‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 81 sur 91 · SALLUSTE · texte numérisé non relu

SALLUSTE

les philosophes de son siècle. Salisbury ne les flatte pas, tout en exprimant de l'admiration pour quelques-uns d'entre eux. Il leur reproche de ne pas puiser leur science à sa véritable source, de ne pas connaître Aristote par ses œuvres mêmes, au lieu de l'étudier dans des traductions informes et infidèles. Il se plaint aussi de l'obscurité qu'ils affectent dans leurs leçons et des discussions frivoles, des subtilités puériles dont ils ont embarrassé la dialectique. Partout il se raille des nominalistes ; ce qui ne veut pas dire , comme on l'a prétendu , qu'il ait épousé la cause du réalisme. Il est plus probable qu'il est resté attaché au conceptualisme d'Abailard. Du reste , il n'exprime pas la même opinion dans ses deux ouvrages. Le Policraticus nous le montre attaché aux doctrines de Platon, sans qu'il admette la supposition, très-accréditée alors , que Platon a puisé toutes ses idées dans les livres saints. Dans le Metalogicus, au contraire, il se donne expressément pour un disciple d'Aristote.

Les deux ouvrages de Salisbury ont été imprimés plusieurs fois , tantôt séparés et tantôt réunis. Les éditions où ils se trouvent réunis sont celles de Lyon, in-8°, 1513$ deLeyde, in-8°, 1639, et d'Amsterdam , in-8°, 1664. Le Polieratique a été traduit en français par Mézerai , sous ce titre : Variétés de la Cour, par Jean de Sarisbéry, in-4°, Paris, 1640.

On a aussi de Salisbury un petit poëme, de Membris conspirantibus ; — une Vie de saint Anselme de Cantorbéry, dans YAngliasacra de Warthon, t. h, p. 14 j — une Vie de Thomas Becket, Vita atque passio sancti Thomœ, dans le Quadrilogus, publié par ordre de Grégoire XI, in-4°, Paris, 1495 ; — un Commentaire sur les Epitres de Saint-Paul , in-4°, Amst., 1646 j — et 339 lettres. Tous ces écrits sont analysés avec le plus grand soin dans Y Histoire littéraire de France, t. xiv, par le marquis de Pastoret.

SALLUSTE. Il a existé deux philosophes de ce nom : l'un néoplatonicien , qui florissait au ive siècle de notre ère , et auteur du petit traité des Dieux et du monde ( iiepl 6eûv xal xoopou) ; l'autre cynique, qui appartient au vie siècle. Nous nous occuperons d'abord du premier.

Secundus Sallustius Promotius, ordinairement appelé Sallustele Philosophe , naquit dans les Gaules , d'une famille patricienne , au commencement du ive siècle après Jésus-Christ. Nommé préfet des Gaules par l'empereur Constance , et chargé de surveiller la conduite de Julien , il ne tarda pas , grâce à son amour pour la philosophie , à se lier d'amitié avec ce prince. Devenu pour cela même suspect $ Constance , il fut appelé en Illyrie , au grand chagrin du jeune césar, qui nous a laissé dans un discours l'expression de ses regrets. Après la mort de Constance , Julien , devenu empereur, l'emmena en Orient où nous le voyons, en 563 , élevé à la dignité de consul. Il suivit l'empereur dans son expédition contre les Perses , dont il avait vainement essayé de le détourner; et lorsque, après la mort de Julien, les soldats lui offrirent la couronne impériale, il la refusa en s'excusant sur ses infirmités et son âge , et contribua de tout son pouvoir à faire nommer Valentinien. Salluste, pendant la durée de sa puissance,

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