ger. de Tries diatribœ oppositœ , in-8°, ib., 1700, et Utrecht , 1713. X,
ROHAULT fut un des premiers et des plus zélés propagateurs du cartésianisme en France , par ses livres et ses leçons. Voyant en lui un des plus fermes appuis de la philosophie nouvelle, Cterselier lui donna sa fille en mariage, sans tenir compte de l'infériorité de sa naissance et de sa fortune.
En reprochant aux disciples de Descartes leur stérilité et leur servile attachement à la doctrine du maftre, Leibnitz fait une exception honorable en faveur de Rohault. Il s'attacha, surtout, à la physique, où son goût naturel le portait : a La nature , par un avantage tout singulier, lui avait donné un esprit tout à fait mécanique fort propre à inventer et à imaginer toutes sortes d'arts et de machines, et, avec cela, des mains artistes et adroites pour exécuter tout ce que son imagination pouvait lui représenter. » Il inventait et faisait une foule d'expériences. Il jouit d'une grande réputation. Les jeunes gens de première qualité venaient lui demander des leçons. Des professeurs eux-mêmes, dit Clerselier, n'ont point eu honte d'abandonner leurs chaires pour devenir ses disciples. Bien plus , sa réputation s'étant étendue en pays étranger, il lui en venait de toute part, et en si grand nombre, qu'il ne pouvait plus suffire à tous. Toutefois, il a tiré sa plus grande gloire des conférences publiques qu'il faisait à Paris tous les mercredis. On y voyait accourir des personnes de toute sorte de qualités et conditions , des prélats , des abbés , des courtisans , des médecins , des philosophes , des écoliers et des régents , des provinciaux , des étrangers , et des dames qui étaient placées au premier rang. Clerselier nous apprend aussi la méthode qu'il suivait dans ses conférences. Il expliquait, l'une après l'autre , toutes les questions de physique , en commençant par l'établissement de ses principes , et descendant ensuite à la preuve des effets les plus particuliers et les plus rares. Il publia , en 1771 , un Traité de physique, dont le succès fut immense, non-seulement en France, mais a l'étranger. «Nos libraires, dit Clerselier, tâchent partout de le contrefaire; dans les pays étrangers il s'imprime publiquement, et déjà on Ta traduit dans plusieurs langues. » Il fut annoté par Antoine Legrand , et traduit en latin par Samuel Clarke. Pendant longtemps le Traité de physique de Rohault fut un ouvrage classique en France et en Angleterre. 11 se recommande surtout par la méthode et la clarté.
Rohault est aussi l'auteur d'un petit ouvrage intitulé Entretiens de philosophie , où il s'applique surtout à repousser toutes les accusations qui pouvaient attirer la censure sur ses principes et sur ceux de Descartes. Dans la première partie , pour calmer les partisans fanatiques d'Aristote , il cherche à établir fa similitude des principes
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généraux de la physique de Descartes, à quoi il ne parvient qu'en altérant singulièrement le vraj sens du péripalétisme. Dans la seconde partie il (raite de l'autoiniiUsiue des bêle s, et il lâche de répondre an* objections que prpvoqu&il de foule part l'hypothèse de Descaries. De même que Descartes, Clerselier et beaucoup d'autres cartésiens, et non moins malheureusement, il a voulu aussi démontrer l'accord de la philosophie cartésienne avec les principes du concile de Trente, relali? vemept au dogme de l'eucharistie. Suivant celte philosophie , les fùeir dents du pain et du vin, au lieu d'être dans les objets eux-mêmes, sont dons des impressions de nos sens ; ils ne sont pas réellement d$as les choses, mais en nous : ils sont donc non-seulement séparapjes , rpsja séparés des objets. Ôr, avons-nous quelque difficulté à concevoir ,quf) Dieu puisse Taire par lui-même, dans nos sens, les mêmes unpreasioas que le pain et le vin y feraient s'ils n'avaient pas été changes 1 C'esi ainsi que, selon Rohuult, le cartésianisme facilite l'explication de )'euch»rislie. Maigre fous ces efforts pour concilier le cartésianisme avec la foi, ef les principes de la physique avec les décisions du concile $i Trente sur la transsubstantiation , Kohault n'en demeura pas mpij)8
Îiuspéct sous le rapport de la foi, et quelques persécutions troublèrent a fin de sa vie. En voici le dernier trait , rapporté par Çlerseiier : « Son curé, gui , d'ailleurs , était assuré de sa Toi pour s'être plusieurs fois entretenu avec lui sur ce mystère , s.e crut obligé . lorsqu'il lui
fiorta le saint viatique r pour avoir des témoins qui ppssenf , comme ni , répondre de sa foi , de l'interroger en présence de toute h) corn- Ejnie qui assistait à celle triste cérémonie, sur les prjucipauf articles noire croyance, s II mourut en 1672, et fut enterré f? Sainfftr oevièye , h côté !de son malire Déscartes.
Voir, sur Rohaull , la préface de Clerselier, au second volume des Lcftret de Dcsçartef, et'aux OEuvrtt posthumes de Rohault , ip-Vj Paris , 1682. Consultez YHittoyre de la philosophie du xv>£ nwcls, par M. Damirpn- ". F. p.
BQ3f AGNOSI ( Gian-Poioenico}, philosophe et jurisconsulte fialien, niwjùil a Salsp-Maggiore, priés de Plaisance, en \%i. £pnèsuvojr fait ses' premières éludes au collège Alberoni, à Plaisance, il suivît, ja Parme, les cours de j'Unjversité, el prit le grade de bachelier en droU civil et en droit canon- U fut successivement préteur de )anlle de
5 'rente, en J793, secrétaire général du nu'nislère de la Justice, sous U omination française; professeur de droit public a l'université de Parme, ensuite Je Milan, fil plus lard de Pavie. Destitué de ses fonptions au retour de l'ancien gouvernement, en 1817, il chercha d'abord dfis ressources dans les cours particuliers qu'il Cl, tantôt à Milan, taor tôtàVenjiiej puis ayant accepté , en 182'», sur l'invitation de lord Quil/ord, une chaire à l'université dctJorïou, il conserva celte pôsjj lion jusqu'à sa mort, arrivée en 1835. Romaguusi a laissé les ouvrages suivants, Ions consacrés à la philosophie proprement dite, ou a la philosophie du droi). : là Ge"i*e du droit pénal {Gênai dpi diriltp, pénale), 3 vol. in-8% 1791 rt 1823; Florence, 1832 ; — Infroductùlft à l'élude du droit publie { Introduzione allô studio det dirïtto pubtieo), % yp). in-3% Parnie/ lSp^j — la Pkilfuophie morale du anfitt^