‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 4)Chapitre 88 sur 91 · SAY · texte numérisé non relu

SAY

Pérouse, puis occuper le siège épiscopal de Verceil. Sixte V l'avait nommé cardinal au titre de saint Vital. Il mourut à Rome en 1595. On lui doit diverses éditions d'ouvrages théologiques ou philosophiques, laissés par des docteurs de son ordre, saint Bonaventure, Pierre Auriol, Duns-Scot, Sirectus. De ses ouvrages particuliers, ceux qui regardent la philosophie sont : Directorium in logieam , philosophiam et theologiatn,admentemScoti, in-8°, Venise,1580; — Desecundisintentionibus, ad mentem Scotir ib. , 1619; — /. D. Scott in universam Aristotelis logieam exactissimœ quœstiones , quibus adjectœ sunt dubitationes , cum earum solutionibus , a Const. Sarnano, in-4°, Ursel, 1622; — De con^ cilianda doctrina D. Thomœ et Seoti, Lyon, 1597; — Expositiones quœstionumJ. D. Seoti in universalia Porphyrii, in-8°, Venise, 1576. Il passait pour un très-habile homme , et c'est, en effet , un ingénieux interprète : mais il ne faut lui demander son opinion personnelle sur aucun problème; il ne prétend jamais penser autrement que son maître Duns-Scot. B. H.

SAY (Jean-Baptiste) , célèbre économiste , naquit à Lyon en 1767 , d'une famille de négociants très-honorables , et mourut à Paris le 17 novembre 1832. J.-B. Say fut initié à la politique par Mirabeau , sous la direction duquel il travailla à la rédaction du Courrier de Provence. De là, il devint secrétaire du ministre des Finances Clavière; plus tard , il fonda avec Ginguené , Chamfort , et son frère Horace Say , la fameuse Décade philosophique, littéraire et politique. De 1800 à 1804 il fit partie du tribunat; il en fut exclu par suite de son vote contre l'établissement de l'empire. Enfin, pendant quelque temps, il remplit les fonctions de receveur des droits réunis dans le département de l'Allier. Mais vers cette époque il se décida à quitter tout à fait la politique active pour étudier exclusivement l'économie politique , à laquelle il voua le reste de sa vie, et à laquelle il doit la célébrité qui s'est attachée à son nom.

J.-B. Say avait enseigné l'économie politique à l'Athénée ; il y eut du succès, et fut chargé officiellement du même enseignement, en 1826, au Conservatoire des arts et métiers, et plus tard au collège de France. Il occupa ces deux chaires jusqu'à sa mort.

Le succès de Say, comme professeur et comme écrivain, a été considérable. Il possédait, dans l'exposition de ses idées, le don d'une merveilleuse clarté. Say savait surtout rendre accessibles aux esprits vulgaires les théories économiques en apparence les plus difficiles et les plus compliquées. On ne peut dire qu'il fut créateur dans la science qu'avaient fondée avant lui Quesnay et Adam Smilh ; mais il propagea les idées de ses deux devanciers avec une méthode remarquable ; et le zète qu'il apporta dans cette propagation ne contribua pas médiocrement, avec le retour de la paix , à répandre partout le goût et presque la passion des problèmes économiques.

Il y eut d'ailleurs un point de doctrine où Say porta l'analyse plus loin que personne avant lui. Adam Smith s'était principalement occupé de la science de la production : Say développa surtout celle de la distribution des richesses. Là , il défendit et poussa jusqu'à des limites extrêmes le vieil axiome : Laissez faire, laissez passer . Appuyé sur

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