‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 5)Chapitre 100 sur 156 · PARA · texte numérisé non relu

PARA

recherchent encore l'union des lunes et l'harmonie des intelligences? Dans cette période de l'histoire, l'être moral, la personne hnmaine s'efface pins on moins, non pins comme dans les mœors de l'Orient devant l'être physiqne, mais, si nons pouvons nons exprimer ainsi, devant la personne sociale, devant la caste, la considération on la richesse. Le mariage, devenu ainsi une affaire, une simple convenance ou le moyen de conserver un nom aristocratique, n'a pas pu inspirer le respect dont il est digne. Cependant ï'&me humaine, plus éclairée qu'autrefois snr sa valeur propre, plus réfléchie snr elle-même et plus occupée de ses besoins intérieurs, n'a pas voulu penlre entièrement ses droits. C est ainsi qu'il s'est formé, icôté et en dehors du mariage, des liaisons presque mystiques oii le sentiment seul, oh le dévouement le plus pur et le culte le plus désintéressé étaient aamis : tel est l'amour chevaleresque, qui des mœurs du moyen ftge a

rsé dans la poésie et dans le roman moderne, là le contraste qui existe dans l'opinion, et dont l'esprit satirique a si souvent tiré parti entre la réalite et le roman, entre le mariage et l'amour. Ce qu'il y a de certain, c'est que le mariage tel (pi'il devrait être, ou l'union de deux êtres humains qui se sont choisis l'un l'autre ponr eux-mêmes sans aucun sordide intérêt, et qui confondent véritablement leurs deux vies en une seule, n'est pas encore devenu et ne sera probablement jamais nn fait bien commun. Il y a plus : même cette égalité morale des deux sexes qui est la condition absolne du mariage indissoluble tel qu'il existe parmi nons, est à peine admise en principe, et il s'éconlera du temps avant qu'elle passe dans les mœurs.

Le développement successif que nous présente la société conjugale se répète dans les rapports des parents ou plutôt du père et des enfants, et dans l'éducation de ceux-ci. D'abord les enfants ne sont que la propriété, c'est-à-dire les esclaves de leur père. De là le nom même de la famille {familia. primitivement famulia, de famtUut, esclave); un nom qui exprime parfaitement ce qu'était cette institution dans la vieille société romaine. Le père avait droit de vie et de mort sur ses enfants, comme le mari sur sa femme. Son terrible pouvoir s'étendait à la fois sur son fils, sur la femme en puissance de ce fils, sur les enfonts de ce dernier et sur tons ses

On les conservait, on les élevait, on les instruisait, non pour eux, mais pour la république, non pour en faire des hommes, mais des guerriers et des citoyens. Anssi n'épronvait-on aucnn scrupule à les détruire qnand, dès leur naissance, leurs forces ne répondaient pas à ce qu'on attendait d'eux. Plus tard, sons le règne de la féodalité, les intérêts généraux de l'homme, et ce que nous appellerions volontiers la justice domestique, l'égalité qui doit exister entre les enfants d'un même père, se trouve sacrifiée à l'intérêt de caste. A 1 atne de la famille passaient le nom, les dignités, la fortune du père ; le reste devenait ce qu'il pouvait. Le père disparaissait devant le seigneur, et les enfants devant l'héritier. Nons ne parlons ni des serfs attachés à la glèbe, ni de la population des monastères; car celle-ci vivait en dehors de la famille, et ceux-là en voyaient tous les titres dégradés en eux par la servitude. Seule, la législation moderne, récente conquête de la raison et de la liberté, a réglé avec justice les rapports de la famille, en renfermant dans sa véritable destination l'autorilé paternelle, et en consacrant pour les enfants

ce principe d'égalité qui est, en quelque sorte, sa propre essence.

Mêmes transformations dans la propriété.

L'homme commence par se ravaler lui-même au rang d'une propriété et d'une chose; c'est à peine s'il distingue entre ses enfants ou ses femmes et le patrimoine qu'il doit leur laisser. Plus tard, l'homme et la chose, la propriété et la personne, sans être confondus, se trouvent inséparables : tel est le serf attaché à la glèbe et le seigneur à son fief inaliénable. Enfin l'homme est affranchi et la propriété est mobilisée ; la terre est faite pour l'homme, et non plus l'homme pour la terre.

Ainsi, on le voit, chaque progrès de la famille

sister sans l'autre.

Tous les auteurs qui ont traité du droit naturel et de la morale, ont traité aussi de la famille ; nons ne pouvons donc que renvoyer, pour la bibliographie, aux articles que nous avons consacrés à ces deux sujets.

Un grand nombre d'ouvrages ont été écrits sur la famille an point de vue de la législation^ il n'en existe qu'un très-petit nombre, an contraire, qui aient considéré la famille au point de vue purement moral et philosophique. On peut citer : la Famille, par M. P. Janet ; la Femme, par M. E. Pelletan ; et la publication de H. Portails, l'Homme et la Soéiété (dans les petits traités de VAcad. des ic. mor. et poliligues),

FAPESMO. Terme mnémonique conventionnel par lequel les logiciens désignaient un des modes indirects de la première des trois figures du syllogisme reconnu par Aristote.

Voy. la Logique de Port-Royal, 3* partie, et l'article Syllocishe.

FARABI ou AlfARABI (Abou-Naçr Mohammed ben-Hobammed ben-Tarkhàn), ainsi nommé de sa yille natale Faràb, ou Otrâr. dans la province de Mawaralnahar, est célènre parmi les musulmans comme mathématicien, comme médecin, mais surtout comme philosophe péripatéticien et comme un des commentateurs à la fois les plus profonds et les plus subtils des œuvres d' Aristote. Il se rendit de bonne heure à Bagdad, où, sous le sceptre des Abbassides, florissaient les sciences et les lettres, et y suivit les leçons d'un chrétien, Jean, fils ae Gilàn (selon d'autres Geblàd), mort sous le khalifat d'Almoktader. Plus tard il vécut à la cour de Séif-Eddaula Ali ben-Hamdàn à Alep, et, ayant accompagné ce prince à Damas, il y mourut au mois de rédieb de l'an 339 de l'bésire (décembre 950 de l'ère chrétienne). C'est la tout ce que nous savons de certain sur la vie de Farabi ; nous passons sous silence quelques autres détails rapportés par Léon l'Africain et reproduits par Brucker {Hiit. crit. philoe^ t. III, p. 71-73), mais qui méritent

§eu de foi. Farabi laissa un très-grand nombre 'écrits, dont on trouve la nomenclature dans l'Histoire des médecins d'Ibn-Ali-Océibia et dans le Dietionnaire des philosophes de Djemàl-Eddin Al-Kifti (cf. Casiri, Bibliolh. arabico-hispana eseurialeniis, t. I, p. 190 et 191) ; mais il ne nous reste de lui que quelques traités, soit en arabe, soit dans des versions oébraîques. La plus grandîs partie de ses ouvrages étaient des commentaires sur les écrits d' Aristote, et notamment sur ceux qui composent VOrgnnon. Farabi montrait toujours une grande prédilection pour l'étude de la logique, qu'il chercha à perfectionner et à répandre parmi ses contemporains; on vante surtout ses distinctions subtiles dans les formes variées du syllogisme. Ibn-Sina (Avicenne) avoue

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