SALISBURY
nous appelons ainsi , les affections de là famine, )e patriotisme, l'amour de l'humanité, no nous représentent que les différents degrés d'extension dont ee sentiment est susceptible. C'est nous-mêmes que nous aimons dans les autres, dans noire femme et dans nos enfant?, dans nos coneitoyens , dans nos semblables. D'ailleurs , comçaept rhompae n'aurait-il point pour ses semblables le même amour qu'il a pour luimême, puisqu'il ne peut pas vivre sans eux ? L'état de nature, tel que l'ont rêvé certains philosophes, n'a jamais existé, selon Delisle de Sales; l'homme est né pour la société, et toutes les lois sur lesquelles repose l'ordre social se confondent avec celles dont dépend notre propre bonheur. Quant à la manière dont ces lois doivent être rendues et exécutées; quant à la forme du gouvernement, dont Delisle de Sales a longuement traité dans son Eponine, elle doit être également éloignée du despotisme et de l'anarchie : elle doit être une monarchie tempérée par des lois et garantie par la distinction des rangs. Le gouvernement chinois parait être son idéal. Il se déclare fortement contre la peine de mort, qu'il accuse non-seulement de cruauté, mais d'impuissance. Il l'assimile à la loi du talion ; il la regarde comme un attentat à l'inviolabilité de la vie humaine, et ne lui reconnaît pas d'autre résultat que l'endurcissement des âmes et la férocité des mœurs.
Delisle de Sales a été d'une fécondité inépuisable. Ceux de se? écrits qui, après la Philosophie de la nature, ont le plus d'intérêt poqr ce Recueil, sont les suivants : Essai sur la tragédie, par un philosophe, in-8*, Paris, 1774 $ — Examen pacifique et paradoxes d'un célèbre astronome, en faveur des athées, in-8°, 1804- j — Philosophie du bonheur, 2 vol. in-8p, 1796 i une analyse de cet ouvrage, par l'auteur lui-même, a été insérée dans le t. n des Mémoires de ht classe des sciences morales et politiques de l'Institut ; — Mémoire en faveur de Dieu, in -8% 1802 j — Histoire philosophique du monde primitif, 7 vol. in-8°, 1798 : c'est un système sur la Formation du globe, qui devait servir d'introduction à Y Histoire des hommes, c'est-à-dire upe histoire universelle en 52 volumes , dont de Sales a écrit les &0 pre~ miers ; — Ma République, auteur Platon , éditeur J. de Sales, 12 vol. in-12, 1701 : réimprimé sous le titre à* Eponine, 6 vol. in-8°, 1793.
SALISBURY ou SARISBÉRY (Jean Petit , Johannes Parvus, plus connu sous le nom de), était ainsi appelé de sa ville natale, la capitale de Wiltshire. Comme celte province s'appelait autrefois Sèveria, en souvenir de Pempereur Sévère , conquérant de la Grande-Bretagne , il n'est pas rare que l'écrivain dont nous nous occupons soit aussi désigné sous le nom de Severianus. Il nous apprend lui-même qu'il était très-jeune encore, adoleseens admodum, quand il vint étudier en France, un an après la mort de Henri I", roi d'Angleterre 2 c'est-à-dire en 1136. Il suivit d'abord les leçons d'Àbailard , pour qui il conserva toute sa vie la plus vive admiration , et dont la doctrine semble avoir laissé le plus de traces dans son esprit. Lorsque Àbailard eut oessé d'enseigner, il eut successivement pour maîtres de dialectique Albéric de Reims, Robert de Melun, Guillaume de Conches, Adam du Petit* Pont, qui fat aussi son protecteur, Guillaume de Sois» sons, Gilbert de la Porrée, Robert Pullus et Simon de Poissy. L'évê-