‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 5)Chapitre 101 sur 156 · FARA · texte numérisé non relu

FARA

qu'il a pnisi ta, fcience dans les aams de Fa-

rabi; et si celles-ci sont derenaes tris-rares, même parmi les mnsolmaos, comme le dit le bibliographe fladji-Uiaila, il {aot pent-itre en attribaer la cause an fréquent nsage qu'en a Tait Ibn-Sina. Mais ses travani ne sont qu'une amplification des divers traités de l'Organon, et nons ne tronvons pas qn'il ait, sons nn rapport qnelconqoe, modifié les théories d'Aristole, considérées par loi. ainsi qne par la plupart des philosophes arabes, comme la vérité absoloe. Dans la longue liste des onvrages philosophiques qui lai sont attribués, cenx qui attirent le plas notre attention sont :

1* Dne énnmération on reme des sciences {[hçâ al-oloum), qoe les aotenrs arabes présentent comme an onrrage indispensable pour tons ceux qoi se livrent aox étades. Cet écrit se troQve i la bibliothiqne de l'Escnrial, et Casiri (t. I, p. 189) l'a décoré du titre i! Eneyelopàiie, lequel, du moins par le sens qne nons attachons ordinairement à ce mot, a peut-être l'inconvénient d'attribuer i l'écrit de Karabi plus d'importance qu'il n'en a. Si je ne me trompe, l'opaseale de Scientiii ou Compendium omnium gcientiarum, publié en latin sons le nom de karabi, est la traduction abrégée de Vlhrâ aloloum, qui existe aussi en hébreu dans la bibliothèque de De Rossi à Parme (Catal., n* 458, 6, et n» 776, 4*). Une traduction plus complète, et que j'ai lien de croire fidèle, se trouve parmi les manuscrits latins de la Bibliothèque nationale (Suppl. lat., n* 49, fol. 143 verso). Cet opuscule est divisé en cinq chapitres qui portent les inscriptions suivantes : 1* de Scientia lingtue ; 2* de Scientia logtcce ; 3* de Scientia docirinali (c'est-à-dire, des sciences mathématiques, désignées par les Arabes sons le mot riâdhiyyât, que les rabbins ont rendu en hébren parltmmoudiyyôlh)j 4* de Scientia naturali; 5* deScien' tia civilt. L'auteur énumère toutes les sciences comprises dans ces différentes classes, et donne de chacune d'elles une définition précise et une courte notice.

2' De la tendance de la phUotophie de Platon el de celle d^Aristole, ou Analyse oes divers écrits de ces deux philosophes. Cet ouvrage, que nous ne connaissons que par la description d Ibn-Abi- Océibia et d'Al-Kifti^ se composait de trois parties : d'une Introduction^ ou exposé des diverses branches des éludes philosophiques, de leur relation mutuelle et de leur ordre nécessaire ; d'un Exposé de la philosophie de Platon et indication de ses ouvraées; d'une Analyse détaillée de la philosophie d^Aristote et d'un résumé de cbacnn de ses ouvrages avec l'indication précise de son but. Les Arabes disent que c'est dans cet ouvrage seul qu'on peut puiser une intelligence partute des Catégories d Aristote.

3' Un ouvrage d'Ethique intitulé .4 J-sira olfâdMla (la Bonne conduite), et 4° une Politique, intitulée i4^siâ«a al-mediniyya (le Régime politique). • Dans ces deux ouvrages, disent les deux auteurs qne nous venons de citer, Farabi a fait connaître les idées générales les plus importantes de la métaphysique, selon l'école d'Aristote, en exposant les six principes immatériels, ainsi aue l'ordre dans lequel les substances corporelles en dérivent^ et la manière d'arriver & la science. Il v a fait connaître aussi les différents éléments ae la nature humaine et les facultés de l'&me. et il a indiqué la différence qui existe entre la révélation et la philosophie} enfin il a fait la description des sociétés bien ou mal organisées, et il a démontré que la cité a besoin en mémo temps d'un régime politique et de lois religieuses. . Nous savons par Ibn-Abi-

Océibia que le livre intifiilé le Rrgime politique porte aussi le titre de Mabàdi al^mavuijoudât lies Principes de tout ce qui existe) : c'»t, par conséquent, le même ouvrage dont Haimoiude recommande la lecture à Rabbi Samnel Tba- Tibbon. en s'exprimant en ces termes : « Ed général, je te recommande de ne lire sur la logique d'autres ouvrages que ceux du savant Abov- Naçr Alfarabi ; car tout ce qu'il a composé, et particulièrement son ouvrage sur le* Principe* det chotet, est de pure fleur de farine. > [Lettrtt de itaimonide, édiL d'Amsterdam, in-8, fol. 14, verso). Cet ouvrage, traduit en hébreu par Mcûie. fils de Samuel Ibn-Tibbon, existe i la Bibliothèque nationale, dans trois manuscrits, sous le titre de Hath'halûth hannimfoôth (voy. Mannscr. hébr., ancien fonds, n* 3(è; Supplément, n* la; fonds de l'Oratoire, n* 35) ; son contenu ^luecorde parfaitement avec la courte analyse que nous venoits de donner d'uirès les auteurs aralies. Les six principes des choses sont : 1* le principe divin, ou la cause première qui est nnique: 2* les causes secondaires ou les sphères céleste '; 3* l'intellect actif; 4* l'àme; à- la forme; 6- la matière abstraite (vXr,). Après ^'il a parlé de tout ce qui dérive de ces principes et qu'il est arrivé à l'homme, il examine l'oroainisation ^ la société, et entre dans de longs détails sur les diverses sociétés bnmaines et leurs constitatiODs plus ou moins conformes an but de notre existence humaine et an bien suprême. Ce bien, selon lui, ne saurait être atteint qne par ceux qui ont une organisation intellectuelle parfaite, et qiii sont parfaitement aptes i recevoir l'action de l'intellect actif; l'homme arrive au degré de prophète, lorsqu'il ne reste plus ancnne sépantion, aucun voile entre lui et l'intellect actif. C'est là la seule révélation admise par Farabi ; il rejetait les hypothèses deamolecauemin (voy. Haimonide, ilfore' Kebouchîm, 1" partie, à la fii du chapitre Lxxrv). Tofall, philosophe de la secte des ischrâkiyyim (voy. ce Recueil, article i4rabes), ne fait pas grand cas des travaux métaphysiques de Farabi : « La plupart des ouvrages d'Abou-Naçr, dit-il, traitent de la logique ; ceux qui nous sont parvenus de lui sur la philosophie proprement dite sont pleins de doutes et de contradictions. » Tofaîl fait observer notamment les doutes qu'avait Farabi sur l'immortalité de l'àme ; car, tandis que dans l'un de ses ouvrages de morale il reconnaît que les Imes des méchants, après la mort, restent dans des tourments éternels, il fait entendre, dans sa Politique, qu'elles retournent au néant, et que les &mes parfaites sont seules immortelles ; enfin, dans son commentaire sur l'Éthique d'Aristote, il va même jusqu'à dire que le suprême bien de l'homme est dans ce monde, et que tout ce qu'on prétend être hors de là n'est que folie ; ce sont des contes de vieilUs femmes (voy. Philotophvs autodidactus, sive Epistola de Hat Ebn-Yokdhan, p. 16). Ibn-Roschd ou Averroès, dans son traité sur ^'intellect matériel ou pcûnf, et sa conjonction avec Pintellect actif (voy. Ibx- Roschd), cite également ce passage de Farabi, où il est dit aussi que la vraie perfection de l'homme n'est autre qne celle qu'il peut atteindre par les sciences spéculatives. Il est certain ^ue Farabi niait positivement la permanence individuelle de l'àme ; seloii lui, ce que l'ime humaine accueille et comprend par l'action de l'intellect actif, ce sont les formes générales des êtres, formes qui naissent et périssent, et elle ne saurait être apte en même temps à recevoir les intelligences abstraites et pures; car l'Ame serait alors la faculté (jûvaiut) de deux ehoses opposées. C'est ainsi qn'lbn-Roschd explique l'origine

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